La gouvernance et la justice
Hadiths sur les dirigeants, leurs devoirs, l'obéissance et la justice.
Ce thème regroupe 120 hadiths publiés sur le site, tirés notamment de Sahih Mouslim (45), Sahih al-Boukhari (38) et Sahih at-Targhib wa at-Tarhib (12).
Il ne rentre pas dans le paradis avec les musulmans
D'après Ma'qal Ibn Yasar (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il n'y a aucun dirigeant qui prend les commandes des affaires des musulmans puis ne fait pas d'efforts pour eux (*) et ne les conseille pas sans qu'il ne rentre pas dans le paradis avec eux ».
Les gens du paradis sont au nombre de trois
D'après 'Iyad Ibn Himar (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Les gens du paradis sont au nombre de trois: - un gouverneur juste qui pratique l'aumône et œuvre dans le bien - un homme miséricordieux (1), ayant le cœur tendre envers chaque proche et musulman (2) - un pauvre ayant une famille qui s’abstient de mendier ».
Les juges sont au nombre de trois, un dans le paradis et deux dans le feu
D'après Bourayda (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Les juges sont au nombre de trois, un dans le paradis et deux dans le feu: - celui qui est dans le paradis est un homme qui a connu la vérité et a jugé avec - un homme qui a connu la vérité et a été pervers dans son jugement est dans le feu - un homme qui a jugé entre les gens alors qu'il est ignorant est dans le feu ».
Il y a trois personnes dont l'invocation n'est pas repoussée
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y a trois personnes dont l'invocation n'est pas repoussée: celui qui fait beaucoup de rappel d'Allah (*), l'invocation de celui qui subit une injustice et le dirigeant juste ».
Il y a trois personnes dont Allah ne repousse pas l'invocation
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y a trois personnes dont Allah ne repousse pas l'invocation: celui qui fait beaucoup de rappel d'Allah, celui qui subit une injustice et l'imam juste ».
Six caractéristiques qui garantissent le paradis au musulman
D'après 'Aicha (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Six caractéristiques, aucun musulman ne meurt dans l'une d'entre elles sans qu'il soit garantie par Allah de rentrer au paradis: - un homme qui est sorti pour le djihad (1), si il meurt il est garantie par Allah - un homme qui suit un convoi funéraire, s'il meurt il est garanti par Allah - un homme qui visite un malade, s'il meurt il est garanti par Allah - un homme qui a fait les ablutions parfaitement puis est sorti vers la mosquée pour sa prière, s'il meurt il est garanti par Allah - un homme qui s'est rendu vers un dirigeant pour l'honorer et reconnaître sa dignité, s'il meurt il est garanti par Allah - un homme qui est dans sa maison, il ne médit aucun musulman (2) et ne leur fait aucun mal, s'il meurt il est garanti par Allah ».
Que nous recommandes-tu ô Messager d'Allah ?
D'après Al 'Irbad Ibn Sariya (qu'Allah l'agrée) : Un jour, après la prière du ghadat (1), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) nous a fait une exhortation éloquente qui a fait pleurer les yeux et frémir les coeurs. Un homme a dit: Certes ceci est l'exhortation de celui qui fait ses adieux. Que nous recommandes-tu ô Messager d'Allah ? Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Je vous recommande la taqwa d'Allah (2) et d'écouter et d'obéir même à un esclave abyssin car certes celui d'entre vous qui va vivre verra de nombreuses divergences. Et prenez garde aux nouvelles choses car elles sont certes égarement. Celui d'entre vous qui assiste à cela qu'il s'accroche à ma sounna et à la sounna des califes droits et bien-guidés. Mordez là à pleine dent (3) ».
Le Prophète m'a conseillé neuf choses
D'après Abou Darda (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) m'a conseillé neuf choses: « - N'associe rien à Allah même si on te coupe ou qu'on te brûle - Ne délaisse pas la prière obligatoire volontairement et celui qui la délaisse volontairement ne bénéficie plus de la protection (1) - Ne boit pas d'alcool car il est certes la clé de tous les maux - Obéis à tes parents même s'ils t'ordonnent de leur donner quelque chose de ta vie d'ici-bas (2) alors donne leur - Ne dispute le pouvoir à ceux qui le détiennent même si tu vois que c'est toi qui a raison - Ne fuis pas lors de la bataille même si tu dois périr alors que tes compagnons fuient - Dépense du surplus de tes biens pour ta famille - Ne lève pas ton bâton de ta famille (3) - Et fais leur craindre Allah ».
« Je ne suis qu'un homme » : la dispute devant la porte du Prophète ﷺ
Umm Salamah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) entendit le brouhaha d’une dispute sur le pas de sa porte. Il sortit et dit : « Je ne suis qu’un homme, des antagonistes viennent me voir au sujet d’un litige et il se peut que l’un d’entre eux soit plus persuasif que l’autre. Je le crois alors dans son droit et juge en sa faveur. Ainsi, si je juge en la faveur de l'un d'entre vous en dépossédant le véritable ayant-droit de son bien, qu’il sache que ce verdict est un morceau de feu : qu’il le prenne ou qu’il le délaisse ! »
Que nul ne juge entre deux personnes alors qu'il est en colère.
Abdurrahmân ibn Abi Bakrah relate : « Mon père écrivit - ou j'écrivis pour lui - à son fils 'Ubaydullâh ibn Abi Bakrah, qui était juge au Sakastan : Ne juges pas entre deux personnes quand tu es en colère, car j'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : « Que nul ne juge entre deux personnes alors qu'il est en colère. » Dans une autre version : « Qu'un juge ne juge pas entre deux personnes alors qu'il est en colère. »
« Ô 'Abd ar-Rahman ibn Samoura, ne demande pas le commandement ! »
Abdurraḥmân ibn Samurah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô 'Abdarraḥmân ibn Samurah ! Ne demande pas le commandement ! Car si tu l'obtiens suite à une demande, tu seras livré à toi même. Par contre, si tu l'obtiens sans l'avoir demandé, tu seras aidé. Si tu fais un serment et te rends compte que la bienfaisance se trouve dans son annulation, expie ton serment et fais ce qui est préférable. »
« Lorsqu'Allah veut le bien d'un émir, Il lui donne un ministre intègre »
ʽÂ'ishah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Lorsqu’Allah veut le bien d’un émir, Il lui donne un ministre intègre qui lui rappelle lorsqu’il oublie et qui, s’il se rappelle, l’aide. Mais lorsqu’Allah lui veut autre chose que cela, Il lui donne un mauvais ministre qui ne lui rappelle rien de ce qu’il oublie ; et qui, s’il se rappelle, ne l’aide pas. »
Les deux entourages de chaque prophète et de chaque représentant
Abû Sa'îd Al-Khudrî (qu'Allah l'agrée) et Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relatent que le Prophète (sur la paix et le salut) a dit : « Allah n’envoie pas de Prophète et ne désigne pas de représentant sans que celui-ci ne se retrouve avec deux entourages : un entourage qui va lui conseiller et l'inciter à faire le bien, et un autre entourage qui va lui conseiller et l'inciter à faire le mal. N’est à l’abri que celui qu’Allah préserve ».
'Oubada ibn As-Samit : le serment d'écouter et d'obéir dans la difficulté et la facilité
D'après ʽUbâdah ibn As-Sâmit (qu'Allah l'agrée) qui a dit : « Nous prêtâmes serment au Messager d’Allah ﷺ d’écouter et d’obéir, dans la difficulté et la facilité, l'agrément et le désagrément, en cas de spoliation de nos biens , de ne pas contester l’autorité de ceux qui la détiennent [excepté en cas de mécréance manifeste dont Allah nous a donné une preuve évidente], de dire la vérité où que nous soyons et de ne craindre en Allah le blâme de personne. »
Le sac d'or trouvé dans le terrain acheté
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Un homme acheta un terrain à un autre. Celui qui avait acheté le terrain y trouva un sac d’or et dit à celui qui le lui avait vendu : « Reprends ton or, car je t’ai acheté le terrain, pas l’or ! » Mais, celui qui possédait le terrain répondit : « Je t’ai vendu le terrain avec tout ce qui s’y trouve ! » Ils en référèrent à un homme qui leur dit : « Avez-vous des enfants ? - J’ai un garçon, répondit l’un. - J’ai une fille, dit l’autre. Il leur dit : « Alors, mariez-les, dépensez de cet or pour eux et faites-en aumône. »
Les deux femmes et l'enfant emporté par le loup
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Deux femmes étaient avec leurs fils respectifs lorsque le loup emporta l'enfant de l'une d'elles. Celle-ci dit à sa compagne : « C'est ton fils qu'il a emporté ! » L'autre répliqua : « Non c’est le tien qu'il a emporté ! » Elles portèrent alors leur différend devant [le roi] David (sur lui la paix et le salut) qui trancha en faveur de l'aînée. Elles se rendirent ensuite chez Salomon fils de David (sur eux la paix et le salut) pour l'en informer. Il dit : « Apportez-moi un couteau que je le partage entre vous ! » La plus jeune s'exclama : « Non, ne fais pas ça ! Qu'Allah te fasse miséricorde ! C'est son fils ! » Il trancha alors en faveur de la cadette. »
Si l'argent du Bahreïn était arrivé, je te donnerai tant, tant et tant.
Jâbir (qu’Allah l’agrée) relate : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) m’a dit : « Si l’argent du Bahreïn était arrivé, je te donnerais tant, tant et tant [en indiquant la quantité à l’aide de ses mains à trois reprises]. » Or, l’argent du Bahreïn n’arriva qu’après le décès du Prophète (sur lui la paix et le salut). Mais lorsque l’argent du Bahreïn arriva, Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) déclara : « Quiconque a une promesse du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) ou envers qui ce dernier a une dette, qu’il vienne à nous ! » Je vins alors à lui et je lui ai dit : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) m’a promis ceci et cela ! » Il puisa alors pour moi, à l’aide de ses mains, de l’argent que je comptai. Il y avait là cinq cents [dinars]. Puis il me dit : « Prends encore deux fois la même quantité ! »
« Que vous ordonne-t-il ? » : Abou Soufyan répond à Héraclius
Abû Sufyân Sakhr ibn Ḥarb (qu’Allah l’agrée) relate qu’Héraclius a dit : « Que vous ordonne-t-il ? » - C’est-à-dire : le Prophète (sur lui la paix et le salut). Abû Sufyân dit : « J’ai répondu : « Il dit : « Adorez Allah, Seul, ne Lui associez rien et délaissez ce que disent vos pères ! » Il nous ordonne la prière, la véridicité, la chasteté ainsi que le maintien des liens de parenté. »
'Ouyayna ibn Hisn obtient une entrevue avec 'Omar par son neveu Al-Hourr
Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) a dit : « 'Uyaynah ibn Ḥiṣn (qu’Allah l’agrée) vint à Médine et fut hébergé chez le fils de son frère Al-Ḥurr ibn Qays (qu’Allah l’agrée) qui siégeait aux réunions de ‘Umar (qu’Allah l’agrée). Des lecteurs du Coran participaient à ces réunions et ‘Umar (qu’Allah l’agrée) prenait conseil aussi bien auprès des personnes âgées qu’auprès des jeunes. ‘Uyaynah (qu’Allah l’agrée) dit à son neveu : « Neveu ! Tu jouis de quelque considération auprès de cet émir. Demande-lui donc de m’accorder une entrevue. » 'Uyaynah demanda donc à ‘Umar (qu’Allah l’agrée) de recevoir son oncle et ‘Umar (qu’Allah l’agrée) accepta. Une fois chez lui, ‘Uyaynah ibn Ḥiṣn (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Gare à toi, ô fils d’Al-Khaṭṭâb ! Je jure par Allah que tu ne nous donnes pas assez [du Trésor Public] et que tu ne juges pas entre nous avec équité ! » ‘Umar (qu’Allah l’agrée) se mit en colère et voulut le châtier. Al-Ḥurr (qu’Allah l’agrée) lui dit alors : « Ô commandeur des Croyants ! Allah, Exalté soit-Il, a dit à Son Prophète : {( Accepte ce qu’on t’offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants.)} [Coran : 7/199]. Et cet homme est de toute évidence un ignorant ! » Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) dit : « Par Allah ! dès qu’il lui cita ce verset, ‘Umar (qu’Allah l’agrée) ne dépassa pas Ses commandements ; en effet, il respectait scrupuleusement les directives du Livre d’Allah, Exalté soit-Il. »
« Ô Abou Dharr, je pense que tu es faible » : ne pas prendre le commandement
Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) dit : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) m’a dit : « Ô Abâ Dharr ! Je pense que tu es faible, et j’aime pour toi ce que j’aime pour moi-même. Ne prends pas le commandement de deux personnes, et ne te charge pas de la tutelle des biens de l’orphelin ! »
« Ô Abou Dharr, tu es quelqu'un de faible » : le commandement est une responsabilité
Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) relate : « Je dis : Ô Messager d’Allah ! Pourquoi ne me confies-tu pas des responsabilités ? Il me tapa sur l’épaule avec la main et me dit : « Ô Abâ Dharr ! Tu es quelqu’un de faible ! C'est une responsabilité et, au Jour de la Résurrection, ce sera une source d’avilissement et de regret, sauf pour celui qui l’aura prise de façon légitime et qui se sera acquitté de ce qu’elle lui aura imposé ! »
Le Prophète ﷺ se lève en hâte après la prière de l'après-midi
Uqbah ibn Al-Ḥârith relate : « J'ai prié la prière de l'après-midi derrière le Prophète (sur lui la paix et le salut) à Médine. Après avoir prononcé le salut final, il se leva avec empressement et passa entre les gens afin d'entrer dans les appartements de l'une de ses épouses. Les gens furent stupéfaits par sa précipitation. Quand il sortit et vit leur étonnement à l'égard de sa précipitation, il dit : « Je me suis rappelé qu'une certaine quantité d'un métal précieux se trouvait chez nous et, craignant qu'elle ne me retienne, j'ai ordonné qu'on la distribue. » Et dans une autre version : « J'avais laissé une certaine quantité d'un métal précieux issu de l'aumône et il me déplut qu'il passât la nuit chez moi. »
Ne pas confier le commandement à celui qui le demande
Abû Mûsâ Al-Ashʽarî (qu'Allah l'agrée) relate : « J'entrai chez le Prophète (sur lui la paix et le salut) avec deux de mes cousins. L'un d'eux dit : « Ô, Messager d'Allah ! Place-moi à la tête d'une partie de ce dont Allah t'a donné le commandement ! l'autre dit la même chose - Par Allah ! répondit le Prophète (sur lui la paix et le salut), jamais nous ne confions cette tâche à quelqu'un qui la demande ou qui y aspire. »
'A'idh ibn 'Amr chez 'Oubaydallah ibn Ziyad : « Les pires des bergers sont les brusques »
ʽÂ'idh ibn 'Amr entra chez 'Ubayd ibn Ziyâd et lui dit : « Ô, mon fils ! J'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : Les pires des bergers sont les brusques, fais attention à ne pas en faire partie ! - Il lui répondit : Assieds-toi donc ! Tu n'es rien d'autre qu'un piètre résidu des Compagnons de Muḥammad (sur lui la paix et le salut) ! - Il dit : avaient-ils seulement de piètres résidus ?! Les piètres résidus n'ont existé qu'après eux, et chez d'autres gens ! »