La bataille de Hunayn
Hadiths qui mentionnent la bataille de Hunayn.
Ce thème regroupe 25 hadiths publiés sur le site, tirés notamment de Sahih al-Boukhari (16), Sahih Mouslim (10) et Mousnad de l'imam Ahmad (1). Il fait partie du thème « Les batailles et expéditions du Prophète ﷺ ».
Combien de fois le Prophète ﷺ avait fait de 'umra?
Rapporté par Qatada : J’ai demandé à Anas combien de fois le Prophète (ﷺ) avait fait la ‘Umra. Il a répondu : « Quatre fois. 1. La ‘Umra de Hudaibiya en Dhi-l-Qa’da, lorsque les polythéistes l’en ont empêché ; 2. La ‘Umra l’année suivante, en Dhi-l-Qa’da, après le traité de paix avec eux ; 3. La ‘Umra depuis Al-Ja’rana, où il a distribué le butin de guerre. » Je pense qu’il parlait du butin de la bataille de Hunain. J’ai demandé : « Combien de fois a-t-il accompli le Hajj ? » Anas a répondu : « Une seule fois. »
Les quatre 'omra du Prophète ﷺ
Rapporté par Hammam : Le Prophète (ﷺ) a accompli quatre ‘Umra, dont trois en Dhi-l-Qa’da, sauf celle qu’il a faite avec son Hajj : sa ‘Umra depuis Al-Hudaibiya, celle de l’année suivante, celle depuis Al-Ja’rana où il a distribué le butin de la bataille de Hunain, et une autre ‘Umra avec son Hajj
L'armure reçue à Hounayn vendue pour acheter un jardin
Rapporté par Abu Qatada : Nous sommes partis avec le Messager d'Allah (ﷺ) l'année de Hunain, (le Prophète (ﷺ) m'a donné une armure). J'ai vendu cette armure et j'ai acheté un jardin dans la région de la tribu de Bani Salama, et c'est le premier bien que j'ai eu après avoir embrassé l'islam
Le retour de Hounayn : les bédouins pressent le Prophète ﷺ sous un arbre épineux
Rapporté par Muhammad bin Jubair : Jubair bin Mut`im m’a raconté que, lorsqu’il était avec le Messager d’Allah (ﷺ) et d’autres personnes revenant de Hunain, certains bédouins ont attrapé le Prophète (ﷺ) et se sont mis à lui demander des choses au point qu’il a dû s’arrêter sous un arbre épineux (samurah) et qu’on lui a arraché son manteau. Le Prophète (ﷺ) s’est arrêté et a dit : « Rendez-moi mon manteau. Si j’avais autant de chameaux que ces arbres épineux, je vous les aurais tous donnés, et vous ne me trouverez jamais avare, menteur ou lâche. »
Al-Bara' à Hounayn : « Le Messager d'Allah ﷺ n'a pas fui »
Rapporté par Abu 'Is-haq : Quelqu’un a demandé à Al-Barâ bin `Azib : « As-tu fui en abandonnant le Messager d’Allah (ﷺ) lors de la bataille de Hunayn ? » Al-Barâ a répondu : « Mais le Messager d’Allah (ﷺ) n’a pas fui. Les gens de la tribu de Hawazin étaient de bons archers. Quand nous les avons rencontrés, nous les avons attaqués et ils ont fui. Quand les musulmans ont commencé à ramasser le butin, les païens nous ont fait face avec des flèches, mais le Messager d’Allah (ﷺ) n’a pas fui. J’ai vu, sans aucun doute, qu’il était sur sa mule blanche et qu’Abu Sufyan tenait ses rênes, et le Prophète (ﷺ) disait : ‘Je suis le Prophète (ﷺ) en vérité : je suis le fils d’`Abdul Muttalib.’ »
« As-tu fui le jour de Hounayn ? » : le Prophète ﷺ sur sa mule blanche
Rapporté par Al-Bara : Un homme lui a demandé : « Ô Abu `Umara ! As-tu fui le jour de la bataille de Hunayn ? » Il a répondu : « Non, par Allah, le Prophète (ﷺ) n’a pas fui, mais les gens pressés se sont enfuis et la tribu de Hawazin les a attaqués avec des flèches, alors que le Prophète (ﷺ) était sur sa mule blanche et qu’Abu Sufyan bin Al-Harith tenait les rênes. Le Prophète (ﷺ) disait : “Je suis le Prophète (ﷺ) en vérité, je suis le fils de `Abdul Muttalib.” »
Al-Bara' : « Le Messager d'Allah ﷺ n'a pas fui à Hounayn »
Rapporté par Abu 'Is-haq : Un homme a demandé à Al-Bara’ : « Ô Abu ‘Umara ! Avez-vous fui le jour (de la bataille) de Hunayn ? » Il a répondu : « Non, par Allah ! Le Messager d’Allah (ﷺ) n’a pas fui, mais ses jeunes compagnons non armés sont passés devant les archers des tribus de Hawazin et Bani Nasr, dont les flèches touchaient presque toujours leur cible, et ils ont lancé des flèches sans rater. Alors les musulmans se sont repliés vers le Prophète (ﷺ) qui était sur sa mule blanche, menée par son cousin Abu Sufyan bin Al-Harith bin `Abdul Muttalib. Le Prophète (ﷺ) est descendu et a invoqué Allah pour la victoire ; puis il a dit : “Je suis le Prophète, sans mensonge ; je suis le fils de `Abdul Muttalib”, puis il a rangé ses compagnons en lignes. »
De celui qui dit: "Tiens...! et [sache que] je suis le fils d'un tel..."
Rapporté par Abu 'Is-haq : Un homme a demandé à Al-Bara : « Ô Abu `Umara ! As-tu fui le jour de la bataille de Hunayn ? » Al-Bara a répondu alors que j’écoutais : « Quant au Messager d’Allah (ﷺ), il n’a pas fui ce jour-là. Abu Sufyan bin Al-Harith tenait les rênes de sa mule et quand les païens l’ont attaqué, il est descendu et a commencé à dire : ‘Je suis le Prophète, et ce n’est pas un mensonge ; je suis le fils d’Abdul Muttalib.’ Ce jour-là, personne n’a été vu plus courageux que le Prophète (ﷺ). »
De celui qui partage le butin pendant l'expédition ou le voyage.
Rapporté par Anas : Le Prophète (ﷺ) fit la `Umra en partant d’Al-Ja’rana, où il avait distribué le butin de la bataille de Hunain
Le butin pris sur le païen tué à Hounayn
Rapporté par Abu Qatada : Nous sommes partis avec le Messager d’Allah (ﷺ) le jour de la bataille de Hunayn. Quand nous avons affronté l’ennemi, les musulmans ont reculé et j’ai vu un païen se jeter sur un musulman. Je me suis retourné, je l’ai pris par derrière et je l’ai frappé à l’épaule avec mon épée. Il s’est alors tourné vers moi et m’a saisi si violemment que j’ai cru mourir, mais la mort l’a emporté et il m’a lâché. J’ai suivi ‘Umar bin Al-Khattab et lui ai demandé : « Pourquoi les gens fuient-ils ? » Il a répondu : « C’est la volonté d’Allah. » Après le retour des gens, le Prophète (ﷺ) s’est assis et a dit : « Celui qui a tué un ennemi et peut le prouver aura son butin. » Je me suis levé et j’ai dit : « Qui témoignera pour moi ? » puis je me suis rassis. Le Prophète (ﷺ) a répété : « Celui qui a tué un ennemi et peut le prouver aura son butin. » Je me suis encore levé et j’ai dit : « Qui témoignera pour moi ? » puis je me suis rassis. Puis le Prophète (ﷺ) l’a dit une troisième fois. Je me suis encore levé, et le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Ô Abu Qatada ! Quelle est ton histoire ? » J’ai alors tout raconté. Un homme s’est levé et a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Il dit la vérité, et le butin de l’homme tué est avec moi. S’il te plaît, compense-le à ma place. » Abu Bakr As-Siddiq a dit : « Non, par Allah, il (le Messager d’Allah (ﷺ)) n’acceptera pas de te donner le butin gagné par un des lions d’Allah qui combat pour Allah et Son Messager. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Abu Bakr a dit vrai. » Le Messager d’Allah (ﷺ) m’a donc donné le butin. J’ai vendu cette armure (le butin) et, avec l’argent, j’ai acheté un jardin chez les Bani Salima, et ce fut mon premier bien acquis après ma conversion à l’islam
Vous ne me trouverez ni avare, ni menteur, ni lâche
Rapporté par Jubair bin Mut‘im : Alors qu’il était avec le Messager d’Allah (ﷺ) accompagné de gens sur le chemin du retour de Hunayn, les bédouins ont tellement insisté pour demander des choses au Messager d’Allah (ﷺ) qu’ils l’ont poussé sous un arbre Samura, où son manteau a été arraché. Le Messager d’Allah (ﷺ) s’est alors levé et leur a dit : « Rendez-moi mon manteau. Si j’avais autant de chameaux que ces arbres, je les distribuerais parmi vous ; et vous ne me trouverez pas avare, menteur ou lâche. »
Le Prophète ﷺ préféra des gens à d'autres lors du partage [du butin].
Rapporté par ‘Abdullah : Le jour de la bataille de Hunayn, le Messager d’Allah (ﷺ) a favorisé certaines personnes dans la distribution du butin (en excluant d’autres) ; il a donné cent chameaux à Al-Aqra’ bin Habis, la même chose à ‘Uyaina, et il a aussi donné à d’autres notables arabes, leur accordant la préférence. Un homme est alors venu et a dit : « Par Allah, il n’y a pas eu de justice dans cette distribution, ni de recherche de l’agrément d’Allah. » J’ai dit (à cet homme) : « Par Allah, je vais informer le Prophète de ce que tu as dit. » Je suis donc allé l’informer, et il a dit : « Si Allah et Son Messager n’agissent pas avec justice, qui le fera ? Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse, il a subi bien pire que cela, mais il est resté patient. »
N'accédera au Paradis que les âmes vraiment soumises
Rapporté par Abu Huraira رضي الله عنه : Nous avons participé à la bataille de Hunayn avec le Messager d’Allah ﷺ. À propos d’un homme qui disait être musulman, le Prophète ﷺ a dit qu’il faisait partie des gens du Feu (de l’Enfer). Pendant la bataille, cet homme s’est battu avec acharnement et a été blessé. On a dit : « Messager d’Allah, la personne que tu as d’abord désignée comme étant du Feu s’est battue courageusement et est morte. » Le Messager d’Allah ﷺ a répondu : « Il était destiné au Feu. » Certains ont commencé à douter, puis on a appris qu’il n’était pas mort, mais gravement blessé. La nuit venue, il n’a pas supporté la douleur de sa blessure et s’est donné la mort. Le Prophète ﷺ en a été informé et a dit : « Allah est le Plus Grand ! Je témoigne que je suis le serviteur d’Allah et Son messager. » Il a ensuite demandé à Bilal d’annoncer aux gens : « Seul un musulman entrera au Paradis. » En vérité, Allah soutient cette religion même par l’intermédiaire d’une personne pécheresse
Le Prophète ﷺ donna prés de cent chameaux à certains Qoraychites
Rapporté par Anas b. Malik رضي الله عنه : Le jour de Hunayn, quand Allah a accordé au Messager d’Allah ﷺ les richesses de Hawazin (sans combat), il a distribué à certains membres de Quraish cent chameaux chacun. Les jeunes parmi les Ansar ont alors dit : « Qu’Allah pardonne au Messager d’Allah ﷺ d’avoir donné ces chameaux aux gens de Quraish et de nous avoir ignorés alors que nos épées sont encore couvertes de sang. » Anas b. Malik a dit : Leur parole a été rapportée au Messager d’Allah ﷺ, qui a envoyé quelqu’un rassembler les Ansar sous une tente en cuir. Quand ils furent réunis, le Messager d’Allah ﷺ est venu et a dit : « Qu’est-ce que cette parole qui m’est parvenue de votre part ? » Les sages parmi les Ansar ont répondu : « Ô Messager d’Allah, les plus raisonnables d’entre nous n’ont rien dit, mais il y a parmi nous des jeunes qui ont dit : “Qu’Allah pardonne au Messager d’Allah ﷺ d’avoir donné aux Quraish et de nous avoir ignorés alors que nos épées sont encore tachées de leur sang.” » Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Je donne parfois des biens à des personnes qui étaient récemment dans l’incroyance, pour les rapprocher de la vérité. N’êtes-vous pas heureux que les gens repartent avec des richesses et que vous repartiez avec le Messager d’Allah ? Par Allah, ce avec quoi vous repartez est meilleur que ce qu’ils emportent. » Ils ont dit : « Oui, ô Messager d’Allah, nous sommes satisfaits. » Le Prophète a ajouté : « Vous verrez à l’avenir que d’autres seront préférés pour les biens matériels, alors soyez patients jusqu’à ce que vous rencontriez Allah et Son Messager, et je vous retrouverai au bassin d’al-Kawthar. » Ils ont dit : « Nous serons patients. »
Quand le Prophète ﷺ partagea le butin de Hunayn
Rapporté par Abdullah b. Zaid رضي الله عنه : Lorsque le Messager d’Allah ﷺ a conquis Hunayn, il a distribué le butin et a donné à ceux dont il voulait gagner le cœur. On lui a rapporté que les Ansar désiraient recevoir la même part que celle donnée aux gens de Quraish. Le Messager d’Allah ﷺ s’est alors levé, a loué Allah, puis a dit : « Ô gens des Ansar, ne vous ai-je pas trouvés égarés et Allah vous a guidés grâce à moi ? N’étiez-vous pas pauvres et Allah vous a enrichis grâce à moi ? N’étiez-vous pas divisés et Allah vous a unis grâce à moi ? » Les Ansar ont répondu : « Allah et Son Messager sont les plus généreux. » Il a répété : « Pourquoi ne me répondez-vous pas ? » Ils ont dit : « Allah et Son Messager sont les plus généreux. » Il a dit : « Si vous voulez, vous pouvez dire ceci ou cela, et il a mentionné plusieurs choses. » ‘Amr pense ne pas s’en souvenir. Le Prophète a ajouté : « N’êtes-vous pas heureux que les gens repartent avec des chèvres et des chameaux, et que vous repartiez avec le Messager d’Allah ? Les Ansar sont comme des vêtements proches de moi, les autres comme des vêtements extérieurs. S’il n’y avait pas eu l’émigration, j’aurais été un homme parmi les Ansar. Si les gens suivaient une vallée ou un sentier étroit, je suivrais la vallée ou le sentier des Ansar. Après moi, vous verrez d’autres être préférés pour les biens matériels. Soyez donc patients jusqu’à me retrouver au bassin d’al-Kawthar. »
Au jour de Hunayn, le Prophète ﷺ favorisa certains gens dans le partage du butin
Rapporté par Abdullah رضي الله عنه : Le jour de Hunayn, le Messager d’Allah ﷺ a accordé des préférences à certaines personnes lors de la distribution du butin. Il a donné cent chameaux à Aqra’ ibn Habis, autant à ‘Uyayna, et il a aussi donné à des gens parmi les notables d’Arabie, les privilégiant ce jour-là dans la répartition du butin. Un homme a alors dit : « Par Allah, il n’y a eu ni justice dans cette distribution, ni recherche de l’agrément d’Allah. » J’ai dit : « Par Allah, je vais en informer le Messager d’Allah ﷺ. » Je suis allé le voir et je lui ai rapporté ce qui avait été dit. Son visage est devenu rouge comme le sang, puis il a dit : « Qui rendra justice si Allah et Son Messager ne rendent pas justice ? » Il a ajouté : « Qu’Allah fasse miséricorde à Moussa ; il a été éprouvé plus que cela, mais il a fait preuve de patience. » J’ai dit : « Jamais plus je ne rapporterai au Prophète ﷺ ce genre de propos. »
Un homme vint trouver l'Envoyé de Dieu ﷺ à Al-Ji'râna après la bataille de Hunayn
Rapporté par Jabir ibn Abdullah رضي الله عنه : Un homme est venu voir le Messager d’Allah ﷺ à Ji’rana, alors qu’il revenait de Hunayn, et Bilal portait des vêtements contenant de l’argent. Le Messager d’Allah ﷺ en a pris une poignée et l’a donnée à des gens. L’homme lui a dit : « Muhammad, sois juste. » Le Prophète ﷺ a répondu : « Malheur à toi ! Qui sera juste si je ne le suis pas ? Tu serais vraiment malheureux et perdant si je n’étais pas juste. » À ce moment, Omar ibn Khattab رضي الله عنه a dit : « Permets-moi de tuer cet hypocrite. » Le Prophète ﷺ a répondu : « Qu’Allah t’en protège ! Les gens diraient que je tue mes compagnons. Cet homme et ses semblables réciteront le Coran, mais il ne dépassera pas leur gorge, et ils s’écarteront de la religion aussi vite qu’une flèche traverse sa cible. »
Hounayn : « Quiconque tue un adversaire et en possède la preuve »
Abû Qatâdah Al-Anṣârî (qu'Allah l'agrée) a dit : « Nous partîmes avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à la bataille de Ḥunayn - il évoqua l'histoire - et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Quiconque tue un adversaire et en possède la preuve a le droit de prendre ses effets personnels. » Il le répéta trois fois. »
Hounayn : « Qu'Allah fasse miséricorde à Moïse ! »
Ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) relate que le jour de Ḥunayn, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) privilégia certains dans le partage du butin. Il accorda cent chameaux à Al-Aqra’ ibn Ḥâbis et autant à ‘Uyaynah ibn Ḥuṣun. Il fit aussi des dons à quelques notables Arabes et les privilégia ce jour-là. Un homme dit : « Par Allah ! C’est là un partage sans la moindre justice et qui ne recherche pas le Visage d’Allah ! » J’ai alors dit : « Par Allah ! J’en informerai le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) ! » J’allai donc le trouver et lui fit part de ce que j’avais entendu. Le visage du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) changea de couleur si bien qu’il vira au rouge. Il déclara : « Qui fera preuve de justice si Allah et Son Messager ne le font pas !? » Puis, il dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse ! Il fut davantage offensé et pourtant, il se montra patient. » A la suite de cela, je me promis de ne plus jamais lui rapporter de nouvelle désagréable !
Le butin de Hounayn et la rancœur des Ansar
‘Abdullah ibn Zayd ibn ʽÂṣim a dit : « Lorsqu’Allah accorda du butin à Son Messager (sur lui la paix et le salut) le jour de Ḥunayn, celui-ci le distribua aux gens et à ceux dont il voulait gagner les cœurs. Il n’en donna rien aux Anṣâr, qui en ressentirent quelque rancœur, déçus de n’avoir rien reçu de ce que les gens reçurent. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) s’adressa alors à eux en disant : « Ô Anṣâr ! Ne vous ai-je pas trouvés égarés et Allah vous a guidés par mon intermédiaire ? Alors que vous étiez divisés et Allah vous a réunis par mon intermédiaire ? Et que vous étiez pauvres et Allah vous a enrichis par mon intermédiaire ? » A chaque phrase qu’il disait, ils répondaient : « Allah et Son Messager sont bienveillants ! » Puis, Il a dit : « Qu’est-ce qui vous empêche de répondre au Messager d’Allah ? » Ils répondirent : « Allah et Son Messager sont bienveillants ! » Il dit alors : « Vous pourriez dire : « Tu nous es venus dans tel et tel état...» Cela ne vous suffit-il pas que les gens repartent avec des moutons et des chameaux tandis que vous, vous repartez chez vous avec le Messager d’Allah? Si ce n’était l’émigration, j’aurais été un homme parmi les Anṣâr ! Si les gens passaient par une vallée ou un chemin entre les montagnes, j’emprunterais le chemin qu’empruntent les Anṣâr et leurs sentiers ! Les Anṣâr sont mon emblème et les gens des étrangers ! Vous rencontrerez après moi quelques difficultés et épreuves, patientez jusqu’à me rencontrer et me rejoindre au Bassin. »
Le retour de Hounayn : les bédouins pressent le Prophète ﷺ contre des arbustes épineux
Jubayr ibn Muṭʽim (qu'Allah l'agrée) a dit : « J'étais en compagnie du Prophète (sur lui la paix et le salut) lorsque nous revînmes de la bataille de Ḥunayn. Les bédouins ne cessèrent de le presser et lui demander des biens, jusqu'au point où ils le poussèrent vers des arbustes épineux. Sa cape se prit dans ces arbustes épineux et le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'arrêta. Il dit : " Donnez-moi mon vêtement ! Si je possédais des biens au nombre de toutes ces épines, je les aurais partagés entre vous. Puis, vous ne m'auriez trouvé ni avare, ni menteur ni lâche ! " »
Hounayn et l'arbre aux objets suspendus : suivre la tradition des prédécesseurs
D'après Abû Wâqid Al-Laythî (qu'Allah l'agrée) : « Lorsque le Messager d'Allah ﷺ sortit pour Hunayn, il passa près d'un arbre (un jujubier) appartenant aux polythéistes qu'on appelait : l'arbre aux objets suspendus auquel ils accrochaient leurs armes. Ils [certains Compagnons] ont alors dit : " Ô Messager d'Allah ! Attribue-nous un arbre aux objets suspendus, comme ils en ont un ! " Alors, le Prophète ﷺ a dit : " Gloire à Allah ! Ceci est comme ce que le peuple de Moïse a dit ! : {" Attribue-nous un dieu, comme ils ont des divinités. "} [Les Murailles, 7 : 138]. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Vous suivrez certainement la tradition de ceux qui vos ont précédés. »
Al-'Abbas aux côtés du Messager d'Allah ﷺ le jour de Hounayn
Abû Al-Faḍl Al-ʽAbbâs ibn ʽAbd Al-Muṭṭalib (qu'Allah l'agrée) dit : « J'étais présent avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) le jour de Ḥunayn. Abû Sufyân ibn Al-Ḥârith ibn 'Abd Al-Muṭṭalib et moi tînmes compagnie au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) sans le quitter. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était sur une mule blanche. Lorsque les musulmans et les mécréants se rencontrèrent, les musulmans battirent en retraite. Alors, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se mit à faire courir sa mule vers les mécréants. Je tenais la bride de la mule du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) pour l'empêcher de courir. Quant à Abû Sufyân, il tenait son étrier. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) enjoignit : " Ô 'Abbâs ! Appelle les compagnons du mimosa ! " » Al-‘Abbâs - qui était un homme à la voix retentissante - dit : « J’ai alors crié de toutes mes forces : " Où sont les compagnons du mimosa ? " Par Allah ! En entendant ma voix, ils rebroussèrent chemin comme les vaches qui reviennent vers leurs petits qui la réclament, répondant : " Nous voilà ! Nous voilà ! " Ils combattirent alors les mécréants tandis que les Anṣâr s'interpellaient : " Ô les Anṣâr ! Ô les Anṣâr : " Finalement, on appela la tribu des Banî Al-Ḥârith ibn Al Khazraj : " Ô les Banî Al-Ḥârith ibn Al-Khazraj ! Ô les Banî Al-Ḥârith ibn Al Khazraj ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui était sur sa mule, tendait le cou pour les regarder combattre et, à ce moment-là, il dit : " Maintenant, la bataille fait rage ! " Puis, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) ramassa quelques cailloux et les jeta aux visages des mécréants en disant : " Ils sont vaincus, par le Seigneur de Muḥammad ! " Je me mis à regarder et constatai que, selon toute apparence, la bataille en était toujours au même point. Alors, par Allah, à peine leur avait-il lancé les cailloux que je vis qu'ils commencèrent à faiblir et à battre en retraite. " »
Salama ibn Al-Akwa' à l'expédition de Hounayn
Salamah ibn Al-Akwaʽ (qu'Allah l'agrée) relate : « Nous avons participé avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) à l’expédition militaire de Ḥunayn. Lorsque nous avons rencontré l’ennemi, je me suis avancé et j’ai gravi un col. Un homme du camp ennemi se dirigea vers moi, je lui ai alors décoché une flèche et il s’est caché de moi. Je ne savais pas ce qu’il faisait. J’ai regardé les gens et j’ai vu qu’ils étaient montés par un autre col. Ils ont alors rencontré les Compagnons du Prophète (sur lui la paix et le salut) mais ceux-ci s’enfuirent et moi-même je revenais défait. Je portais deux manteaux, l’un enveloppait le bas de mon corps tandis que l’autre recouvrait le haut, mais je perdis ma ceinture et je dus donc les réunir tous les deux ensemble. Je passai défait devant le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) tandis qu’il chevauchait sa mule blanche, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : "Ibn Al-Akwa’ a dû voir quelque chose d’effroyable !" Lorsque les ennemis se ruèrent sur le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) il descendit de sa mule, saisit une poignée de terre du sol, se dirigea vers eux et jeta la terre en direction de leurs visages en disant : "Que les visages soient enlaidis !" Allah n'a pas créé un homme parmi eux sans que ses yeux ne furent remplis de terre suite [au jet de] cette poignée de terre. Ils tournèrent alors les talons, s’enfuirent et Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, les mit en déroute. Finalement, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) partagea leurs butins entre les musulmans. »