Sounan Abou Daoud — page 20
سنن أبي داود
Compilé par Abou Daoud as-Sijistânî. 509 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Pas de vœu, d'affranchissement ni de répudiation sur ce que l'on ne possède pas
ʽAmr ibn Shuʽayb relate de son père, qui rapporte de son propre père : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : "Le fils d'Adam ne peut faire de vœu pieux impliquant quelque chose qu'il ne possède pas, ni affranchir ce qu'il ne possède pas, ni répudier ce qui n'est pas sous son autorité." »
'Imran ibn Housayn et la répudiation ou la reprise sans témoins
ʽImrân ibn Ḥuṣayn (qu’Allah l'agrée, lui et son père) fut interrogé au sujet de l'homme qui divorce sa femme pour ensuite reprendre la vie conjugale [avec elle] sans faire témoigner à propos de son divorce, ni de sa reprise. Il a alors répondu : « Tu as divorcé d'une manière contraire à la Tradition Prophétique, et tu as aussi repris [ta femme répudiée] d'une manière contraire à la Tradition Prophétique. Prend donc des témoins en la répudiant, en la reprenant, et ne recommence pas ! »
L'homme qui avait déclaré sa femme interdite pour lui
Ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate qu'un homme vint trouver le Prophète (sur lui la paix et le salut) pour l'informer du fait qu'il avait dit à sa femme qu'elle était pour lui perpétuellement interdite - au même titre que le serait sa mère, sa sœur, ou sa tante - puis qu'il eut ensuite des rapports avec elle. Il dit : « Ô Messager d'Allah ! J'ai dit à ma femme qu'elle m'était perpétuellement interdite, mais j'ai eu des rapports sexuels avec elle avant d'expier ! - Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui demanda : Et qu'est-ce qui t'a poussé à faire une chose pareille, qu'Allah te fasse miséricorde ? - Il répondit : J'entrevis un bijou à ses chevilles à la lumière de la lune. - Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui dit alors : Ne l'approche plus avant d'avoir accompli ce qu'Allah t'a ordonné de faire ! »
Salama ibn Sakhr et le serment d'abstinence pendant le Ramadan
Salamah ibn Sakhr (qu'Allah l'agrée) a dit : « J'étais un homme qui s’adonnait plus que d'autres aux rapports sexuels avec les femmes. Et quand le mois de Ramadan est venu, je craignais d'avoir un rapport sexuel avec mon épouse, et cette envie demeurait avec moi jusqu'au matin. J'ai donc prononcé un serment d’abstinence (« Aẓ-Ẓihâr ») à son encontre jusqu'à la fin du mois de Ramadan. Mais, au cours d'une nuit durant laquelle elle me servait, j’aperçus une partie de son corps, et je ne pus me retenir de lui sauter dessus. Au matin, j’allai voir mon peuple et les informai de l'incident. Je dis : "Venez avec moi voir le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ! - Ils dirent : Non, par Allah !" Alors, je me rendis [seul] auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et l'informa. Il me dit alors : "L'as-tu vraiment fait, ô Salamah ? - Je répondis : Deux fois, ô Messager d'Allah ! Je serai patient face au jugement d'Allah. Prends donc une décision en ce qui me concerne selon ce qu'Allah t'aura montré. - Il dit : Libère un esclave ! - Je répondis : Par Celui qui t'a envoyé avec la Vérité, je ne possède aucun esclave mis à part moi-même ! Et je frappai la surface de mon cou. - Il dit : Jeûne alors deux mois consécutifs ! - Je répliquai : Ai-je commis cela en raison d'autre chose que le jeûne ?! - Il dit : Alors nourris soixante pauvres avec une corbeille de dattes ! - Je rétorquai : Par Celui qui t'a envoyé avec la Vérité, nous avons passé la nuit en étant atrocement affamé et nous n'avions chez nous aucune nourriture ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut)] a dit : Rends-toi chez le collecteur des aumônes de Banî Zurayq, et qu'il te la donne ! Nourris alors soixante pauvres avec un paanier de dattes, et toi et ta famille, mangez les dattes restantes !" Je revins alors chez mon peuple en leur disant : "J'ai trouvé auprès de vous la pauvreté et la mauvaise opinion, et j'ai trouvé auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) la prospérité et la bonne opinion. Et certes, Il m'a ordonné que vous me remettiez votre aumône !" »
« Ma femme n'empêche pas une main de la caresser » : « Éloigne-la ! »
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Un homme est venu au Prophète (sur lui la paix et le salut) et a dit : "Certes, ma femme n'empêche pas une main de caresser - Il a dit : Éloigne-la ! - Il a rétorqué : Je crains que mon âme ne la suive ! - Alors, il a répondu : Jouis d'elle donc !" »
Al-Fouray'a bint Malik : rester dans sa maison pendant la viduité
Al-Furayʽah bint Mâlik ibn Sinâne, la soeur de Abû Saʽîd Al-Khudrî (qu'Allah les agrée) relate qu'elle se rendit auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) afin de lui demander la permission de retourner dans sa famille, les Banû Khudrah, car son époux s'était fait tuer par des esclaves en fuite à la recherche desquels il était parti . Elle demanda donc à l'envoyé d'Allah (sur lui la paix et le salut) : « Puis-je retourner auprès de ma famille, mon mari n'ayant laissé aucune maison lui appartenant, ni de quoi m'entretenir ? - Ce à quoi le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répondit : Oui. » Elle poursuivit : « Je m'en allais donc, mais une fois arrivée à l'appartement, ou à la mosquée, il me rappela, ou ordonna qu'on me rappelle, et je fus invitée à revenir vers lui. Il me dit alors : "Qu'as-tu dit ?" Je lui répétai de nouveau l'histoire au sujet de mon mari, ce à quoi il me rétorqua : "Reste chez toi jusqu'à l'expiration du délai prescrit !" » Elle dit : « J'y ai donc passé ma période de viduité et de deuil durant quatre mois et dix jours. » Plus tard, lorsque ʽUthmân ibn ʽAffân (qu'Allah l'agrée) devint calife, il envoya une personne à ce sujet et je l'en informai ; il prit donc la décision d'en faire son avis et de l'appliquer dans les tribunaux.
'Amr ibn Al-'As : la viduité de l'esclave mère d'un enfant de son maître
Amr ibn Al-'Âṣ (qu'Allah l'agrée) a dit : « Ne semez pas la confusion en notre sein ! La Tradition de notre Prophète (sur lui la paix et le salut) concernant la période de viduité de la femme esclave, mère d'un enfant de son maître décédé, est de quatre mois et dix jours ! »
Les captives d'Awtas : pas de rapport avant l'accouchement ou un cycle
Abû Sa'îd Al-Khudrî (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit au sujet des captives de la bataille de Awṭâs : « Pas de rapport intime avec celle qui est enceinte, jusqu'à ce qu'elle accouche ; ni avec celle qui n'est pas enceinte, jusqu'à ce qu'elle ait une période de règles. »
Tu es plus en droit de le garder, tant que tu ne te remaries pas.
ʽAbdullah ibn ʽAmr ibn Al-ʽÂṣ (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate qu'une femme a dit : « Ô Messager d'Allah ! Cet enfant, mon ventre l'a porté, mon sein l'a nourri et mon giron l'a protégé. Son père m'a répudiée et il veut me l'enlever ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) lui dit : « Tu es plus en droit de le garder, tant que tu ne te remaries pas. »
Voici ton père et voilà ta mère, prends la main de celui avec lequel tu veux rester !
Abû Maymunah Salma était un esclave de gens de Médine et c'était un homme de vérité. Il a dit : « Pendant que j'étais assis avec Abû Hurayrah, une femme perse vint à lui avec son fils ; elle avait divorcé de son mari et tous les deux réclamaient [la garde de] l'enfant. Elle a alors dit en langue perse : "Ô Abâ Hurayrah ! Mon mari veut prendre mon fils ! - Abû Hurayrah répliqua dans sa langue : Tirez-donc au sort pour votre enfant ! - Alors, son mari vint et s'exclama : Qui me conteste à propos de mon fils ? - Abû Hurayrah dit alors : Ô Allah ! Je ne dis pas cela, sauf que j'ai entendu une femme qui est venue au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) pendant que j'étais assis auprès de lui, et elle a dit : 'Ô Messager d'Allah ! Mon mari veut emmener mon fils alors que celui-ci m'est utile et qu'il me puise de l'eau du puits d'Abû 'Inabah ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répondit : Tirez-donc au sort pour lui ! - Alors, son mari répliqua : Qui peut me contester à propos de mon fils ? - Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : Ô mon enfant ! Voici ton père et voilà ta mère, prends la main de celui avec lequel tu veux rester !'" L'enfant prit la main de sa mère et elle partit avec lui. »
Rafi' ibn Sinan et sa femme se disputent leur fille : « Appelez-la ! »
Râfi' Ibn Sinân (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a embrassé l'Islam tandis que sa femme refusa. Elle se rendit ensuite auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) et dit : « Ma fille est sevrée ou sur le point d'être sevrée ! - Râfi' répliqua : C'est ma fille ! - Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui a dit : Assieds-toi sur le côté ! » Ensuite, il fit asseoir la fille entre les deux parents et dit : « Appelez-la ! » La jeune fille se pencha vers sa mère, puis le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô Allah ! Guide-la ! » C'est alors que la fille se pencha vers son père qui l'emmena avec lui.
Il n'est permis de verser le sang d'un musulman que dans trois cas
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Il n'est pas permis de verser le sang d'un musulman témoignant qu'il n'est de divinité [digne d'adoration] qu'Allah et que Muḥammad est le Messager d'Allah, sauf dans trois cas : un homme qui commet l'adultère après avoir été marié, il doit être lapidé ; un homme qui sort [de l'Islam en apostasiant] combattant Allah et Son Messager, il doit être tué, crucifié ou exilé de son pays ; et un homme qui tue délibérément une âme, il doit être tué en punition de son crime. »
L'enfant de pauvres qui coupa l'oreille de l'enfant de riches
ʽImrân ibn Ḥuṣayn (qu'Allah l'agrée) relate qu'un enfant appartenant à des gens pauvres ayant coupé l'oreille d'un enfant appartenant à des gens riches, la famille du premier est venue au Prophète (sur lui la paix et le salut) et a dit : « Ô Messager d'Allah ! Nous sommes des gens pauvres...», et il ne lui a alors rien imposé.
Celui qui est tué dans la foule par une pierre, un fouet ou un bâton
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Pour quiconque est tué dans la foule par une pierre, un fouet ou un bâton, le prix du sang est celui de l'homicide accidentel ; et pour quiconque est tué délibérément, c'est le talion qui s'applique. Enfin, pour quiconque tente de s'interposer, que la malédiction d'Allah, des Anges et de l'ensemble de l'humanité soient sur lui ! »
Celui qui tue délibérément un croyant est remis à la famille de sa victime
Amr ibn Shu'ayb relate de son père, qui le tient de son grand-père, que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque tue délibérément un croyant sera remis à la famille de sa victime. Si elle veut, elle choisira son exécution ; et si elle veut, elle choisira le prix du sang. Celui-ci est de trente chameaux dans leur quatrième année, trente chameaux dans leur cinquième année, quarante chamelles pleines (de leurs petits en leur ventre) et aussi ce qu'ils auront négocié ensemble. »
Le sermon de la conquête de La Mecque : les privilèges de l'époque préislamique abolis
ʽAbdullah ibn ʽAmr (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a donné un sermon, le jour de la libération de La Mecque, et a dit : « Sachez que tout mérite évoqué ou réclamé, datant de la période préislamique, au sujet de sang versé ou de biens est sous mes pieds, à l'exception de l'approvisionnement en eau des pèlerins et de la garde de la Maison sacrée. » Puis, il a dit : « Le prix du sang pour l'homicide involontaire ressemblant à l'homicide volontaire, au moyen d'un fouet ou d'un bâton, est de cent chameaux dont quarante chamelles pleines [qui sont en gestation]. »
Quiconque soigne sans connaître la médecine en est responsable.
Abdullah ibn 'Amr (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à dit : « Quiconque soigne sans connaître la médecine en est responsable. »
Le prix du sang du mécréant ayant un pacte : la moitié de celui du musulman
ʽAbdullah ibn ʽAmr (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Le prix du sang pour un mécréant qui a un pacte avec les musulmans équivaut à la moitié du prix du sang pour un homme libre. »
Le prix du sang aggravé pour l'homicide involontaire
ʽAbdullah ibn ʽAmr (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Le prix du sang pour l'homicide involontaire est aggravé et équivaut à celui de l'homicide volontaire. Le coupable n'est pas tué, car c'est Satan qui l'a encouragé, et le prix du sang doit être versé aveuglément sans rancœur ni recours aux armes. »
Abou Rimtha et son père : « Nul crime à ton encontre et nul crime à son encontre ! »
Abû Rimthah (qu'Allah l'agrée) relate : « Je suis parti avec mon père auprès du Prophète (sur lui la paix et salut). Ensuite, le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) a demandé à mon père : "C'est ton fils celui-là ? - Il a répondu : Bien sûr, par le Seigneur de la Ka'bah ! - Il a demandé : Vraiment ? - Il a répondu : J'en témoigne ! » Alors, le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) a rigolé de l'embarras de mon père et de son juron me concernant. Puis, il a dit : "Nul crime à ton encontre et nul crime à son encontre !" Le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) a alors lu : {( Et personne ne portera le fardeau d’autrui. )} [Coran : 6/164]. »
Tué en défendant son bien, sa famille, son sang ou sa religion : un martyr
Sa'îd ibn Zayd (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et salut) a dit : « Quiconque est tué en défendant son bien est un martyr ; et quiconque est tué en défendant sa famille, son sang ou sa religion est un martyr. »
'Aïcha : la révélation de son innocence et la peine de la calomnie
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Lorsque [la preuve de] mon innocence a été révélée, le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'est tenu debout sur le minbar, il a évoqué celle-ci - c'est à dire, en lisant le [passage du] Coran [en question]. Puis, lorsqu'il est descendu du minbar, il a ordonné qu'on lui amène les deux hommes et la femme afin de leur appliquer leur peine de coups de fouet. »
Il n'y a pas d'amputation pour le trompeur, le spoliateur et le chapardeur.
Jâbir (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : "Il n'y a pas d'amputation pour le trompeur, le spoliateur et le chapardeur."
Pas d'amputation pour la graine du palmier, ni pour le cœur de celui-ci.
Muḥammad ibn Yaḥyâ ibn Ḥibbân relate qu'un esclave vola un petit palmier-dattier à partir du mur d'un homme. Ensuite, il le planta dans le jardin de son maître. Le propriétaire du petit palmier-dattier sortit alors à la recherche de son bien. Il le trouva et demanda alors à Marwân ibn Al Ḥakam, le gouverneur de Médine à cette époque, de convoquer l'esclave. Marwân emprisonna donc l'esclave et voulut lui couper la main. Le maître de l'esclave partit chez Râfi' ibn Khadîj et l'interrogea à propos de cette affaire. Celui-ci l'informa qu'il avait entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : « Pas d'amputation pour la graine du palmier, ni pour le cœur de celui-ci. » L'homme dit alors : « Marwan a pris mon garçon et il veut lui couper la main ! J'aimerais que tu viennes avec moi chez lui afin que tu l'informes de ce que tu as entendu du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Râfi' ibn Khadîj marcha donc avec lui jusqu'à parvenir auprès de Marwân ibn Al-Ḥakam. Là, Râfi' lui dit : « J'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : "Pas d'amputation pour la graine du palmier, ni pour le cœur de celui-ci." » Marwân ordonna donc de libérer l'esclave et de le renvoyer à son maître.