Sahih Mouslim — page 93
صحيح مسلم
Compilé par Mouslim ibn al-Hajjâj. 2 623 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Il n'est pas un Prophète qui n'ait mis en garde sa communauté contre le borgne imposteur.
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate : « Il n'est pas un Prophète qui n'ait mis en garde sa communauté contre le borgne imposteur. Il est certes borgne ! Alors que votre Seigneur, à Lui la Puissance et la Grandeur, n’est pas borgne ! Entre ses yeux, il est écrit : « Ka-Fa-Ra ».
L'avare et le donateur, comme deux hommes en armure de fer
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate : « L’avare et le donateur sont à l’image de deux hommes dont chacun porte une armure de fer qui lui couvre la poitrine. A chaque fois que le donateur dépense, elle recouvre sa peau, jusqu’à couvrir le bout de ses orteils et à traîner derrière lui. Mais, à chaque fois que l’avare veut dépenser quelque chose, chaque maille reste à sa place, il essaie de la détendre, mais elle ne se détend pas. »
Celui qui trouve son bien chez un homme en faillite a plus de droit de le récupérer
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate : « Celui qui trouve son bien chez un homme - ou un individu - déclaré en faillite, est le plus en droit de le récupérer que quiconque. »
Le palmier acheté après pollinisation : les fruits reviennent au vendeur
‘Abdallah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Celui qui achète un palmier après pollinisation, ses fruits reviennent au vendeur, sauf condition préalable émise par l’acheteur. »
Celui qui usurpe un empan de terre
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque usurpe un empan de terre, Allah le lui mettra au cou en un collier de sept terres. »
Le « amine » qui coïncide avec celui des anges efface les péchés passés
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate : « Lorsque l’imam dit : " Âmîn ! ", dites : " Âmîn ! ". Car celui dont le " Âmîn ! " aura correspondu à celui des Anges, on lui pardonnera ses péchés passés. »
« Qui est-ce ? » : la femme qui parlait à 'Aïcha de ses prières
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) entra chez elle alors qu’une femme était présente et demanda : " Qui est-ce ? " ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) répondit : " C’est une telle qui me parle au sujet de ses prières. " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Accomplissez des actes dont vous êtes capables ! Par Allah ! Allah ne se lasse point jusqu’à ce que vous ne vous lassiez ! " Et ce qu'il préférait de la religion était ce qui était pratiqué avec constance et régularité.
Hanzala : « Hanzala a succombé à l'hypocrisie ! »
Abû Rib'î Ḥanẓalah ibn Rabî' AAl-Usayyidî (qu'Allah l'agrée), l'un des scribes du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) me rencontra et demanda : " Comment vas-tu, ô Ḥanẓalah ? - Je répondis : Ḥanẓalah a succombé à l'hypocrisie ! - Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) s'exclama : Gloire et Pureté à Allah ! Que dis-tu là ? - J'expliquai : Quand nous sommes auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), il nous rappelle l'Enfer et le Paradis et c'est comme si nous les voyions. Mais lorsque nous quittons le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), nous nous préoccupons des épouses, des enfants et des occupations terrestres et nous oublions beaucoup ! " Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) déclara : " Par Allah ! Nous avons le même problème ! " Je partis avec Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) et nous entrâmes auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Je dis : " Ḥanẓalah a succombé à l'hypocrisie, ô Messager d'Allah ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) demanda : De quoi s'agit-il ? - Je répondis : - Ô Messager d'Allah ! Quand nous sommes avec toi, tu nous rappelles l'Enfer et le Paradis et c'est comme si nous les voyions. Mais lorsque nous te quittons, nous nous préoccupons des épouses, des enfants et des occupations terrestres et nous oublions beaucoup ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : " Par Celui qui détient mon âme en Sa Main, si vous demeuriez dans le même état qu'en ma compagnie et durant le rappel, les Anges vous serreraient la main dans vos lits et sur vos chemins. Cependant, ô Ḥanẓalah ! Il y a un temps pour chaque chose. " Il le répéta à trois reprises. »
Ne pas aller au-devant des commerçants ; qu'un citadin ne vende pas pour un bédouin
‘Abdullah ibn 'Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) dit : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit d’aller à la rencontre des commerçants venus vendre leurs marchandises et qu’un citadin vende pour le compte d'un bédouin. Je demandai à ibn ‘Abbâs : " Que signifie sa parole : 'qu’un citadin vende pour le compte d'un bédouin.' ? " Il répondit : " Qu’il ne fasse pas l’intermédiaire. " »
L'interdiction de la mouzabana
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit : « Al-muzâbanah », c’est-à-dire : le fait que l’homme ne vende les fruits de son jardin, s’il s’agit de dattes, contre une certaine mesure de dattes, ou s’il s’agit de raisins, contre une certaine mesure de raisins et s’il s’agit de blé, contre une certaine mesure de blé. Il a interdit le tout. »
Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit : « Ash-Shighâr ».
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit : « Ash-Shighâr ».
L'interdiction de la mounabadha et de la moulamasa
Abû Sa'îd al-Khudrî (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit : « al-Munâbadhah », qui consiste à ce que l’homme jette son vêtement pour le vendre à un autre, avant que celui-ci ne le manipule et ne le regarde. Et il a interdit : « al-Mulâmasah », qui consiste à ce que l’homme touche le vêtement sans le regarder. »
Ne pas vendre les fruits avant qu'ils ne mûrissent
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit de vendre les fruits avant qu’ils ne mûrissent. On demanda alors : « Que signifie mûrir ? - Il répondit : Qu’ils deviennent rouges. Puis, il ajouta : Que diriez-vous si Allah retenait les fruits ? Par conséquent, de quel droit quelqu’un s’autorise-t-il les biens de son frère ? " »
Ne pas vendre les fruits avant que leur qualité soit évidente
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit de vendre les fruits avant qu’ils ne soient mûrs et il a interdit cela aussi bien au vendeur qu’à l’acheteur. »
Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a interdit la vente et le don de l’alliance.
ʽAbdallah ibn ʽUmar (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a interdit la vente et le don de l’alliance.
L'interdiction de vendre ce qu'engendrera une femelle encore dans le ventre de sa mère
‘Abdallah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit de vendre ce qu’engendrera une femelle encore dans le ventre de sa mère. Ce type de vente était pratiquée à l’époque préislamique. On achetait un chameau qui serait engendré par le fœtus qui était encore dans le ventre d’une chamelle. » Il a même été dit que la chamelle âgée était vendue à condition qu’elle mette bas une femelle qui elle-même mette bas, après quoi seulement la bête était livrée.
L'expédition d'Abou 'Oubayda : une datte à la fois
Abû ‘Abdillah Jâbir ibn ‘Abdillah (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) les envoya en mission en plaçant Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) à leur tête en vue d’intercepter une caravane de Quraysh. Il raconte : « [Pour cette mission] Il nous a fourni un sac de dattes et il n’avait rien trouvé d’autre. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) nous donnait une datte à la fois ! » Abu Az-Zubayr (qu’Allah l’agrée) demanda : « Comment faisiez-vous ? » Jâbir (qu’Allah l’agrée) répondit : « Nous la sucions comme le fait un enfant, puis nous buvions de l’eau par-dessus. Elle nous suffisait toute la journée jusqu’au soir. Nous faisions aussi tomber les feuilles des arbres avec nos bâtons et les humections pour les manger ! » Jâbir (qu’Allah l’agrée) poursuivit : « Nous longeâmes le littoral et voilà que sur la plage apparut une espèce d’énorme dune. Nous y allâmes et c’était une bête qu’on appelle « Al-Ḥût », un cachalot [ou une baleine]. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) déclara : « C’est une bête morte ! » Puis, il se ravisa : « Non ! Nous sommes les envoyés du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et dans la voie d’Allah. Vous êtes dans la nécessité, alors mangez-en ! » Nous demeurâmes un mois à en manger et nous étions trois cents. Nous prîmes même du poids ! Je nous vois encore puiser du gras de la cavité de son œil avec des cruches et en découper des morceaux comme des taureaux - ou aussi gros que des taureaux. Abû ‘Ubaydah (qu’Allah l’agrée) choisit treize hommes parmi nous et les fit asseoir dans la cavité de son œil, alors il prit une de ses côtes qu’il fit dresser, puis sella la plus grande de nos montures et la fit passer en dessous. Nous fîmes des provisions avec des tranches séchées de sa viande. Lorsque nous arrivâmes à Médine, nous nous rendîmes chez le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et nous lui fîmes part de notre découverte. Il déclara : « C’est une subsistance qu’Allah a fait sortir pour vous. Reste-t-il encore de sa viande afin que vous nous en donniez à manger ? » Nous en envoyâmes alors une part au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui la mangea. »
L'aumône d'une datte acquise licitement, accueillie de la main droite d'Allah
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate : « Celui qui fait aumône de la valeur d’une datte d’un bien licitement acquis, et Allah n’accepte que ce qui est bon et licite, Allah accueille certes son don de Sa Main droite. Ensuite, Il le fera croître et augmentera sa récompense pour celui qui en est l'auteur, à l'image de l’un d'entre vous qui élève son poulain, si bien que cette datte finira par devenir aussi grande qu’une montagne ! »
Le ḥadith de l'intercession
Ḥudhayfah ibn Al-Yamân et Abû Hurayrah (qu’Allah les agrée) relatent que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Allah, Béni et Exalté soit-il, rassemblera les gens et les croyants se lèveront pour qu'on rapproche d'eux le Paradis. Ils iront voir Adam (sur lui la paix) et diront : " Ô, notre père ! Demande qu'on nous ouvre le Paradis ! - Il dira : et qu'est-ce qui vous a fait sortir du Paradis, si ce n'est le péché de votre père ? Je ne suis pas la personne qu'il faut, allez plutôt voir mon fils Abraham, l'ami proche d'Allah ! " Ils iront voir Abraham, qui dira : " Je ne suis pas la personne qu'il faut, je ne suis l'ami proche d'Allah que de très loin ; allez plutôt voir Moïse, à qui Allah a réellement parlé ! " Ils iront voir Moïse, qui dira : " Je ne suis pas la personne qu'il faut, allez plutôt voir Jésus, la parole d'Allah et Son souffle ! " Jésus dira : " Je ne suis pas la personne qu'il faut ! " Ils iront voir Muḥammad (sur lui la paix et le salut), qui se lèvera et à qui on donnera l'autorisation. Aussi, on enverra la responsabilité et le lien familial, qui se tiendront à droite et à gauche du pont. Le premier d'entre vous passera comme l'éclair. Je dis : " Par mon père et ma mère, que signifie passer comme l'éclair ? - Il dit : n'avez-vous pas vu comme il passe et s'en retourne en un clin d'œil ? Puis, comme le vent, puis comme passent les oiseaux et comme courent les hommes ; ils iront en fonction de leurs œuvres. Pendant ce temps, votre Prophète sera debout, sur le pont, il dira : ' Seigneur ! Épargne-les ! Épargne-les! ' Jusqu'à ce que les œuvres des serviteurs n'y arrivent plus, au point où viendra un homme qui n'avancera qu'en rampant. Aux bords du pont se trouvent des crochets suspendus et qui reçoivent l'ordre de saisir certaines personnes. Certains s'en sortiront blessés et d'autres seront précipités en Enfer. " Par celui qui tient l'âme d'Abû Hurayrah dans sa main ! La profondeur de l'Enfer est de soixante-dix automnes ! »
Le Prophète ﷺ achète de la nourriture à un juif et lui laisse son armure en gage
ʽÂ'ishah bint Abî Bakr (qu'Allah l'agrée, elle et son père) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) acheta à un juif de la nourriture et lui remit son armure en gage.
« Louange à Allah qui nous a nourris, nous a abreuvés et nous abrite »
Anas Ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate que lorsque le Prophète (sur lui la paix et le salut) se mettait au lit, il disait : « Louange à Allah qui nous a nourris, nous a abreuvés, nous suffit et nous abrite ! Et combien de gens n’ont personne pour leur suffire ou les abriter ! »
Sa'd ibn Abi Waqqas malade : le testament limité au tiers
Saʽd ibn Abî Waqqâṣ (qu'Allah l'agrée) a dit : « Au cours du Pèlerinage d'adieu, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se rendit à mon chevet lors d'une maladie qui faillit me tuer. Je dis : " Ô Messager d'Allah! Ma maladie a atteint le stade que tu vois. Je suis fortuné et je n'ai qu'une seule fille pour héritière. Donnerais-je les deux tiers de mes biens en aumône? - Non ! répondit le Prophète (sur lui la paix et le salut). - Donnerais-je alors la moitié ? demandai-je. - Non ! répliqua le Prophète (sur lui la paix et le salut). Le tiers ! Et le tiers c'est beaucoup ! Laisser tes héritiers riches est préférable que de les laisser pauvres, demandant la charité aux gens. Tu n'effectues aucune dépense en recherchant l'agrément d'Allah sans que tu en sois récompensé, serait-ce la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse ! " Je demandai : " Ô Messager d'Allah ! Ferais-je défaut à mes compagnons après leur retour (à Médine)? " Il répondit : " Tu ne survivras point sans que, pour toute œuvre que tu accompliras en recherchant l'agrément d'Allah, tu sois élevé en degrés et en dignité. Il se peut aussi que tu survives afin que ta présence profite à certains et nuise à d'autres. Ô Allah ! Achève l'hégire de mes Compagnons et ne les ramène pas en arrière ! Mais le malheureux est bien Sa'd ibn Khawlah. » (Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) fut peiné et attristé pour Sa'd, car il décéda à la Mecque.)
Interdiction de l'orgueil et de la vanité et explication de leurs conséquences néfastes
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Alors qu'un homme marchait vêtu d'un ensemble, plein de vanité, la tête peignée et se pavanant, Allah l'engloutit. Si bien qu'il s'enfoncera dans la terre jusqu'au Jour de la Résurrection. »
L'homme sur sa monture et l'appel à donner son surplus
Abû Sa’îd Al-Khudrî (qu’Allah l’agrée) a dit : « Tandis que nous étions en voyage en compagnie du Prophète (sur lui la paix et le salut), un homme se présenta à lui sur sa monture. Il se mit à tourner son regard à droite et à gauche. Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : " Quiconque possède une monture en plus, qu'il la donne à celui qui n’en a pas ! Quiconque possède un surplus de provisions, qu'il le cède à celui qui n’en a pas ! " Il évoqua des types de biens qu’il cita [au fur et à mesure] au point que nous pensâmes que personne d’entre nous n’avait le droit de posséder de surplus. »