Les funérailles
Livre 11 de Sahih Mouslim (« The Book of Prayer - Funerals » dans l'édition de référence). 68 fiches publiées sur le site.
Faites répéter aux mourants la formule: "Point de divinité si ce n'est Allah!
Abu Sa'id al Khudri: "Le Messager d'Allah (ç) a dit: "Faites répéter aux mourants la formule: "Point de divinité si ce n'est Allah!""
"Point de divinité si ce n'est Allah"
D'après Abu Hurayra: "Le Messager d'Allah (ç) a dit: "Faites répéter aux mourants la formule: "Point de divinité si ce n'est Allah"!
« Nous appartenons à Allah et c'est vers Lui que nous retournerons »
Rapporté par Umm Salama, l’épouse du Messager d’Allah ﷺ : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Si un serviteur (d’Allah) subit une épreuve et dit : “Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournerons. Ô Allah, récompense-moi pour mon malheur et accorde-moi quelque chose de meilleur en échange”, Allah lui donnera une récompense pour cette épreuve et lui donnera quelque chose de meilleur en échange. » Elle (Umm Salama) a dit : Quand Abu Salama est décédé, j’ai prononcé ces paroles comme le Messager d’Allah ﷺ me l’avait ordonné. Alors Allah m’a donné mieux que lui, c’est-à-dire que j’ai épousé le Messager d’Allah ﷺ
Lorsque vous êtes en présence d'un malade ou d'un mort
D'après Oum Salama (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Lorsque vous êtes en présence d'un malade ou d'un mort, alors dites du bien car certes les anges disent -amine- (*) à ce que vous dites ».
Certes lorsque l'âme est prise le regard la suit
D'après Oum Salama (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) est rentré auprès de Abou Salama (qu'Allah l'agrée) alors qu'il avait les yeux ouverts. (1) Il a fermé ses yeux et a dit: « Certes lorsque l'âme est prise le regard la suit ». (2)
Pourquoi les morts ont les yeux levés vers le haut ?
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « N'avez vous pas vu que lorsqu'une personne meurt son regard se lève ? ». Ils ont dit : Certes oui. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Ceci est lorsque son regard suit son âme (*) ».
Veux-tu faire entrer Chaytan ?!
D'après Oum Salama (qu'Allah l'agrée) : Lorsqu’Abou Salama (qu'Allah l'agrée) (1) est mort, j'ai dit: C'était un étranger dans une terre étrangère. (2) Je vais pleurer pour lui d'une manière dont les gens vont parler. (3) Je m'apprêtais à pleurer pour lui lorsqu'une femme est venue pour m'aider dans cela. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) s'est mis en face d'elle et a dit: « Veux-tu faire entrer le Chaytan dans une maison de laquelle Allah l'a fait sortir?! ». Alors, je me suis abstenue et je n'ai pas pleuré. (4)
« Ce qu'Allah a pris Lui appartient » : la fille du Prophète ﷺ et son enfant mourant
Rapporté par Usama b. Zaid : Alors que nous étions avec le Messager d’Allah ﷺ, l’une de ses filles lui a envoyé quelqu’un pour l’appeler et lui dire que son enfant ou son fils était en train de mourir. Le Messager d’Allah ﷺ a dit au messager de retourner et de lui dire que ce qu’Allah a pris Lui appartient, et que ce qu’Il donne Lui appartient aussi ; et qu’Il a fixé un terme pour toute chose. Donc, dis-lui de faire preuve de patience et d’espérer la récompense d’Allah. Le messager est revenu et a dit : Elle insiste pour qu’il vienne. Il s’est alors levé pour y aller, accompagné de Sa’d b. 'Ubada, Mu’adh b. Jabal, et moi-même. L’enfant lui a été présenté, et son âme semblait agitée comme dans une vieille outre. Les yeux du Prophète se sont remplis de larmes. Sa’d a dit : « Qu’est-ce que cela, Messager d’Allah ? » Il a répondu : « C’est la compassion qu’Allah a placée dans le cœur de Ses serviteurs, et Allah n’est miséricordieux qu’envers ceux de Ses serviteurs qui sont compatissants. »
Que dire lors des condoléances?
D'après Oussama Ibn Zayd (qu'Allah les agrée lui et son père) : Une fille du Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a envoyé quelqu'un dire au Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) que son fils (1) est entrain de mourir donc il faut qu'il vienne. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) lui a envoyé comme réponse qu'il faut lui passer le salam et lui dire: « Certes c'est à Allah qu'appartient ce qu'Il a pris. C'est à Lui qu'appartient ce qu'Il a donné et chacun a, auprès de Lui, un terme de vie déterminé. Ainsi patiente et recherche par cela la récompense d'Allah ». (2) Elle a renvoyé quelqu'un pour informer qu'elle a juré qu'il devait venir alors il s'est levé et il y avait avec lui: Sa'd Ibn Oubada, Mou'adh Ibn Jabal, Oubay Ibn Ka'b, Zayd Ibn Thabit et d'autres hommes (qu'Allah les agrée tous). L'enfant a été levé vers le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) alors qu'il tremblait comme l'eau tremble dans son récipient. (3) Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) s'est alors mis à pleurer et Sa'd (qu'Allah l'agrée) lui a dit: Ô Messager d'Allah! Qu'est-ce que ceci? (4) Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Ceci est une miséricorde qu'Allah met dans les coeurs de Ses serviteurs et certes ce n'est qu'aux miséricordieux parmi Ses serviteurs qu'Allah fait miséricorde ».
Allah ne châtie pas pour la larme de l'oeil ni pour la tristesse du coeur
D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père) : Sa'd Ibn 'Oubada (qu'Allah l'agrée) est tombé malade. Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) est allé lui rendre visite avec 'Abder Rahman Ibn 'Awf, Sa'd Ibn Abi Waqqas et 'Abdallah Ibn Mas'oud (qu'Allah les agrée tous). Lorsqu'il est rentré auprès de lui, il l'a trouvé évanoui. Il a dit : « Est-ce qu'il est mort ? ». Ils ont dit : Non ô Messager d'Allah ! Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a pleuré et lorsque les gens l'ont vu pleurer ils se sont mis à pleurer eux-aussi. Alors le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « N'entendez vous pas ? Certes Allah ne châtie pas pour la larme de l'oeil ni pour la tristesse du coeur mais Il châtie pour cela (*) ; et il a fait signe vers sa langue ; ou Il pardonne ».
« Comment va mon frère Sa'd ibn 'Oubada ? »
Rapporté par 'Abdullah b. 'Umar : Alors que nous étions assis avec le Messager d’Allah ﷺ, un homme des Ansar est venu le saluer, puis il est reparti. Le Messager d’Allah ﷺ a alors dit : « Ô frère des Ansar, comment va mon frère Sa’d b. 'Ubada ? » Il a répondu : « Il va mieux. » Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Qui parmi vous ira lui rendre visite ? » Il s’est levé et nous nous sommes levés avec lui, nous étions plus de dix personnes. Nous n’avions ni chaussures, ni chaussettes, ni couvre-chefs, ni chemises. Nous avons marché sur la terre nue jusqu’à ce que nous arrivions chez lui. Les gens autour de lui se sont écartés jusqu’à ce que le Messager d’Allah ﷺ et ses compagnons s’approchent de Sa’d b. 'Ubada
La résignation consiste à supporter le premier choc d'une affliction
Rapporté par Anas b. Malik : « La patience doit être montrée dès le premier choc. »
Le mort est châtié dans sa tombe à cause de...
D'après 'Omar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le mort est châtié dans sa tombe à cause des lamentations qui sont faites sur lui ».
Le défunt est châtié en raison des pleurs de sa famille sur lui
Rapporté par Abdullah b. Umar : Hafsa pleurait pour ‘Umar alors qu’il était sur le point de mourir. ‘Umar lui dit : « Calme-toi, ma fille. Ne sais-tu pas que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Le défunt est puni à cause des pleurs de sa famille après sa mort” ? »
Ibn 'Omar et Ibn 'Abbas aux funérailles d'Oumm Aban bint 'Othman
D'après Ibn 'Omar (que Dieu agrée le père et le fils), 'Abdoullâh Ibn 'Abî Mulayka a dit : 'Amr Ibn 'Uthmân et moi étions assis chez Ibn 'Omar, dans l'attente de l'arrivée du convoi funèbre de 'Umm 'Abân bint 'Uthmân. Ibn 'Abbâs arriva en la compagnie d'un guide qui lui désigna la place de Ibn 'Omar. Il vint donc s'installer de mon côté de telle façon que je fus entre les deux hommes (Ibn 'Omar et Ibn 'Abbâs). Nous entendîmes alors des cris émanant de la maison. Alors 'Abdoullâh Ibn 'Omar, proposant à 'Amr Ibn 'Uthmân de se lever pour faire arrêter ces gémissements : "J'ai entendu l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire que le mort sera châtié à cause des lamentations répandues par les siens". 'Abdoullâh émit ce jugement sans restrictions. Ibn 'Abbâs répliqua alors : Nous étions en compagnie de l'émir des Croyants 'Omar Ibn Al-Khattâb. Quand nous atteignîmes un désert situé entre Médine et La Mecque, il s'aperçut d'un homme assis à l'ombre d'un arbre. - "Va voir qui est cet homme", m'ordonna Je trouvai là Suhayb et retournai à 'Umar lui dire que c'était Suhayb. - "Va et dis-lui de nous accompagner". - "Sa famille est avec lui". - "Même si sa famille est avec lui, dis-lui de nous accompagner" (peut-être l'a-t-il dit selon 'Ayyûb). Plus tard, lorsque fut mortellement frappé, Suhayb vint le trouver en pleurant et en criant : "Ah! Mon frère! Ah! Mon ami!". lui dit alors : "Ne sais-tu pas -ou n'as-tu pas entendu, selon 'Ayyûb - l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dire : Le mort sera châtié à causes de certains gémissements poussés par les siens (sur sa recommandation)". émit ainsi un jugement sans restrictions, tandis que ajouta qu'il s'agissait de certains cas seulement. J'allai trouver 'Aïcha et lui raconta ce qu' Ibn 'Omar avait dit. - "Par Dieu! l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n'a jamais dit que le mort sera châtié à cause des larmes versées par quiconque. Mais il a dit plutôt que Dieu accroîtra le châtiment du mécréant à cause des pleurs que versent les siens à sa mort". Il suffit de retenir ces mots du Coran : et que c'est Lui qui a fait rire et qui a fait pleurer, Et nul ne portera le fardeau d'autrui.
Le défunt est châtié en raison des pleurs du vivant
Rapporté par Abdullah b. ‘Umar : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le défunt est puni à cause des lamentations des vivants. »
Les pleurs de la famille sur le mort
Rapporté par Hisham b. ‘Urwa, d’après son père : On mentionna à ‘Aïcha la parole d’Ibn ‘Umar : « Le défunt serait puni à cause des lamentations de sa famille sur lui. » Elle dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Abu ‘Abd al-Rahman (le surnom d’Ibn ‘Umar), il a entendu quelque chose mais ne l’a pas bien retenu. En réalité, le cercueil d’un Juif passa devant le Messager d’Allah ﷺ alors que sa famille se lamentait sur lui. Il dit alors : “Vous pleurez et il est en train d’être puni.” »
Le défunt est châtié dans sa tombe
Rapporté par Hisham, d’après son père : On rapporta à ‘Aïcha qu’Ibn ‘Umar avait transmis comme hadith attribué au Messager d’Allah ﷺ que le défunt serait puni dans la tombe à cause des lamentations de sa famille sur lui. Elle répondit : « Il s’est trompé. Le Messager d’Allah ﷺ a en fait dit : “Il est puni pour ses fautes ou ses péchés, et sa famille pleure sur lui maintenant.” (Cette confusion d’Ibn ‘Umar est semblable à sa parole : ) Le Messager d’Allah ﷺ s’est tenu près du puits où gisaient les corps des polythéistes tués le jour de Badr, et il leur a dit ce qu’il avait à dire, c’est-à-dire : “Ils entendent ce que je dis.” Mais il s’est trompé : le Prophète ﷺ a seulement dit : “Ils comprennent que ce que je leur disais était vrai.” » Elle récita ensuite : « Tu ne peux pas faire entendre les morts » (Coran 27:80), ni faire entendre ceux qui sont dans les tombes, ni les informer quand ils sont en Enfer
Al-Moughira : celui pour qui on se lamente sera puni par ces lamentations
Rapporté par ‘Ali b. Rabi’a : La première personne sur laquelle on s’est lamenté à Koufa fut Qaraza b. Ka’b. Mughira b. Shu’ba a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Celui pour qui on se lamente sera puni à cause de ces lamentations le Jour du Jugement.” »
Quatre pratiques de la Jahiliya que la communauté ne délaisse pas
D'après Abou Malik Al Ach'ari (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Il y a quatre choses qui sont présentes dans ma communauté et qui font partie des choses de la Jahiliya (1), ils ne les délaissent pas (2): le fait de se vanter de ses ancêtres, le fait de critiquer la généalogie, la demande de pluie aux astres et les lamentations. La femme qui fait des lamentations (3), si elle ne se repent pas avant sa mort, il lui sera mis le jour du jugement un habit de goudron et une armure de gale (4) ».
L'annonce de la mort d'Ibn Haritha, Ja'far et Ibn Rawaha
Rapporté par ‘Aïcha : Quand on a annoncé au Messager d’Allah ﷺ que Ibn Haritha, Ja’far b. Abu Talib et Abdullah b. Rawaha avaient été tués, il s’est assis, manifestant sa tristesse. Elle a dit : « Je le regardais à travers la fente de la porte. Un homme est venu lui dire que les femmes de Ja’far se lamentaient. Le Prophète ﷺ lui a ordonné d’aller leur interdire cela. Il y alla, puis revint et dit qu’elles n’avaient pas obéi. Il lui ordonna une deuxième fois d’y retourner et de leur interdire. Il y retourna, puis revint et dit : “Par Allah, Messager d’Allah, elles nous ont dépassés.” » ‘Aïcha dit qu’elle pensa que le Messager d’Allah ﷺ lui avait dit de leur jeter de la poussière à la bouche. Elle ajouta : « Qu’Allah t’humilie ! Tu n’as pas fait ce que le Messager d’Allah ﷺ t’a ordonné, ni empêché d’ennuyer le Messager d’Allah ﷺ. »
La promesse de ne pas se lamenter tenue par cinq femmes seulement
Rapporté par Umm ‘Atiyya : Le Messager d’Allah ﷺ a pris de nous, en même temps que l’allégeance, la promesse de ne pas nous lamenter. Mais seules cinq d’entre nous ont tenu cette promesse : Umm Sulaim, Umm al-‘Ala’, la fille d’Abu Sabra l’épouse de Mu’adh, ou la fille d’Abu Sabra et l’épouse de Mu’adh
Nous ne devons pas faire de lamentations...
D'après Oum 'Atiya (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) nous imposait (1) lors du serment d'allégeance que nous ne devions pas faire de lamentations (2).
Le serment d'allégeance qu'elles n'attribueront aucun associé à Allah
Rapporté par Hafsa, d’après Umm ‘Atiyya : Lorsque ce verset a été révélé : « Quand des femmes croyantes viennent à toi pour te prêter serment qu’elles n’associeront rien à Allah et ne te désobéiront pas dans le bien » (Coran 60:12), Umm ‘Atiyya dit : « Dans cet engagement, il y avait aussi l’interdiction de se lamenter. J’ai dit : Ô Messager d’Allah, sauf pour les membres d’une tribu qui m’ont aidée à l’époque préislamique, je n’ai pas d’autre choix que de les aider aussi. » Le Messager d’Allah ﷺ répondit : « Oui, mais seulement pour les membres de cette tribu. »