La gouvernance et la justice — page 2
Hadiths sur les dirigeants, leurs devoirs, l'obéissance et la justice.
120 hadiths dans ce thème.
« N'insistez pas lorsque vous me demandez une chose »
Abû ‘Abd ar-Rahmân Mu’âwiyah ibn Abî Sufyân relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Par Allah ! N’insistez pas lorsque vous [me] demandez [une chose] ! En effet, celui d’entre vous qui me demande [quelque chose] avec insistance et que je finis par le lui donner bien que j'y répugne, ce qu’il recevra [de moi] sera vide de toute bénédiction. »
'Omar : la révélation a cessé, nous vous jugeons selon vos actes apparents
‘Abdallah ibn ‘Utbah ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) relate que ‘Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée) a dit : « Du vivant du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), la Révélation dévoilait les gens. Aujourd’hui, elle a cessé. Nous vous jugeons donc selon vos actes apparents. Quiconque nous manifeste du bien, nous lui faisons confiance et nous le rapprochons sans chercher à sonder ses intentions. Allah le jugera au sujet de ce que renferme réellement son cœur. Et quiconque nous manifeste du mal, nous nous méfions de lui et nous ne le croyons pas. »
La religion, c’est la sincérité
Tamîm Ad-Dârî (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) a dit : "La religion, c’est la sincérité." Nous demandâmes : Envers qui ? Il répondit : "Envers Allah, Son Livre, Son Messager, les imams des musulmans et les musulmans en général."
« La preuve incombe au plaignant »
D'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée tous les deux) : Le Messager d'Allah ﷺ a dit : " Si l’on donnait satisfaction aux gens sur la base de leurs revendications, certains réclameraient [injustement] le [prix du] sang et les biens d’autres hommes. Or, la preuve incombe au plaignant, et le serment incombe à celui qui nie. "
« Ils président vos prières : s'ils les font correctement, c'est en votre faveur »
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ils président vos prières, s'ils les font correctement c'est en votre faveur ; et s'ils les exécutent mal, c'est toujours en votre faveur. Mais eux, ils en endossent la responsabilité. »
« Ô Allah ! Quiconque traite ma communauté avec dureté, sois dur avec lui »
ʽÂ’ishah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô Allah ! Quiconque a la charge d'une quelconque responsabilité sur ma communauté et la traite avec dureté, sois dur avec lui ! Et quiconque a la charge d'une quelconque responsabilité sur ma communauté et la traite avec douceur, sois doux avec lui ! »
Le bédouin qui tira violemment la tunique du Messager d'Allah ﷺ
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) a dit : « Je marchais avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui portait une tunique de Najrân aux bords épais. Un bédouin le rencontra et le tira si violemment par sa tunique que lorsque je regardais le cou du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), les bords de la tunique y avaient laissé une marque. Ensuite, il demanda : " Ô Muḥammad ! Ordonne que l’on me donne une part de la richesse d’Allah qui est à ta disposition ! " Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) se tourna vers lui et sourit. Puis, il ordonna qu’on lui fasse un don.
Anas : « Patientez ! Chaque époque à venir est pire que la précédente »
Zubayr ibn ‘Adî dit : « Nous allâmes trouver Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) afin de nous plaindre de ce que nous subissions de la part d’Al-Ḥajâj. Il dit alors : « Patientez ! En effet, chaque époque à venir est pire que celle qui la précède ; et cela, jusqu’à ce que vous rencontriez votre Seigneur ! » J’ai entendu cela de la part de votre Prophète - paix et salut sur lui. »
Les habitants de Koufa se plaignent de Sa'd ibn Abi Waqqas auprès d'Omar
Jâbir ibn Samurah (qu'Allah l'agrée) a dit : « Les habitants de Kûfah se plaignirent de Sa'd - c'est à dire : Ibn Abî Waqqâs - (qu'Allah l'agrée) auprès de 'Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) qui le révoqua et leur nomma un nouveau gouverneur en la personne de 'Ammâr. Dans leurs plaintes, ils allèrent jusqu'à dire que Sa'd (qu'Allah l'agrée) ne faisait pas correctement la prière. 'Umar manda alors Sa'd et lui dit : « Ô Abâ Isḥâq ! Ces gens prétendent que tu ne sais pas faire correctement la prière. » Il répondit : « En ce qui me concerne, je jure par Allah que je présidais à leur prière exactement à la manière du Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) sans rien en diminuer. Quand je faisais la prière du crépuscule (« ṣalâtu-l-‘ishâ’ »), je prolongeais la lecture dans les deux premières unités de prière et je l’allégeais dans les deux dernières. » Il lui a alors dit : « C'est ce que nous avons toujours pensé de toi, ô Abâ Isḥâq ! » Il envoya avec lui quelqu'un - ou quelques personnes - à Kûfah afin d'interroger ses habitants à son sujet. Cet homme ne laissa pas une mosquée sans s'y être renseigné le concernant. Tout le monde ne disait de lui que du bien. Il entra enfin dans une mosquée appartenant aux Banî 'Abs. L'un d'eux, du nom de Usâmah ibn Qatâdah, aussi surnommé : Abû Sa'dah, se leva. Il dit : « Puisque tu nous demandes notre avis sur lui, Sa'd ne marche pas avec les expéditions militaires, ne partage pas équitablement le butin et n'est pas impartial dans ses jugements ! » Sa'd a alors dit : « Par Allah ! Je me contenterai de faire contre toi ces trois invocations : " Ô Allah ! Si ton serviteur que voici est un menteur et n'a cherché par son intervention qu'à se montrer et à se faire connaître [littéralement : il ne s’est levé que par ostentation et vanité], alors allonge-lui sa vie, allonge-lui sa pauvreté et expose-le aux tentations ! " Plus tard, lorsqu’on lui demandait qui il était, il disait : « Un [pauvre] vieux soumis aux tentations et frappé de l’invocation de Sa'd. » 'Abd Al-Mâlik ibn 'Umayr, le rapporteur de ce hadith de Jâbir ibn Samurah, a dit : « Je l'ai vu de mes propres yeux, alors que ses sourcils tombaient sur ses yeux à cause de l'âge. Il se mettait sur les chemins des jeunes filles pour les palper. »
Le responsable de la communauté qui rend les choses difficiles et celui qui est doux
'Â`ichah (qu'Allah l'agrée) relate : « J'ai entendu le Messager d'Allah (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) dire ici, dans ma maison : "Ô Allah ! Quiconque est responsable d’une affaire de ma communauté et leur rend les choses difficiles, rends lui les choses difficiles ! Et quiconque est responsable d'une affaire de ma communauté et fait preuve de douceur à leur égard, sois doux avec lui !" »
Le responsable d'un groupe qui meurt en l'ayant trahi
Maʽqil ibn Yasâr Al-Mouzanî (qu'Allah l'agrée) relate : « J'ai certes entendu le Messager d'Allah (qu'Allah le couvre d'éloges et le préserve) dire : « Il n'est pas un serviteur à qui Allah confie la responsabilité d'un groupe, puis qui meurt alors qu'il fait preuve de traitrise à l'égard de celui-ci, sans qu'Allah ne lui interdise le Paradis ».
La halte en voyage et l'appel : « La prière en commun ! »
Abdallah ibn ‘Amr (qu’Allah l’agrée) a dit : « Nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et nous fîmes halte. Certains d’entre nous montèrent leurs tentes, d’autres s’entraînèrent au tir à l’arc et d’autres encore firent paître leurs bêtes. Soudain, un homme chargé par le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) d’appeler, proclama à voix haute : « La prière en commun ! » Alors, nous nous rassemblâmes auprès du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui dit : « Il n’y a pas eu de Prophète avant moi sans qu’il n’ait eu le devoir de guider sa communauté vers ce qui était le meilleur pour elle et de l’avertir contre ce qui était mauvais pour elle. Pour ce qui est de votre communauté que voici, sa sécurité a été placée à son début quant à sa fin, celle-ci sera touchée par des épreuves et des choses que vous désapprouverez. Des troubles viendront et ne seront rien comparés aux suivants. C’est alors qu’un trouble se manifestera et le croyant s’exclamera : "Celui-ci me détruira !" Puis, il se dissipera et un autre apparaîtra, le croyant s’exclamera de nouveau : "Celui-ci ! Celui-ci !" Par conséquent, que celui qui souhaite être éloigné de l’Enfer et entrer au Paradis fasse en sorte que la mort lui vienne alors qu’il croit en Allah et au Jour Dernier et qu’il traite les gens comme il aimerait qu’on le traite ! Quant à celui qui a fait acte d’allégeance à un imam en mettant sa main dans la sienne et en l’assurant de sa sincère loyauté, qu’il lui obéisse autant que possible ! Et si quelqu’un d’autre vient disputer l’autorité de cet imam, tranchez la tête de cet autre ! »
L'employé qui cache ne serait-ce qu'une aiguille aura commis un vol
‘Adî ibn ‘Umayr Al-Kindî (qu’Allah l’agrée) relate : « Celui parmi vous que nous employons pour une tâche et qui nous cache ne serait-ce qu’une aiguille aura commis un vol dont il rendra compte au Jour de la Résurrection ! » Un homme noir des Anṣâr se leva vers lui - c’est comme si je le voyais encore - et dit : « Ô Messager d’Allah ! Je me désiste ! » Il demanda : « Qu’as-tu donc ? » Il dit : « Je t’ai entendu dire telle et telle chose. » Il répondit : « Et je le répète : celui à qui nous confions une tâche, qu’il ramène ce qui est petit comme ce qui est grand. Ce qu’on lui en donne, qu’il le prenne et ce dont on le prive, qu’il s’en abstienne ! »
'Omar et la pension des premiers émigrés et de son fils 'Abdallah
Nâfi' relate que 'Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) décréta un prélèvement de quatre mille dinars de la trésorerie publique pour chacun des premiers émigrés à Médine et qu’il décréta pour son fils 'Abdullah (qu'Allah l'agrée) trois mille cinq cents. On lui dit : « Il fait partie des premiers émigrés, alors pourquoi lui as-tu diminué sa donation ? » Il répondit : « Parce que son père l'a emmené avec lui. Et ce n'est pas la même chose que de faire l'émigration de son propre choix ! »
La meilleure compagnie, la meilleure expédition et la meilleure armée
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « La meilleure compagnie est celle de quatre personnes ; la meilleure expédition est celle de quatre cents hommes ; la meilleure armée est celle de quatre mille hommes ; et jamais douze mille hommes ne seront vaincus à cause de leur petit nombre. »
Le Messager d'Allah ﷺ fermait la marche pendant les voyages
Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) avait l’habitude de fermer la marche pendant les voyages. Il avançait le faible, le faisait monter derrière lui et invoquait en sa faveur.
Écouter et obéir dans la difficulté comme dans l'aisance
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Tu te dois d’écouter et d’obéir, dans la difficulté comme dans l’aisance, dans ce qui te plaît comme dans ce qui te déplaît, et même si tu bénéficies de privilèges. »
L'allégeance d'écouter et d'obéir : « Autant que vous pouvez ! »
Ibn 'Umar (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a dit : « Lorsque nous prêtions serment d'allégeance au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) d'écouter et d'obéir à ses ordres, il nous disait : " Autant que vous pouvez ! " »
Écouter et obéir, sauf si l'on ordonne une désobéissance
Ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « L’homme musulman a le devoir d’écouter et d’obéir, que ça lui plaise ou non, à moins qu’on ne lui ordonne un acte de désobéissance ! En effet, si on lui ordonne un acte de désobéissance, il ne doit ni écouter, ni obéir ! »
Quiconque méprise le détenteur de l'autorité, Allah le méprisera !
Abu Bakrah (qu'Allah l'agrée) relate : « J'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : " Quiconque méprise le détenteur de l'autorité, Allah le méprisera ! " »
« Écoutez et obéissez, même si vous êtes dirigés par un esclave abyssin »
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate : « Écoutez et obéissez, même si vous êtes dirigés par un esclave abyssin dont la tête ressemble à un raisin sec ! »
Les meilleurs et les pires de vos gouverneurs
‘Awf ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Les meilleurs de vos gouverneurs sont ceux que vous aimez et qui vous aiment, en faveur desquels vous invoquez Allah et qui L’invoquent en votre faveur. Et les pires sont ceux que vous haïssez et qui vous haïssent, que vous maudissez et qui vous maudissent. » Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah ! Devons-nous nous soulever contre eux ? - Il répondit : Non, pas tant qu’ils accomplissent la prière parmi vous ! Non, pas tant qu’ils accomplissent la prière parmi vous ! »
Ibn 'Omar : dire le contraire chez les gouverneurs, c'était de l'hypocrisie
Muḥammad ibn Zayd relate que des gens dirent à son grand-père `Abdullah ibn 'Umar (qu'Allah l'agrée, lui et son père) : « Il nous arrive certes d'entrer chez nos gouverneurs et de leur dire le contraire de ce que nous disons une fois sortis de chez eux. - Il répondit : Nous considérions cela comme de l'hypocrisie à l'époque du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ! »
Abou Moussa et les deux Ach'arites qui demandaient une fonction
Abû Mûsâ (qu’Allah l'agrée) relate : « Je me suis présenté au Prophète (sur lui la paix et salut) et il y avait avec moi deux hommes [de ma tribu] parmi les Ash’ariyyîn. L’un d’eux était à ma droite tandis que l’autre était à ma gauche. Quant au Messager d’Allah (sur lui la paix et salut) il se nettoyait les dents avec un siwâk. Tous les deux demandèrent [le commandement]. Il dit alors : "Ô Abâ Mûsâ !" où : "Ô ‘Abdallah ibn Qays !" J’ai dit : "Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je n’étais pas au courant du for intérieur de ces ceux-là et je n’ai pas pressenti qu'ils demanderaient cela [le commandement]." Il a dit : "C’est comme si je voyais son petit bâton de siwâk sous ses lèvres qui descendait et montait. - Il a alors dit : Nous n’utilisons pas pour notre œuvre celui qui la veut [c’est-à-dire : Nous ne confions pas le commandement à celui qui le demande]. Toutefois, toi - Ô Abâ Mûsâ - va au Yémen ! ou, toi - Ô 'Abdallah ibn Qays - va au Yémen !" Ensuite, Mu’âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) partit sur ses traces et, lorsqu’il se présenta à lui, [Abû Mûsa] lui jeta un coussin et dit : "Descends !" Il y avait auprès de lui un homme attaché et entravé. [Mu’âdh] demanda : "Qu’est-ce que cela ? - [Abû Mûsâ] répondit : C’est un juif qui s’est converti puis est redevenu juif ! - Puis, il a dit : Assied-toi ! - Mais, [Mu'adh] a répondu : Je ne m’assois pas jusqu’à ce qu’il soit tué. C’est la décision d’Allah et de Son Messager !" Il répéta cela trois fois. Alors, il ordonna qu’on le tue et il fut tué. Ensuite, tous les deux évoquèrent la prière de nuit et l’un d’eux dit : "Quant à moi, je me lève [pour prier] et je dors, et j’espère de mon sommeil ce que j’espère de ma veille." »