L'obligation de conseiller les dirigeants et la manière dont cela doit être fait
Sounan Abou Daoud · (Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°4944 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)
- Référence
- (Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°4944 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud)
- (رواه أبو داود في سننه رقم ٤٩٤٤ و صححه الشيخ الألباني في تحقيق سنن أبي داود)
- Abou Daoud dans ses Sounan n°4944
- Tome/page et numéro selon l'édition citée par la source.
- Authenticité
- authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud — Cheikh Albani
- Jugement tel que fourni par Hadith du Jour (hadithdujour.com).
Classement
Provenance
- Texte arabe : Hadith du Jour (hadithdujour.com).
- Traduction française : Hadith du Jour (hadithdujour.com), traducteur non indiqué par la source.
- Source : www.hadithdujour.com — fiche d'origine.
Ces textes sont reproduits sans modification. Notre méthode.
Dans le même recueil
Le croyant est le miroir du croyant
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le croyant est le miroir du croyant et le croyant est le frère du croyant. Il protège ce qu'il risque de perdre et le préserve en son absence ».
La prosternation lors de la récitation du Coran 7/10
D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) nous récitait une sourate en dehors de la prière et il se prosternait et nous nous prosternions avec lui au point où l'un d'entre nous ne trouvait pas d'endroit pour poser son front ».
S'ils sont séparés par un arbre, un mur ou un rocher...
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Lorsque l'un d'entre vous rencontre son frère qu'il lui passe le salam puis s'ils sont séparés par un arbre, un mur ou un rocher et qu'il le rencontre de nouveau qu'il lui passe encore le salam ». (*)
Il n'y a qu'un croyant faisant preuve de taqwa ou un pervers malheureux
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Certes Allah a fait partir de vous l'orgueil de la jahiliya (1) et la fierté relative aux ancêtres qu'il y avait à cette époque. Il n'y a qu'un croyant faisant preuve de taqwa (2) ou un pervers (3) malheureux (4). Vous êtes les fils de Adam (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) et Adam (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a été créé de terre. Par Allah ! Des gens vont délaisser leur fierté par rapport aux peuples car ils ne sont que des braises de la géhenne ou sinon ils vont devenir plus méprisable pour Allah que les scarabées qui lèvent les excréments avec leurs nez ».
Sur le même thème : La gouvernance et la justice
Les dirigeants sont à l'image du peuple 2/2
D'après 'Abdallah Ibn Mas'oud (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Vous allez certes voir après moi du favoritisme (1) et des choses que vous allez réprouver (2) ». Ils ont dit: Que nous ordonnes-tu ô Messager d'Allah ? Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Vous leur donnez leur droit (3) et vous demandez votre droit à Allah ».
Vous allez approuver certains de leurs actes et en réprouver d'autres
D'après Oum Salama (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Vous allez être dirigé par des gouverneurs dont vous allez approuver certains de leurs actes et en réprouver d'autres. Celui qui déteste ces actes s'est certes désavoué et celui qui les réprouve est certes préservé (1) ». Qatada (2) a dit : C'est à dire celui qui réprouve avec son coeur et déteste avec son coeur.
Comment le gouverneur musulman doit se comporter avec les biens des musulmans
D'après 'Otba Ibn Farqad (qu'Allah l'agrée) : J'ai porté des paniers de khabis (1) à 'Omar Ibn Al Khatab (qu'Allah l'agrée). Lorsque je les ai posé devant lui, il en a ouvert certains et a dit : « Ô 'Otba ! Est-ce que tous les musulmans trouvent de la nourriture comme celle-là ? ». J'ai dit : Ô chef des croyants ! Ceci est une chose pour les gouverneurs uniquement. Il a dit : « Enlève moi çà, je n'en ai pas besoin ». Alors que j'étais auprès de lui, il a demandé qu'on lui apporte son repas et on lui a apporté de la viande dure et du pain sec. J'ai pris un morceau que je pensais être un morceau de graisse du dos du chameau mais il s'agissait d'un morceau de l'articulation du cou et au moment où il n'a pas fait attention à moi, je l'ai mis entre moi et l'endroit où on posait la nourriture (2). Puis il a demandé qu'on lui apporte une boisson de raisins qui a tellement fermenté qu'il est presque devenu du vinaigre. Il l'a mélangé et une fois mélangé il en a bu et m'en a donné à boire. Puis il a dit : « Ô 'Otba ! Certes chaque jour nous sacrifions un chameau. Le haut de la cuisse et les meilleurs morceaux sont pour les gens d'autres régions qui nous rendent visite ainsi que pour les musulmans et le cou est pour nous. Nous mangeons cette viande dure que tu as vu et nous buvons après cette boisson de raisins fermentés pour qu'elle vienne la couper dans nos ventres ».
Mélangez-vous à eux avec vos corps et séparez-vous d'eux avec vos actes
D'après Abou Sa'id Al Khoudri (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) s'est levé parmi nous et a fait un sermon durant lequel il a dit : « Certes je suis sur le point d'être appelé et je vais répondre (1). Vous allez être dirigés après moi par des gens qui disent ce qu'ils savent et qui mettent en pratique ce qu'ils connaissent. Le fait d'obéir à ceux-là est une obéissance (2). Ils vont rester un temps comme cela puis vous allez être dirigés par des gens après eux qui vont dire ce qu'ils ne savent pas et vont agir par ce dont ils n'ont pas connaissance. Celui qui les assiste, les aide et les soutient alors ceux-là vont tomber dans la perdition et y faire tomber les gens. Mélangez-vous à eux avec vos corps et séparez-vous d'eux avec vos actes et attestez que celui qui a bien agit à effectivement bien agit que celui qui a mal agit a effectivement mal agit ».
Explication
Mais de quelle manière ce conseil doit-il être pratiqué ?
La réponse à cette question est que le conseil doit-être fait de manière cachée et non de manière apparente en divulguant au grand jour les manquements des gouverneurs.
Voici quelques textes sur le sujet :
D'après 'Iyad Ibn Ghounm (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui veut conseiller le dirigeant, qu'il ne le fasse pas en public mais qu'il le prenne plutôt par la main et qu'il s'isole avec lui.
S'il accepte son conseil ceci est l'objectif et s'il refuse alors il aura accomplie ce qui lui incombe ».
(Rapporté par Ibn Abi 'Asim dans Kitab As Sounna n°1096 et authentifié par Cheikh Albani dans Dhilal Al Janna Fi Takhrij As Sounna)
عن عياض بن غنم رضي الله عنه قال رسول الله صلّى الله عليه و سلّم : من أراد أن ينصح لذي سلطان فلا يبده علانية و لكن يأخذ بيده فيخلوا به فإن قبل منه فذاك و إلاّ كان قد أدّى الذي عليه
(رواه ابن أبي عاصم في كتاب السنة رقم ١٠٩٦ و صححه الشيخ الألباني في ظلال الجنة في تخريج كتاب السنة)
D'après Sa'id Ibn Jamhan : Je me suis rendu auprès de 'Abdallah Ibn Abi Awfa (qu'Allah les agrée lui et son père) alors qu'il avait perdu la vue et je lui ai passé le salam.
Il a dit: Qui es-tu?
J'ai dit: Je suis Sa'id Ibn Jamhan.
Il a dit: Qu'est devenu ton père?
J'ai dit: Les Azariqa (*) l'ont tué.
Il a dit: Qu'Allah maudisse les Azariqa ! Qu'Allah maudisse les Azariqa!
Puis il a dit: J'ai entendu le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) dire: « Ce sont les chiens du feu ».
J'ai dit: Les Azariqa seulement ou tous les Khawarijs?
Il a dit: Plutôt tous les Khawarijs.
J'ai dit: Certes le dirigeant est injuste avec les gens et il leur fait telle et telle chose.
Il a alors pris ma main. Il l'a serré fort puis a dit: Ô Ibn Jamhan! Je te recommande le groupe le plus nombreux, je te recommande le groupe le plus nombreux.
Si le dirigeant t'écoute alors rends-toi à lui dans sa maison et informe le de ce que tu sais.
S'il accepte alors c'est ce qui est recherché, sinon laisse le; et certes tu n'es pas plus savant que lui.
(Rapporté par l'imam Ahmed dans son Mousnad n°19415 et authentifié par l'imam Al Haythami dans Majma' Az Zawaid vol 5 p 230 et par Cheikh Moqbil dans Sahih Al Mousnad Min Dalail An Noubouwa p 608)
(*) C'est un groupe parmi les Khawarijs.
Les Khawarijs sont une secte égarée dont les principaux égarement sont:
- le fait de juger les gens qui commettent des grands péchés en dessous de l'association comme étant des mécréants
- le fait de se rebeller et de prendre les armes contre les gouverneurs musulmans
عن سعيد بن جمهان قال : أتيت عبدالله بن أبي أوفى رضي الله عنهما وهو محجوب البصر فسلّمت عليه
فقال : من أنت ؟
قلت : أنا سعيد بن جهمان
قال : ما فعل والدك ؟
قلت : قتلته الأزارقة
قال : لعن الله الأزارقة ! لعن الله الأزارقة !
ثمّ قال : سمعت رسول الله صلّى الله عليه وسلّم يقول : كلاب النّار
قلت : الأزارقة وحدهم أو الخوارج كلّها ؟
قال : بل الخوارج كلّها
قلت : فإن السلطان يظلم النّاس ويفعل بهم ويفعل
فتناول بيدي فغمزها غمزة شديدة ثمّ قال : يا ابن جمهان ! عليك بالسواد الأعظم عليك بالسواد الأعظم
فإن كان السّلطان يسمع منك فائته في بيته فأخبره بما تعلم فإن قبل منك وإلاّ فدعه فإنّك لست بأعلم منه
(رواه أحمد في مسنده رقم ١٩٤١٥ و صححه الهيثمي في مجمع الزوائد ٢٣٠/٥ و حسنه الشيخ مقبل في صحيح المسند من دلائل النبوة ص ٦٠٨)
D'après Sa'id Ibn Joubayr : J'ai dit à 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père): Dois-je ordonner le bien à mon dirigeant?
Il a dit: « Si tu crains qu'il ne te tue alors non. Mais si tu le fais, alors fais le entre toi et lui et ne fais pas de médisance (*) à l'encontre de ton dirigeant ».
(Rapporté par Al Bayhaqi dans Chou'ab Al Iman n°7186 et authentifié par Cheikh Abdel Salam Ibn Barjess dans son ouvrage Mou'amatoul Houkam p 131)
(*) La médisance a été définie par le Messager d'Allah (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) comme étant le fait de dire sur un musulman une chose qu'il n'aimerait pas entendre et ceci même si ce qui est dit est vrai. Voir le lien suivant : Qu'est ce que la médisance ?
عن سعيد ابن جبير قال : قلت لعبدالله بن عباس رضي الله عنهما : آمر إمامي بالمعروف ؟
قال : إن خشيت أن يقتلك فلا فإن كنت فاعلاً ففيما بينك و بينه و لا تغتب إمامك
(رواه البيهقي في شعب الإيمان رقم ٧١٨٦ و صححه الشيخ عبد السلام بن برجس في كتابه معاملة الحكام ص ١٣١)
Remarque :
Dans le texte précédent, il a été mentionné l'interdiction de faire de la médisance sur les dirigeants.
Les savants mentionnent que la médisance la plus grave est celle qui est faite sur les savants et sur les dirigeants.
Cheikh 'Otheimine a dit : « Certes la médisance faite sur les savants et les dirigeants est plus grave, entraîne vers un résultat plus mauvais et a un effet plus dévastateur sur l'unité de la société que la médisance faite sur les autres personnes ».
(Woujoub Ta'a As Sultan Fi Gheyr Ma'siya Ar Rahman p 43)
L'imam Ibn Daqiq Al 'Id (mort en 702 du calendrier hégirien) a dit : « L'honneur des musulmans est un trou parmi les trous de l'enfer et les savants du hadith et les gouverneurs se tiennent debout au bord de ce trou (*) ».
(Al Iqtirah Fi Bayan Al Asah p 453)
(*) C'est une image pour dire que les savants et les gouverneurs sont les gens sur qui beaucoup de médisance est commise qui vont donc « pousser » beaucoup de gens en enfer.
(Fatawa Nour 'Ala Darb de Cheikh Al Khudeir n°49 à 15 minutes)
Explication reproduite sans modification — Source : www.hadithdujour.com (page d'origine).