Les batailles et expéditions du Prophète ﷺ — page 9
Hadiths qui rapportent les batailles et les expéditions du Prophète ﷺ et de ses compagnons.
260 hadiths dans ce thème.
- La bataille de Badr
- La bataille d'Uhud
- La bataille du Khandaq (la Tranchée)
- Al-Hudaybiya
- La bataille de Khaybar
- La bataille de Mu'ta
- La conquête de La Mecque
- La bataille de Hunayn
- L'expédition de Tabûk
Le retour de Hounayn : les bédouins pressent le Prophète ﷺ contre des arbustes épineux
Jubayr ibn Muṭʽim (qu'Allah l'agrée) a dit : « J'étais en compagnie du Prophète (sur lui la paix et le salut) lorsque nous revînmes de la bataille de Ḥunayn. Les bédouins ne cessèrent de le presser et lui demander des biens, jusqu'au point où ils le poussèrent vers des arbustes épineux. Sa cape se prit dans ces arbustes épineux et le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'arrêta. Il dit : " Donnez-moi mon vêtement ! Si je possédais des biens au nombre de toutes ces épines, je les aurais partagés entre vous. Puis, vous ne m'auriez trouvé ni avare, ni menteur ni lâche ! " »
Le sol très dur de la tranchée frappé par le Prophète ﷺ
Jâbir (qu'Allah l'agrée) a dit : « Alors que nous creusions, le jour de la tranchée, un sol très dur se présenta. Ils se rendirent alors auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et lui dirent : « Un sol très dur s'est présenté dans la tranchée ! - Il dit alors : Je vais y descendre ! » Il se leva. Son ventre était enserré par une pierre. Cela faisait trois jours que nous n'avions rien mangé ! Le Prophète (sur lui la paix et le salut) prit alors la pioche, frappa le sol et d'un coup, la terre devint molle comme du sable ! Je lui demandai : « Ô Messager d'Allah ! Permets-moi d'aller chez moi ! » J'ai alors dit à ma femme : « J'ai vu le Prophète (sur lui la paix et le salut) dans un état insoutenable ! As-tu quelque chose à manger ? - J'ai de l'orge et une chevrette ! », Répondit-elle. J'ai alors égorgé la petite chèvre, ma femme a moulu l'orge, et nous mîmes la viande à cuire. Puis, je suis revenu voir le Prophète (sur lui la paix et le salut) alors que la pâte d'orge était déjà levée, et la viande presque à point, dans une marmite, soutenue par trois pierres, sur le feu. J'ai dit : « J'ai un petit repas, viens donc ô Messager d'Allah ! Et invite une ou deux personnes avec toi ! - Quelle quantité est-ce ?, me demanda-t-il. Je lui décrivis alors la quantité. C'est très bon et largement suffisant ! dit-il. Va dire à ta femme de ne pas retirer la marmite ni le pain du feu jusqu'à mon arrivée ! Puis, il a dit : Levez-vous ! » Alors, les Muhâjirûn et les Anṣâr se levèrent. Je revins chez moi et ma femme s'exclama : « Malheur à toi ! Le Prophète (sur lui la paix et le salut) est venu avec les Muhâjirûn, les Anṣâr et ceux qui étaient avec eux ! - Est-ce qu'il t'a interrogé [à propos du repas] ?, demanda-t-elle. - Oui, répondis-je. » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) arriva et dit aux invités : « Entrez sans vous bousculer ! » Il coupa le pain et posa dessus de la viande, puis il couvrit la marmite et le four. Il rapprocha alors ses Compagnons et les servit. Il ne cessa de répéter cela jusqu'à ce qu'ils fussent tous rassasiés, et il en resta encore. [Jâbir a dit] Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a alors dit à ma femme : « Manges-en et offres-en, car les gens ont été touchés par la famine ! » Et dans une [autre] version, Jâbir a dit : « Lorsque le fossé fut creusé, je vis que le Prophète (sur lui la paix et le salut) avait faim. Je me rendis auprès de mon épouse et lui demandai : " As-tu quelque chose chez toi ? J'ai vu que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait très faim. " Elle me sortit un sac contenant un Ṣâ' d'orge. Nous disposions aussi d'une petite bête : une chevrette [qui ne sortait pas encore au pré]. Je l’égorgeai tandis qu'elle moulait le grain. Elle termina en même temps que moi. Je coupai la viande en morceaux que je mis dans la marmite. Puis, je m’en retournai auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Elle dit alors : « Ne me couvre pas de honte en amenant le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et ceux qui sont avec lui ! » Je me rendis alors auprès de lui et lui glissait secrètement : « Ô Messager d'Allah ! Nous avons égorgé une petite bête et mon épouse a moulu un Ṣâ' d'orge que nous avions. Viens donc avec le groupe qui est avec toi ! » Mais, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'écria : « Ô gens de la tranchée ! Jâbir vous a préparé à manger ! Allez-y ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ajouta alors : « N'enlevez pas votre marmite du feu et ne mettez pas votre pâte au four avant que j'arrive ! » Je vins et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arriva devant des gens. Quand j'allai trouver mon épouse, elle me dit : « Tu as fait ceci et cela ! - Je répliquai : J'ai fait ce que tu m'as dit. » Elle montra la pâte au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) qui crachota dedans et y appela la bénédiction. Puis, il se dirigea vers notre marmite, crachota aussi dedans et y mit la bénédiction. Ensuite, il a dit : « Appelle une boulangère pour qu'elle t'aide à faire le pain et puise de votre marmite sans la descendre du feu ! » Ils étaient mille. Je jure par Allah qu'ils mangèrent si bien qu'ils en laissèrent et s'en allèrent. Notre marmite était encore en ébullition comme au début et notre pâte était intacte dans le four ! »
L'expédition d'Abou 'Oubayda : une datte à la fois
Abû ‘Abdillah Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) les envoya en mission en plaçant Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) à leur tête en vue d’intercepter une caravane de Quraysh. Il raconte : « [Pour cette mission] Il nous a fourni un sac de dattes et il n’avait rien trouvé d’autre. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) nous donnait une datte à la fois ! » Abu Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) demanda : « Comment faisiez-vous ? » Jâbir (qu’Allah l’agrée) répondit : « Nous la sucions comme le fait un enfant, puis nous buvions de l’eau par-dessus. Elle nous suffisait toute la journée jusqu’au soir. Nous faisions aussi tomber les feuilles des arbres avec nos bâtons et les humections pour les manger ! » Jâbir (qu’Allah l’agrée) poursuivit : « Nous longeâmes le littoral et voilà que sur la plage apparut une espèce d’énorme dune. Nous y allâmes et c’était une bête qu’on appelle « Al-Ḥût », un cachalot [ou une baleine]. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) déclara : « C’est une bête morte ! » Puis, il se ravisa : « Non ! Nous sommes les envoyés du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et dans la voie d’Allah. Vous êtes dans la nécessité, alors mangez-en ! » Nous demeurâmes un mois à en manger et nous étions trois cents. Nous prîmes même du poids ! Je nous vois encore puiser du gras de la cavité de son œil avec des cruches et en découper des morceaux comme des taureaux - ou aussi gros que des taureaux. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) choisit treize hommes parmi nous et les fit asseoir dans la cavité de son œil, alors il prit une de ses côtes qu’il fit dresser, puis sella la plus grande de nos montures et la fit passer en dessous. Nous fîmes des provisions avec des tranches séchées de sa viande. Lorsque nous arrivâmes à Médine, nous nous rendîmes chez le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et nous lui fîmes part de notre découverte. Il déclara : « C’est une subsistance qu’Allah a fait sortir pour vous. Reste-t-il encore de sa viande afin que vous nous en donniez à manger ? » Nous en envoyâmes alors une part au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui la mangea. »
Le mariage temporaire et la viande des ânes domestiques interdits le jour de Khaybar
D'après 'Ali (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a interdit le mariage temporaire le jour de Khaybar (*) ainsi que de manger la viande des ânes domestiques.
Hounayn et l'arbre aux objets suspendus : suivre la tradition des prédécesseurs
D'après Abû Wâqid Al-Laythî (qu'Allah l'agrée) : « Lorsque le Messager d'Allah ﷺ sortit pour Hunayn, il passa près d'un arbre (un jujubier) appartenant aux polythéistes qu'on appelait : l'arbre aux objets suspendus auquel ils accrochaient leurs armes. Ils [certains Compagnons] ont alors dit : " Ô Messager d'Allah ! Attribue-nous un arbre aux objets suspendus, comme ils en ont un ! " Alors, le Prophète ﷺ a dit : " Gloire à Allah ! Ceci est comme ce que le peuple de Moïse a dit ! : {" Attribue-nous un dieu, comme ils ont des divinités. "} [Les Murailles, 7 : 138]. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Vous suivrez certainement la tradition de ceux qui vos ont précédés. »
La prière de la peur, telle que rapportée par Jâbir
Jâbir ibn Abdillah Al-Anṣârî (qu’Allah l'agrée) relate : « J’ai assisté à la prière de la peur avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut). Nous formâmes deux rangs derrière le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), et l’ennemi se trouvait entre nous et la Qiblah. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) prononça le « Takbîr » [Il dit : « Allâhu Akbar ! » pour entrer en prière] et nous fîmes de même. Puis, il s’inclina et nous aussi. Puis il releva la tête de l’inclinaison et nous tous également. Ensuite il se baissa pour se prosterner, et le rang qui était juste derrière lui fît de même pendant que l’autre rang restait debout face à l’ennemi. Ensuite, lorsqu’il termina la prosternation, ainsi que le rang qui était juste derrière lui, le deuxième rang se baissa à son tour pour se prosterner, puis ils se relevèrent. Après cela, le rang qui était derrière s’avança et celui qui était devant, recula. Ensuite le Prophète (sur lui la paix et le salut) s’inclina, et nous fîmes tous de même. Puis il releva la tête de l’inclinaison et nous tous également. Puis il se baissa pour se prosterner, et le rang juste derrière lui, et qui était au fond lors du premier cycle de prière, fît de même. Le rang qui était au fond resta, lui, debout face à l’ennemi. Puis, lorsqu’ils eurent terminé avec la prosternation, lui et le rang juste derrière lui, le rang du fond se baissa à son tour pour se prosterner. Une fois leurs prosternations terminées, le Prophète (sur lui la paix et le salut) effectua le salut final, et nous fîmes tous de même. Jâbir dit : [Nous avons agi] comme le fait la garde rapprochée de vos gouverneurs. L’Imam Muslim a rapporté ce hadith en entier. Et Al-Bukhârî n'en a cité qu'une partie, [en y ajoutant] : « Jâbir effectua la prière de la peur avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) durant la septième bataille, celle de « Dhât Ar-Riqâ’ ».
L'accueil au retour de Tabouk sur la Colline de l'Adieu
As-Sâ’ib ibn Yazîd (qu’Allah l’agrée, lui et son père) relate : « Lorsque le Prophète (sur lui la paix et le salut) revint de la bataille de Tabûk, les gens vinrent l’accueillir. Ainsi, je vins l’accueillir, avec les enfants, sur " La Colline de l’Adieu ". » Al-Bukhârî l’a rapporté dans les termes suivants : « Nous sommes allés accueillir le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), avec les enfants, sur " La Colline de l’Adieu ". »
Les Anges n’ont cessé de le couvrir de leurs ailes.
Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l’agrée, lui et son père) a dit : « On amena mon père, qui avait été mutilé, devant le Prophète (sur lui la paix et le salut). J’ai tenté de découvrir son visage, mais les miens m’en empêchèrent. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Les Anges n’ont cessé de le couvrir de leurs ailes. »
« As-tu connu un jour plus pénible qu'Ouhoud ? » : le jour d'Al-'Aqaba
Un jour, ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) a demandé au Prophète (sur lui la paix et le salut) : « As-tu connu un jour plus pénible que le jour de Uḥud ? - Il répondit : Oui ! J’ai supporté de la part de ton peuple des choses plus pénibles encore et la plus grande souffrance qu’ils m’ont infligée a été le jour d’Al-‘Aqabah, lorsque je me suis présenté à ibn ‘Abd Yâlîl ibn 'abd Kulâl et qu'il a repoussé mes sollicitations. Je m’en suis retourné le visage marqué par l’inquiétude et l’amertume. Je n’ai repris mes esprits qu’à Qarn Ath-Tha’âlib. En levant la tête, j’ai vu un nuage qui me couvrit de son ombre. J’ai regardé dans le nuage et j’ai vu l’Ange Gabriel qui m’appela en disant : Certes Allah, Exalté soit-Il, a entendu les propos de ton peuple et la réponse qu’il t’a donné. Il t’a envoyé l’Ange des montagnes afin que tu lui ordonnes ce que tu souhaites à leur encontre. A ce moment, l’Ange des montagnes m’appela, me salua puis déclara : Ô Muhammad ! Allah a bien entendu les propos que ton peuple t’a adressés et je suis l’Ange des montagnes. Mon Seigneur m’a envoyé à toi afin que tu me donnes ton ordre. Que désires-tu ? Si tu le souhaites, je peux les écraser entre les deux montagnes qui entourent La Mecque ! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui dit alors : « J’espère plutôt qu’Allah fera sortir d’entre eux une progéniture qui L'adorera, Seul sans rien Lui associer. »
Jabir et l'expédition du Najd : la sieste dans la vallée d'arbres épineux
Jâbir (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a pris part avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à une expédition militaire du côté du Najd. Durant le retour, ils se trouvèrent à l'heure de la sieste dans une vallée couverte d'arbres épineux. Les Compagnons se dispersèrent cherchant l'ombre des arbres. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) campa aussi sous un arbre Samurah, où il accrocha son épée. Nous fîmes un somme et voilà que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) nous appelle ! Nous allâmes le voir ; auprès de lui se trouvait un bédouin assis. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Cet homme vint me trouver pendant que je dormais et s'empara de mon sabre, je me suis réveillé subitement alors qu'il avait le sabre dégainé en main. Il me dit par trois fois : " Qui te protège de moi ? " et je répondis à trois reprises : « Allah ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'en voulut pas à l'homme et s'assit. Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans une autre version, Jâbir (qu'Allah l'agrée) a dit : « Nous étions avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) jusqu'à atteindre « Dhât Ar-Riqâ' ». Quand nous trouvions un arbre ombrageux, nous le laissions pour le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Un homme parmi les polythéistes arriva. Le sabre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était accroché à un arbre. L'homme s'en saisit, le dégaina et dit au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) : « Me crains-tu ? - Non ! Répondit-il. - L'homme reprit : Qui te protège de moi ? - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répliqua : Allah ! » Et dans la version de Abu Bakr al-Ismâ'îly, dans son ouvrage authentique, l'homme dit : « Qui te protège de moi ? - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répliqua : Allah ! » Alors, l'épée tomba de sa main et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) la récupéra puis lui dit : « Qui donc te protège de moi ? - L'homme répliqua : Sois meilleur preneur et indulgent ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) reprit : Veux-tu témoigner qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah ? - L'homme répondit : Non ! Mais je te promets que je ne te combattrai pas et ne collaborerai en aucun cas avec un groupe qui te combattrait ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) le laissa poursuivre son chemin, l’homme alla trouver ses compagnons et leur dit : « Je reviens de chez un homme parmi les meilleurs personnes ! »
Al-'Abbas aux côtés du Messager d'Allah ﷺ le jour de Hounayn
Abû Al-Faḍl Al-ʽAbbâs ibn ʽAbd Al-Muṭṭalib (qu'Allah l'agrée) dit : « J'étais présent avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) le jour de Ḥunayn. Abû Sufyân ibn Al-Ḥârith ibn 'Abd Al-Muṭṭalib et moi tînmes compagnie au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) sans le quitter. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était sur une mule blanche. Lorsque les musulmans et les mécréants se rencontrèrent, les musulmans battirent en retraite. Alors, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se mit à faire courir sa mule vers les mécréants. Je tenais la bride de la mule du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) pour l'empêcher de courir. Quant à Abû Sufyân, il tenait son étrier. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) enjoignit : " Ô 'Abbâs ! Appelle les compagnons du mimosa ! " » Al-‘Abbâs - qui était un homme à la voix retentissante - dit : « J’ai alors crié de toutes mes forces : " Où sont les compagnons du mimosa ? " Par Allah ! En entendant ma voix, ils rebroussèrent chemin comme les vaches qui reviennent vers leurs petits qui la réclament, répondant : " Nous voilà ! Nous voilà ! " Ils combattirent alors les mécréants tandis que les Anṣâr s'interpellaient : " Ô les Anṣâr ! Ô les Anṣâr : " Finalement, on appela la tribu des Banî Al-Ḥârith ibn Al Khazraj : " Ô les Banî Al-Ḥârith ibn Al-Khazraj ! Ô les Banî Al-Ḥârith ibn Al Khazraj ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui était sur sa mule, tendait le cou pour les regarder combattre et, à ce moment-là, il dit : " Maintenant, la bataille fait rage ! " Puis, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) ramassa quelques cailloux et les jeta aux visages des mécréants en disant : " Ils sont vaincus, par le Seigneur de Muḥammad ! " Je me mis à regarder et constatai que, selon toute apparence, la bataille en était toujours au même point. Alors, par Allah, à peine leur avait-il lancé les cailloux que je vis qu'ils commencèrent à faiblir et à battre en retraite. " »
Khalid ibn Al-Walid : neuf sabres brisés à la bataille de Mou'ta
Abû Sulaymân Khâlid ibn Al-Walîd (qu’Allah l'agrée) à dit : « Neuf sabres se sont brisés entre mes mains, à la bataille de Mu’tah, et je n’avais plus pour me battre qu’une épée yéménite ! »
La prière pour les morts d'Ouhoud huit ans après
Uqbah ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) sortit et accomplit la prière mortuaire pour les hommes tués à Uḥud, huit ans après leur mort, comme celui qui fait ses adieux aux vivants et aux morts. Ensuite, il se dirigea vers le minbar et déclara : " Je serai votre devancier et votre témoin, et notre rendez-vous est au Bassin (« Al-Ḥawḍ »). Certes, je le vois de ma place-ci ! Et je ne crains pas pour vous que vous tombiez dans le polythéisme ; je crains plutôt ce bas monde et que vous entriez en concurrence pour lui." » [Uqbah ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée)] dit alors : « Ce fut la dernière fois que je vis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Et dans une [autre] version : " Je crains plutôt ce bas monde, que vous vous concurrenciez pour lui, que vous vous entretuiez et que vous périssiez comme ont péri ceux qui vous ont précédés. " » Uqbah (qu'Allah l'agrée) dit alors : « Ce fut la dernière fois que je vis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) sur le minbar. » Et [encore] dans une [autre] version : " Je serai votre devancier et votre témoin. Par Allah ! Je vois à l'instant même mon Bassin. Et on m'a octroyé les clés des trésors de la Terre ou les clés de la Terre. Par Allah ! Certes, je ne crains pas pour vous que vous tombiez dans le polythéisme après moi ; je crains plutôt que vous n'entriez en concurrence pour ce bas monde." »
Changez cela, et évitez le noir !
Jâbir (qu’Allah l’agrée) relate : « Le jour de la conquête de La Mecque, on amena Abû Quḥâfah - le père d’Abû Bakr aṣ-ṣiddîq (Qu'Allah les agrée tous les deux) - dont la tête et la barbe étaient blanches comme « ath-Thughâmah ». Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Changez cela, et évitez le noir ! »
Badr : « Voici Gabriel, tenant les rênes de son cheval »
ʽAbdullah ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit, le jour de la bataille de Badr : " Voici Jibrîl, une arme de guerre à la main, tenant fermement les rennes de son cheval ! " »
Badr : mille polythéistes face à trois cent dix-neuf Compagnons
ʽAbdullah ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Lorsque ce fut le jour de Badr, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) regarda les polythéistes qui étaient mille et ses Compagnons trois cent dix-neuf. Le Prophète d'Allah (sur lui la paix et le salut) fit face à la Qiblah, tendit les mains et éleva sa voix en invoquant son Seigneur : " Ô Allah ! Réalise ce que Tu m'as promis ! Ô Allah ! Donne-moi ce que Tu m'as promis ! Ô Allah ! Si ce groupe de gens de l'Islam périt, alors Tu ne seras plus adoré sur Terre ! " Il ne cessa d'implorer son Seigneur en tendant les mains, face à la Qiblah, si bien que sa tunique tomba de ses épaules. Abû Bakr vint le trouver, ramassa sa tunique, la remit sur ses épaules, puis l'enlaça en se tenant derrière lui. Il dit alors : " Ô Prophète d'Allah ! Tu as suffisamment adjuré ton Seigneur ! Il réalisera certainement ce qu'Il t'a promis. " Allah, Exalté soit-Il, révéla alors : {( Et [rappelez-vous] le moment où vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu'Il vous exauça aussitôt : " Je vais vous aider d'un millier d'Anges déferlant les uns à la suite des autres. )} [Coran : 8/9]. Allah lui envoya donc des Anges en renfort. » Abû Zumayl a dit : « Ibn 'Abbâs m’a rapporté : " Ce jour-là, tandis qu'un homme parmi les musulmans poursuivait un polythéiste devant lui, il entendit le coup d'un fouet au-dessus de lui et la voix d'un cavalier disant : 'En avant Ḥayzûm !' Le musulman regarda le polythéiste devant lui qui tomba à terre. Il le regarda et vit qu'il avait le nez coupé et le visage balafré comme sous l'effet d'un coup de fouet. Le tout devint vert. L'homme des Anṣâr vint rapporter cet événement au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) qui déclara : " Tu dis vrai ! C'est l'aide qui nous vient du troisième ciel. " Ce jour-là, ils tuèrent soixante-dix ennemis et en capturèrent soixante-dix. » Abû Zumayl a dit : « Ibn 'Abbâs a dit : " Quand ils firent des prisonniers, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) consulta Abû Bakr et 'Umar : ' Quel est votre avis au sujet de ces prisonniers ? - Abû Bakr répondit : Ô Prophète d'Allah ! Ce sont des cousins et des proches parents. Je pense que tu devrais leur demander une rançon. Ce sera alors une force pour nous contre les mécréants. Et il se peut qu'Allah les guide vers l'Islam. - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) demanda : Qu'en penses-tu, Ibn Al-Khaṭṭâb ? - ['Umar relate :] J’ai dit : Non, Par Allah ! Ô Messager d'Allah ! Je ne partage pas l'avis d'Abû Bakr. Je pense plutôt que tu devrais nous autoriser à leur trancher la tête. Permets à 'Alî d'exécuter 'Aqîl et moi Untel ! - un parent par alliance de 'Umar -. En effet, ceux-là sont les chefs et les princes de la mécréance.' Mais, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) préféra l'avis d'Abû Bakr au mien. Le lendemain, je vins trouver le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et Abû Bakr assis en pleurs. J’ai alors dit : " Ô Messager d'Allah ! Informe-moi de la raison pour laquelle tu pleures avec ton Compagnon ! Si j'y trouve une raison, je pleurerai ; sinon, je m'efforcerai de pleurer à cause de vos pleurs. - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répondit : Je pleure parce que tes Compagnons m'ont conseillé de demander une rançon aux prisonniers [en contre partie de leur liberté]. Or, on m'a montré leur châtiment plus proche que cet arbre ! " Il s'agissait d'un arbre à proximité du Prophète d'Allah (sur lui la paix et le salut). Allah révéla alors : {( Un Prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d'avoir prévalu [et mis les mécréants hors de combat] sur la Terre. Vous voulez les biens d'ici-bas tandis qu'Allah veut l'au-delà. Et Allah est Puissant et Sage. N'eût-été une prescription préalable d'Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris [de la rançon]. Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu'il est licite et pur. Et craignez Allah ! En effet, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. )} [Coran : 8/ 67-69]. Allah leur autorisa alors les butins. »
Le retour de la tranchée : Gabriel n'a pas déposé les armes
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Lorsque le Prophète (sur lui la paix et le salut) revint de la tranchée, il déposa les armes et se lava. Jibrîl (sur lui la paix) se présenta à lui et dit : " Tu as déposé les armes ? Par Allah ! Nous ne les avons toujours pas déposées ! Sors à leur rencontre ! - Où donc ?demanda le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). - Jibrîl répondit : Par là-bas ! " Il indiquait la direction [de la tribu] des Banî Qurayẓah. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) se dirigea donc vers eux. »
La poussière soulevée par l'escorte de Gabriel chez les Banou Ghanm
Anas (qu'Allah l'agrée) a dit : « C'est comme si je voyais encore la poussière brillante dans les rues [de la tribu] des Banî Ghanm soulevée par l'escorte de Jibrîl (sur lui la paix) lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se dirigea vers les Banî Qurayẓah. »
Abou Bakr confie à Zayd ibn Thabit le rassemblement du Coran
Zayd ibn Thâbit Al-Anṣârî (qu'Allah l'agrée), qui était l'un des scribes de la Révélation, a dit : « Durant les évènements qui virent la mort de plusieurs des gens d'Al-Yamâmah, Abû Bakr envoya quelqu'un me chercher, alors que 'Umar était auprès de lui, il a dit : " 'Umar m'est venu et a dit : 'Le jour d’Al-Yamâmah, plusieurs lecteurs [du Coran] ont péri et je crains que la mort ne fauche largement [les autres] lecteurs du Coran dans d'autres combats et qu'une grande partie du Coran ne se perde. J'estime que tu dois donner l'ordre pour commencer à compiler le Coran !' Abû Bakr a alors dit à 'Umar : 'Comment pourrais-je faire une chose que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'a pas fait de son vivant ? - 'Umar répondit : Par Allah ! Ce serait une bonne chose [à faire] !' Il insista auprès de moi jusqu'à ce qu'Allah ouvre ma poitrine [à cette idée] et que je finisse par être convaincu de l'avis de 'Umar. " Zayd ibn Thâbit Al-Anṣârî (qu'Allah l'agrée) a dit : " À cet instant, 'Umar était assis auprès d'Abû Bakr, ne disant aucun mot quand ce dernier me dit : 'Certes, tu es un jeune homme, raisonnable et nous ne t'accusons de rien que ce soit ! C'est toi qui transcrivais la Révélation pour le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ; rassembles-en les diverses parties et fais-en une compilation !' " - Par Allah ! S'il m'avait demandé de déplacer une montagne cela aurait été moins grave que de m'ordonner de réunir le Coran. Alors, je leur ai dit : " Comment oseriez-vous entreprendre une chose que le Prophète (sur lui la paix et le salut) n'a pas faite ? " Abû Bakr répliqua : " Je le jure par Allah, c’est un bien ! " Je n'ai cessé d’examiner l'affaire jusqu'à ce qu'Allah ouvre ma poitrine [à ce pour quoi] Il l'avait fait pour Abû Bakr et 'Umar. Je me mis alors à rassembler les diverses parties du Coran en me basant sur ce qui avait été mis par écrit sur des morceaux de cuir, des omoplates, des feuilles de palmiers, et en me référant aussi à la mémoire des hommes. C'est ainsi que je trouvai deux versets de la sourate : le Repentir (At-Tawbah) chez Khuzaymah Al-Anṣârî que je n'ai trouvé nulle part ailleurs et chez aucune autre personne. Il s'agit des deux derniers versets : {( Certes, un Messager, pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, plein de sollicitude pour vous, compatissant et miséricordieux envers les croyants. Alors, s'ils se détournent, dis : « Allah me suffit. Il n'y a de divinité [digne d'adoration] que Lui. En Lui je place ma confiance et Il est le Seigneur du Trône immense. » )} [Coran : 9/128 -129]. Les Feuillets sur lesquels on avait rassemblé les diverses parties du Coran restèrent chez Abû Bakr jusqu'à sa mort. Ensuite, ils furent déposés chez 'Umar et, à la mort de ce dernier, chez Ḥafṣah, la fille de 'Umar. " »
Abou Hourayra et la délégation venue chez Mou'awiya pendant le Ramadan
[‘Abdullah ibn Rabâḥ rapporte que] Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate : « Une délégation de personnes est venue à Mu’âwiyah, pendant Ramadan, et certains d’entre nous préparaient à manger pour d’autres. Abû Hurayrah faisant partie de ceux qui nous invitait le plus chez lui, je me suis dit : " Pourquoi ne préparerai-je pas à manger et ne les inviterai-je pas chez moi ? " J’ai alors ordonné qu’on prépare à manger, ensuite j’ai rencontré Abû Hurayrah en soirée et je lui ai dit : " Cette nuit, l’invitation est chez moi ! - Alors, il a dit : Tu m’as devancé ! - Je lui ai dit : Oui, c’est leur invitation. " Alors, Abû Hurayrah a dit : " Ne vous enseignerais-je pas un récit parmi l'un de vos récits ô groupe des Anṣâr ? " Il évoqua alors la conquête de La Mecque et a dit : " Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) s’est dirigé vers La Mecque jusqu’à y parvenir. Alors, il a envoyé (et nommé) Az-Zubayr [ibn Al-‘Awwâm] à l'un des deux flancs de l’armée, Khâlid [ibn Al-Walîd] à l’autre flanc et Abû ‘Ubaydah à ceux qui n’avaient pas de côtes de mailles (qu'Allah les agrée tous) et ces derniers prirent alors position au creux de la vallée tandis que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) était dans un bataillon. " Il a dit : " Il a regardé et alors il m’a vu ! " Abû Hurayrah dit alors : " Me voilà, ô Messager d’Allah ! - Alors, il a dit : Ne vienne à moi qu’un Anṣâr ! ” Et dans une version, il a dit : "Appelle-moi les Anṣâr ! " Il a dit : " Je les ai alors appelés. " Quraysh s’est alors regroupé avec ses troupes et ses partisans et, [plaçant ceux armés pour le combat en avant], ils ont dit : " Nous avançons ceux-là ! S’ils obtiennent quelque chose, nous serons avec eux et s’il leur arrive quelque chose, nous donnerons ce que qu'il nous aura demandé ! " Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : " Vous voyez les troupes de Quraysh et leurs partisans… " Ensuite, en joignant ses deux mains l’une dans l’autre, il a dit : " Balayez-les jusqu’à ce que vous les rencontriez à Aṣ-Ṣafâ ! " [Abû Hurayrah] poursuivit : " Nous partîmes alors et quiconque parmi nous souhaitait tuer quelqu’un pouvait le tuer. Et personne parmi eux n’osa se diriger vers nous. C’est alors qu’Abû Sufyân est venu et a dit : " Ô Messager d’Allah ! L’honorable Quraysh a été décimée… Quraysh n’existera plus après ce jour ! " Alors, il [le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut)] dit : " Quiconque entre dans la demeure d’Abû Sufyân sera en sécurité ! " Les Anṣâr se sont alors dit les uns aux autres : " Et qu’en est-il de l’homme qui a été touché par désir envers sa cité et par compassion envers son clan familial ? " Abû Hurayrah a dit : " La Révélation est alors venue, et lorsque venait la Révélation nous ne l’ignorions pas. En effet, lorsqu’elle venait, personne parmi nous ne levait son regard en direction du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) jusqu’à ce qu’elle cesse. Et lorsque celle-ci a cessé, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a alors dit : ' Ô groupe des Anṣâr ! - Ils répondirent : Nous voici, ô Messager d’Allah ! - Il a dit : Vous avez dit : Et qu’en est-il de l’homme qui a été touché par désir envers sa cité et par compassion envers son clan familial ? - Ils répondirent : En effet, c’est cela ! - Il a dit : Certes, je suis le serviteur d’Allah et Son Messager et j’ai émigré vers Allah, puis vers vous. Vivre [pour moi], c'est vivre à vos côtés et mourir [pour moi] c'est mourir à vos côtés ! - Alors, ils se tournèrent vers lui et pleurèrent puis ils dirent : Par Allah ! Nous n'avons dit ce que nous avons dit qu'à cause de notre attachement à Allah et à Son Messager ! - Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : Certes, Allah et Son Messager vous croient véridiques et vous excusent ! ' Les gens se dirigèrent alors vers la demeure d’Abû Sufyân tandis que les autres fermèrent leurs portes." Il [ Abû Hurayrah] a dit : " Quant au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) il se dirigea jusqu’à parvenir à la Pierre [Noire], il la salua en la touchant et ensuite il fit le tour de la Maison [Sacrée]. Puis, il se rendit auprès de la statue qui était à côté de la Maison [Sacrée] et que les Qurayshites adoraient. " Il précisa que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) avait dans la main un arc qu’il tenait par son extrémité. Lorsqu’il parvint à la statue, il la frappa à son œil et récita : {( La Vérité est venue et le Faux a disparu. )} [Coran : 17/81]. Enfin, lorsqu’il acheva sa circumambulation [autour de la Ka’bah], il se rendit à Aṣ-Ṣafâ, grimpa dessus jusqu’à voir la Maison [Sacrée]. Là, il leva ses deux mains, commença à louer Allah et à L'invoquer pour ce qu'il souhaitait.
Sa'd blessé le jour du Fossé : la tente dans la mosquée
ʽÂ'ishah ( qu'Allah l'agrée ) relate : « Saʽd fut touché le jour du fossé. C'est un homme de Quraysh qu'on appelle Ḥibbân ibn Al-ʽAriqah qui lui tira dessus, il lui tira une flèche dans la veine médiane. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui dressa une tente dans la mosquée afin de pouvoir lui rendre visite d'un endroit proche. Quand il revint de la bataille du fossé, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) posa les armes et se lava. C'est alors que Jibrîl [l'Ange Gabriel] vint à sa rencontre, se frottant la tête pour en ôter la poussière et dit : "As-tu donc posé les armes ? Par Allah ! Moi, je ne les ai pas posées. Sors donc jusqu'à eux !" Le Prophète (sur lui la paix et le salut) demanda : "Où donc ?" Il indiqua alors la direction de Banî Qurayẓah. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se rendit jusqu'à eux et ils se soumirent à son décret. Il renvoya la décision à Saʽd, qui dit : "Je décrète à leur sujet que les combattants soient tués, que les femmes et les enfants soient pris en esclaves et que leurs biens soient distribués !" » Hishâm dit : « Mon père relate que ʽÂ'ishâh l'informa que Saʽd dit : "Ô, Allah ! Tu sais qu'il n'est personne que je n'aimerais combattre pour Ta cause plus que des gens qui ont démenti et expulsé Ton Messager ( sur lui la paix et le salut) ! Ô, Allah ! Je pense que Tu as mis fin à la guerre entre nous et eux, mais s'il reste encore quelconque bataille entre nous et Quraysh, alors garde-moi en vie pour celle-ci, afin que je combatte pour Ta cause ! Et si Tu as mis fin à la guerre, alors laisse-la éclater et fais-en la cause de ma mort !" Elle éclata alors au niveau de sa gorge. Les Banî Ghifâr avaient une tente dans la mosquée et le sang coula jusqu'à eux. Ils dirent : "Ô, occupants de la tente ! Qu'est-ce donc, qui vient de chez vous jusqu'à nous ?" C'est là qu'ils découvrirent Saʽd dont la blessure laissait couler le sang à flots et qui mourut par sa cause. »
Salama ibn Al-Akwa' à l'expédition de Hounayn
Salamah ibn Al-Akwaʽ (qu'Allah l'agrée) relate : « Nous avons participé avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) à l’expédition militaire de Ḥunayn. Lorsque nous avons rencontré l’ennemi, je me suis avancé et j’ai gravi un col. Un homme du camp ennemi se dirigea vers moi, je lui ai alors décoché une flèche et il s’est caché de moi. Je ne savais pas ce qu’il faisait. J’ai regardé les gens et j’ai vu qu’ils étaient montés par un autre col. Ils ont alors rencontré les Compagnons du Prophète (sur lui la paix et le salut) mais ceux-ci s’enfuirent et moi-même je revenais défait. Je portais deux manteaux, l’un enveloppait le bas de mon corps tandis que l’autre recouvrait le haut, mais je perdis ma ceinture et je dus donc les réunir tous les deux ensemble. Je passai défait devant le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) tandis qu’il chevauchait sa mule blanche, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : "Ibn Al-Akwa’ a dû voir quelque chose d’effroyable !" Lorsque les ennemis se ruèrent sur le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) il descendit de sa mule, saisit une poignée de terre du sol, se dirigea vers eux et jeta la terre en direction de leurs visages en disant : "Que les visages soient enlaidis !" Allah n'a pas créé un homme parmi eux sans que ses yeux ne furent remplis de terre suite [au jet de] cette poignée de terre. Ils tournèrent alors les talons, s’enfuirent et Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, les mit en déroute. Finalement, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) partagea leurs butins entre les musulmans. »
'Ali, à Khaybar : « Je n'ai plus eu de conjonctivite ni de mal de tête »
ʽAlî ibn Abî Ṭâlib (qu'Allah l'agrée) relate : « Je n'ai plus eu de conjonctivite, ni de mal de tête, depuis que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a essuyé mon visage et a craché dans mon œil, le jour de Khaybar, au moment où il m'a donné l'étendard. »
Ouhoud : le Prophète ﷺ monte sur le rocher grâce à Talha, « Talha a gagné ! »
Az-Zubayr ibn Al-‘Awwâm (qu’Allah l’agrée) relate : « Le jour de Uḥud, le Prophète (sur lui la paix et le salut) portait deux cottes de mailles. Lorsqu’il se dressa vers le rocher, il ne put le surmonter. Il fit donc asseoir Ṭalḥah en-dessous de lui et monta jusqu’à se tenir sur le rocher. J’ai alors entendu le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) dire : "Ṭalḥah a gagné !" »