Le renoncement (zouhd) et l'attendrissement des cœurs
Livre 55 de Sahih Mouslim (« The Book of Zuhd and Softening of Hearts » dans l'édition de référence). 21 fiches publiées sur le site.
La prison du croyant et le paradis du mécréant
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « La vie d'ici-bas est la prison du croyant et le paradis du mécréant ». (*)
Le fils de Adam dit : Mon argent ! Mon argent !
D'après 'Abdallah Ibn Chikhir (qu'Allah l'agrée) : Je suis allé voir le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) qui récitait -La course aux richesses vous préoccupe- (*). Il a dit: « Le fils de Adam dit : Mon argent ! Mon argent ! Mais qu'as tu de ton argent ô fils de Adam ? Tu n'as que ce que tu as mangé et qui a ensuite péri, que ce tu as porté comme habit qui s'est ensuite usé ou ce que tu as donné en aumône que tu as fait perdurer ».
Mon argent, mon argent !
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le serviteur dit: Mon argent, mon argent ! Pourtant il n'a de son argent que trois choses: ce qu'il a mangé et a péri, ce avec quoi il s'est habillé et s'est usé et ce qu'il a donné qui va durer. Ce qui est autre que cela va partir, il le laissera pour les gens (*) ».
Trois choses suivent le mort
D'après Anas Ibn Malik (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y a trois choses qui suivent le mort, deux reviennent et une seule reste: sa famille, son argent et ses actes le suivent et sa famille et son argent reviennent tandis que ses actes restent ».
Ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous
D'après Al Miswar Ibn Makhrama (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Je jure par Allah que ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous ! Je crains plutôt pour vous que la vie d'ici-bas ne soit étendue pour vous comme elle l'a été pour ceux qui sont venus avant vous, que vous vous concurrenciez la concernant comme ils se sont concurrencés et qu'alors elle vous fasse périr comme elle les a fait périr ».
Ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous
D'après 'Amr Ibn Awf Al Mouzani (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Je jure par Allah que ce n'est pas la pauvreté que je crains pour vous. Certes ce que je crains pour vous est plutôt que la vie d'ici-bas vous soit étendue (*) comme elle a été étendue à ceux qui sont venus avant vous et qu'alors vous vous concurrenciez la concernant comme ils se sont concurrencés et qu'elle vous fasse donc tomber dans la perdition comme elle les a fait tomber dans la perdition ».
Le fait de ne pas regardez les gens qui sont au dessus de nous
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Regardez ceux qui sont au dessous de vous et ne regardez pas ceux qui sont au dessus de vous ceci afin que vous ne minimisiez pas les bienfaits d'Allah sur vous ».
Allah a certes été satisfait de toi et Il a été en colère contre tes deux compagnons
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y avait trois personnes parmi les Bani Israil: un lépreux, un chauve et un aveugle qu'Allah a voulu éprouver. Ainsi, Il leur a envoyé un ange qui s'est rendu vers le lépreux et lui a dit: Quelle est la chose que tu aimerais le plus? Il a dit: Une belle couleur, une belle peau car certes les gens se sont éloignés de moi. Alors l'ange essuya sa peau et son mal disparut et il lui a donné une belle couleur et une belle peau. Il lui a dit: Quel est le bien que tu aimes le plus? L'homme a dit: Les chameaux. Alors l'ange lui a donné une chamelle prête à mettre bas et a dit: Il te sera donné une bénédiction dans celle-ci. Ensuite, l'ange s'est rendu vers le chauve et il lui a dit: Quelle est la chose que tu aimerais le plus? Il a dit: De beaux cheveux et que ma calvitie s'en aille car certes les gens se sont éloignés de moi. Alors l'ange essuya sa tête et lui a donné de beaux cheveux. Il lui a dit: Quel est le bien que tu aimes le plus? L'homme a dit: Les bovins. Alors l'ange lui a donné une vache qui attendait un petit et a dit: Il te sera donné une bénédiction dans celle-ci. Ensuite, l'ange s'est rendu vers l'aveugle et il lui a dit: Quelle est la chose que tu aimerais le plus? Il a dit: Qu'Allah me rende la vue afin que je puisse voir les gens. Alors l'ange essuya ses yeux et Allah lui rendit la vue. Il lui a dit: Quel est le bien que tu aimes le plus? L'homme a dit: Les ovins. Alors l'ange lui a donné une brebis qui allait mettre bas. Les animaux ont donc mis bas et il y a eu pour celui-là une vallée entière de chameaux, pour celui-là une vallée entière de bovins et pour celui-là une vallée entière d'ovins. Puis l'ange se rendit vers le lépreux sous l'image et l'apparence qui étaient les siennes auparavant et il dit: Je suis un homme pauvre, ma subsistance m'a abandonné au cours de mon voyage. Ainsi, aujourd'hui je n'ai pas d'autre recours qu'Allah puis toi. Je te demande par Celui qui t'a donné une belle couleur, une belle peau et des biens que tu me donnes un chameau avec lequel je pourrais terminer mon voyage! Il a dit: Certes mes charges sont nombreuses. L'ange lui dit: C'est comme si je te reconnaissais! N'es-tu pas le lépreux duquel les gens s'éloignaient? Tu étais pauvre et Allah t'a donné? Il a dit: J'ai certes hérité cela de père en fils. L'ange a dit: Si tu as menti alors qu'Allah te rende comme tu étais auparavant! Puis l'ange se rendit vers le chauve sous l'image et l'apparence qui étaient les siennes auparavant et il lui a dit la même chose qu'il a dit au précédent. Celui-là lui répondit de la même manière qu’avait répondu le précédent. Alors il a dit: Si tu as menti alors qu'Allah te rende comme tu étais auparavant! Alors l'ange se rendit vers l'aveugle sous l'apparence qui était la sienne auparavant. Il lui a dit: Je suis un homme pauvre, ma subsistance m'a abandonné au cours de mon voyage, ainsi aujourd'hui je n'ai pas d'autre recours qu'Allah puis toi. Je te demande par Celui qui t'a rendu la vue que tu me donnes une brebis avec lequel je pourrais terminer mon voyage! L'homme a dit: J'étais certes aveugle et Allah m'a rendu la vue et j'étais certes pauvre et Allah m'a enrichi. Ainsi, prends ce que tu veux ! Je jure par Allah que je ne m'opposerai pas à toi pour une chose que tu as prise pour Allah! L'ange a dit: Garde tes biens ! Vous avez simplement été éprouvés et Allah a certes été satisfait de toi et Il a été en colère contre tes deux compagnons ».
Le serviteur taqi, ghani et khafi
D'après Sa'd Ibn Abi Waqas (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Certes Allah aime le serviteur taqi (1), ghani (2) et khafi ». (3)
'Otba Ibn Ghazwan nous a fait un sermon...
D'après Khalid Ibn 'Oumeyr Al 'Adawi : 'Otba Ibn Ghazwan (qu'Allah l'agrée) nous a fait un sermon dans lequel il a loué Allah et fait Ses éloges puis il a dit : « Certes la vie d'ici-bas est sur le point de prendre fin et part rapidement. Ce qu'il reste de la vie d'ici-bas n'est que comme ce qu'il reste comme liquide au fond d'un récipient quand il a été bu. Vous allez certes quitter cette vie d'ici-bas pour une demeure éternelle et ainsi vous devez quitter cette vie en ayant avec vous le maximum d'actes de piété. En effet, il nous a certes été mentionné (1) qu'une pierre qui serait jettée du bord de la géhenne tomberait pendant soixante-dix ans sans en atteindre le fond. Et, par Allah, la géhenne va certes être remplie ! Cela vous étonne t-il ? (2) Il nous a également été mentionné que certes il y a entre les deux montants d'une porte parmi les portes du paradis une distance qu'il faudrait quarante année pour parcourir. Il va certes venir un jour où tout cet espace entre les montants des portes du paradis sera tellement rempli que les gens vont s'y bousculer. Il y a certes eu une époque où j'étais l'une des sept personnes qui étaient avec le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui). La seule nourriture que nous avions était des feuilles d'arbres au point où notre peau se craquait sur les deux côtés de notre bouche. J'ai trouvé une tunique que j'ai coupée en deux et partagée entre moi et Sa'd Ibn Malik (qu'Allah l'agrée). Chacun de nous a utilisé sa partie comme izar. (3) Mais maintenant, il n'y a aucun d'entre-nous (4) qui n'est pas devenu l'émir d'une contrée parmi les contrées (5) et certes je demande protection à Allah contre le fait de me voir comme une personne de haut rang mais d'être auprès d'Allah une personne qui n'a pas de valeur ».
« Est-ce que nous allons voir notre Seigneur le jour de la résurrection ? »
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée) : Ils ont dit (1) : Ô Messager d'Allah ! Est-ce que nous allons voir notre Seigneur le jour de la résurrection ? Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Est-ce que vous vous gênez les uns les autres pour voir le soleil en milieu de journée quand il n'y a pas de nuages ? ». Ils ont dit : Non. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Est-ce que vous vous gênez les uns les autres pour voir la pleine lune quand il n'y a pas de nuages ? ». Ils ont dit : Non. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Je jure par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Vous ne vous gênerez pas les uns les autres pour voir votre Seigneur comme vous ne vous gênez pas les uns les autres pour les voir (2) ».
Celui qui secourt les pauvres
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui s'occupe de la veuve et du pauvre est comme le combattant dans le sentier d'Allah ».
« Je suis Celui qui Se passe le plus qu'on Lui donne des associés »
Aboû Hourayrah (qu'Allah l'agrée) relate que Messager d'Allah (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) a dit : "Allah, Béni et Exalté soit-Il, a dit : "Je suis Celui qui Se passe le plus qu'on Lui donne des associés ! Quiconque accomplit une action dans laquelle il M’associe qui ou quoi que ce soit, Je l’abandonne lui et son son association !"
Toute ma communauté est pardonnée sauf ceux qui font de la moujahara
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Toute ma communauté est pardonnée sauf les moujahirins. Et certes fait partie de la moujahara (*) qu'un homme fasse quelque chose la nuit, puis au matin, alors que Allah l'a caché, il dit: Ô untel hier j'ai fait telle et telle chose. Certes il a passé la nuit en étant caché par son Seigneur et le matin il découvre ce que son Seigneur a caché ».
Lorsque l'un de vous éternue et loue Allah
D'après Abou Moussa Al Ach'ari (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Lorsque l'un de vous éternue et loue Allah (1) alors faites-lui le techmit (2) mais s'il ne loue pas Allah alors ne lui faites pas le techmit ».
Lorsque l'un d'entre vous baille qu'il mette sa main sur sa bouche
D'après Abou Sa'id Al Khoudri (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Lorsque l'un d'entre vous baille, qu'il mette sa main sur sa bouche car certes le Chaytan rentre ».
Le croyant ne se fait pas piquer deux fois par le même trou
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le croyant ne se fait pas piquer (1) deux fois par le même trou (2) ». (3)
Le fait de garder une certaine réserve lorsque l'on fait les éloges de quelqu'un
D'après Abou Bakra (qu'Allah l'agrée) : Un homme a fait les éloges d'un autre auprès du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) alors il a dit: « Malheur à toi! Tu as coupé le cou de ton compagnon, tu as coupé le cou de ton compagnon » il a répété cela plusieurs fois. Puis il a dit: « Celui d'entre vous qui fait les éloges de son frère, qu'il dise: -Je pense qu'untel est comme cela, c'est Allah qui est son juge et je ne fait les éloges de personne auprès d'Allah. Je pense qu'il est comme cela et comme cela- s'il sait cela de son frère ».
Ceux qui font des éloges...
D'après Abou Ma'mar: Un homme s'est levé et a fait des éloges à un émir parmi les émirs. Alors Al Miqdad (qu'Allah l'agrée) lui a lancé de la poussière dessus et a dit: Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) nous a ordonné de lancer de la poussière sur les visages de ceux qui font des éloges.
Le respect envers les gens âgés
D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « J'ai vu en rêve que j'utilisais un siwak (1) et deux hommes m'ont attrapé. L'un d'eux était plus âgé que l'autre. J'ai alors passé le siwak au plus jeune mais on m'a dit : -Au plus âgé-. Alors je l'ai passé au plus âgé (2) ».
Untel me devait de l'argent. Je suis donc allé vers sa famille...
D'après 'Oubada Ibn Al Walid : Je suis sorti avec mon père pour rechercher la science vers ce quartier des ansars (1) avant qu'ils ne meurent. La première personne que nous avons rencontré était Abou Al Yasar (qu'Allah l'agrée), le compagnon du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui). Il avait avec lui un de ses enfants et un tas de papier. Mon père lui a dit : Ô mon oncle ! Je vois sur ton visage des signes d'énervement. Il a dit : Oui. Untel le fils d'untel me devait de l'argent. Je suis donc allé vers sa famille, je leur ai passé le salam et j'ai dit : Est-ce qu'il est là ? Ils ont dit : Non. Un de ses enfants à l'âge de l'adolescence est sorti vers moi et je lui ai dit : Où est ton père ? Il a dit : Il a entendu ta voix et est alors rentré dans la couche à ma mère. J'ai dit : Viens ici, je sais certes où tu es ! Il est sorti et j'ai dit : Qu'est-ce qui t'a poussé à te cacher de moi ? Il a dit : Par Allah ! Je vais te parler sans te mentir. Par Allah ! J'ai eu peur de te parler et de te mentir, de te promettre et de ne pas tenir ma promesse alors que tu es un compagnon du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et, par Allah, je n'ai pas les moyens de rembourser. J'ai dit : Tu jures par Allah ? Il a dit : Je jure par Allah. J'ai dit : Tu jures par Allah ? Il a dit : Je jure par Allah. J'ai dit : Tu jures par Allah ? Il a dit : Je jure par Allah. 'Oubada Ibn Al Walid a dit : Abou Al Yasar a alors apporté sa feuille (2), il l'a effacé avec sa main et a dit : Si tu trouves de quoi rembourser alors paye moi sinon je te pardonne. Il a dit : Mes yeux ont vu ; et il a mis les doigts sur ses yeux ; mes oreilles ont entendu, mon coeur a retenu ; et il a fait signe vers son coeur ; que le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Celui qui accorde un délai à une personne dans la gêne ou lui efface sa dette, Allah le couvre dans Son ombre ».