Sahih al-Boukhari — page 167
صحيح البخاري
Compilé par Muhammad ibn Ismâ'îl al-Boukhârî. 4 125 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Abou Jouma'a : « Y a-t-il quelqu'un qui aura une récompense plus immense ? »
Ibn Jubayr relate : « Abû Jumu'ah Al-Anṣârî est venu à nous et a dit : " Nous étions avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et Mu'âdh ibn Jabal était la dixième des dix [personnes présentes avec nous], nous avons alors demandé : Ô Messager d'Allah ! Y a-t-il quelqu'un qui aura une récompense plus immense que la nôtre ? Nous avons cru en toi et nous t'avons suivi. - Il a répondu : Et qu'est-ce qui vous empêcherait de cela alors que le Messager d'Allah est parmi vous et que la Révélation descend à vous du ciel ? Plutôt, il y a des gens qui viendront après vous et à qui leur parviendra un Livre entre deux reliures, ils y croiront et œuvreront selon ce qu'il s'y trouve, ces gens-là auront une récompense plus immense que la vôtre ! »
Abou Bakr confie à Zayd ibn Thabit le rassemblement du Coran
Zayd ibn Thâbit Al-Anṣârî (qu'Allah l'agrée), qui était l'un des scribes de la Révélation, a dit : « Durant les évènements qui virent la mort de plusieurs des gens d'Al-Yamâmah, Abû Bakr envoya quelqu'un me chercher, alors que 'Umar était auprès de lui, il a dit : " 'Umar m'est venu et a dit : 'Le jour d’Al-Yamâmah, plusieurs lecteurs [du Coran] ont péri et je crains que la mort ne fauche largement [les autres] lecteurs du Coran dans d'autres combats et qu'une grande partie du Coran ne se perde. J'estime que tu dois donner l'ordre pour commencer à compiler le Coran !' Abû Bakr a alors dit à 'Umar : 'Comment pourrais-je faire une chose que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'a pas fait de son vivant ? - 'Umar répondit : Par Allah ! Ce serait une bonne chose [à faire] !' Il insista auprès de moi jusqu'à ce qu'Allah ouvre ma poitrine [à cette idée] et que je finisse par être convaincu de l'avis de 'Umar. " Zayd ibn Thâbit Al-Anṣârî (qu'Allah l'agrée) a dit : " À cet instant, 'Umar était assis auprès d'Abû Bakr, ne disant aucun mot quand ce dernier me dit : 'Certes, tu es un jeune homme, raisonnable et nous ne t'accusons de rien que ce soit ! C'est toi qui transcrivais la Révélation pour le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ; rassembles-en les diverses parties et fais-en une compilation !' " - Par Allah ! S'il m'avait demandé de déplacer une montagne cela aurait été moins grave que de m'ordonner de réunir le Coran. Alors, je leur ai dit : " Comment oseriez-vous entreprendre une chose que le Prophète (sur lui la paix et le salut) n'a pas faite ? " Abû Bakr répliqua : " Je le jure par Allah, c’est un bien ! " Je n'ai cessé d’examiner l'affaire jusqu'à ce qu'Allah ouvre ma poitrine [à ce pour quoi] Il l'avait fait pour Abû Bakr et 'Umar. Je me mis alors à rassembler les diverses parties du Coran en me basant sur ce qui avait été mis par écrit sur des morceaux de cuir, des omoplates, des feuilles de palmiers, et en me référant aussi à la mémoire des hommes. C'est ainsi que je trouvai deux versets de la sourate : le Repentir (At-Tawbah) chez Khuzaymah Al-Anṣârî que je n'ai trouvé nulle part ailleurs et chez aucune autre personne. Il s'agit des deux derniers versets : {( Certes, un Messager, pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, plein de sollicitude pour vous, compatissant et miséricordieux envers les croyants. Alors, s'ils se détournent, dis : « Allah me suffit. Il n'y a de divinité [digne d'adoration] que Lui. En Lui je place ma confiance et Il est le Seigneur du Trône immense. » )} [Coran : 9/128 -129]. Les Feuillets sur lesquels on avait rassemblé les diverses parties du Coran restèrent chez Abû Bakr jusqu'à sa mort. Ensuite, ils furent déposés chez 'Umar et, à la mort de ce dernier, chez Ḥafṣah, la fille de 'Umar. " »
Houdhayfa alerte 'Othman sur les divergences de récitation
Ibn Shihâb relate qu’Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) lui a dit : « Ḥudhayfah ibn Al-Yamân rendit visite à 'Uthmân après avoir participé à une expédition militaire avec les troupes du Shâm, soutenues par l'armée irakienne, pour la conquête de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan. Ḥudhayfah était effrayé par la divergence dans les récitations du Coran [entre les soldats des deux régions]. Il dit à 'Uthmân : " Ô Commandeur des croyants ! Viens au secours de cette communauté avant qu'elle n'entre en désaccord sur le Livre comme l'ont été les juifs et les chrétiens sur leurs écritures ! " Sur ce, 'Uthmân envoya quelqu'un chez Ḥafṣah lui demandant de lui remettre les Feuillets du Coran afin d'en faire des copies et qu'il les lui rendrait après. Ḥafṣah les envoya à 'Uthmân qui ordonna à : Zayd ibn Thâbit, 'Abdulllah ibn az-Zubayr, Sa'îd ibn Al-'Âṣ et 'Abd Ar-Raḥmân ibn Al-Ḥârith ibn Hishâm de les recopier et d'en faire plusieurs copies manuscrites. S'adressant à ces trois personnages qui étaient de la tribu de Quraysh, 'Uthmân dit : " Si vous êtes en désaccord avec Zayd ibn Thâbit sur quelque chose du Coran, écrivez-le d'après le dialecte de Quraysh. En effet, c'est dans ce dialecte que le Coran a été révélé ! " Ils s'y conformèrent et, lorsque les copies furent terminées, 'Uthmân remit alors les Feuillets à Ḥafṣah puis distribua les copies [du Muṣḥaf] dans chacune des diverses provinces. Il donna aussi l'ordre que tout feuillet ou volume contenant du Coran [excepté ce qui venait d'être compilé] soit brûlé. »
Après la prière du maghrib, on pouvait voir où tombait sa flèche
Râfi' ibn Khadîj Al-Anṣârî al-Awsî (qu'Allah l'agrée) relate : « Lorsque nous accomplissions la prière du couchant (« ṣalâtu-l-maghrib ») avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) et qu'une personne repartait, elle pouvait voir là où ses flèches tombaient. »
Celui qui rattrape une rak'a de l'aube avant le lever du soleil
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Celui qui accomplit une inclinaison de la prière de l'aube (« ṣalâtu-ṣ-ṣubḥ ») avant que le soleil ne se lève, aura accompli la prière de l'aube dans son heure. Celui qui accomplit une inclinaison de la prière du milieu de l'après-midi (« ṣalâtu-l-‘aṣr ») avant que le soleil ne se couche, aura accompli la prière du milieu de l'après-midi dans son heure. »
La prière de la fête avant le prêche, sans appel ni iqama
Jâbir ibn ʽAbdillah (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « J'ai assisté à la prière de la fête (« ṣalâtu-l-‘îd ») avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Il débuta par la prière avant le prêche, sans appel à la prière et sans annoncer le début de celle-ci. Puis il se tint debout, appuyé sur Bilâl, ordonna de craindre Allah et incita à Lui obéir. Il exhorta les gens et leur fit le rappel. Ensuite, il marcha jusqu'aux femmes. Il les exhorta, leur fit le rappel et dit : " Faîtes des aumônes, car vous représentez la première source du bois de l'Enfer ! " Une femme assise au milieu des autres et dont le visage était ridé et mâte, se leva et dit : " Pourquoi, ô Messager d'Allah ? - Il répondit : Car vous vous plaignez trop et oubliez les bienfaits d'autrui à votre égard ! " [Jâbir] dit : " Elles se mirent à donner des aumônes de leurs parures telles que des bracelets et des bagues, qu'elles mettaient dans le vêtement de Bilâl. »
La marche jusqu'au point d'eau : « si Allah le veut, demain »
Abû Qatâdah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) nous fit un sermon et dit alors : " Certes, vous marcherez tout l'après-midi, puis vous arriverez à un point d'eau, si Allah le veut, demain. " Les gens se mirent donc en route, personne ne prêtant attention à l'autre. Abû Qatâdah continua : Alors que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avançait, la nuit tomba et je me trouvais à côté de lui. Il s'assoupit (sur lui la paix et le salut), pencha et faillit tomber de sa monture. Je vins lui servir d'appui, sans toutefois le réveiller, jusqu'à ce qu'il reprenne bien place sur sa monture. Il continua alors la marche jusqu'à ce qu'une grande partie de la nuit se soit écoulée et à nouveau il pencha et faillit tomber de sa monture. Je vins [encore] lui servir d'appui sans le réveiller jusqu'à ce qu'il reprenne bien place sur sa monture. Il poursuivit encore la route et dans les derniers instants de la nuit, il pencha beaucoup plus que les deux premières fois et fut sur le point de chuter. Encore une fois, je vins lui servir d'appui. Il leva la tête et demanda : " Qui est-ce ? - Abû Qatâdah ! répondis-je. - Et depuis quand poursuis-tu la marche en m'aidant de la sorte ? - Je n’ai pas cessé de marcher ainsi durant toute la nuit, répondis-je. - Il dit alors : Qu'Allah te garde comme tu as gardé Son Prophète ! " Puis, il demanda : " Crois-tu que nous soyons hors de vue des gens ? " Ensuite, il poursuivit : " Vois-tu quelqu'un ? - Je répondis : Voici un cavalier ! " Puis, j’ai dit : " En voilà un autre ! " Nous nous réunîmes jusqu'à être au nombre de sept cavaliers. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'écarta alors de la route, posa sa tête et dit : " Veillez à ce que nous accomplissions notre prière ! " Le premier à se réveiller fut le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) qui avait le soleil dans le dos. Nous nous réveillâmes en sursaut et il nous enjoignit : " En selle ! " Alors nous montâmes et reprîmes la marche jusqu'à ce que le soleil fût bien haut. Puis, il descendit et réclama le récipient pour les ablutions que j'avais avec moi, celui-ci contenait un peu d'eau. Il a alors accompli ses ablutions autrement qu’à l’accoutumée en laissant un peu d’eau. Ensuite, il a dit à Abû Qatâdah : " Garde ton récipient qui sert aux ablutions ! Il fera l'objet d'un signe. " Ensuite, Bilâl fit l'appel à la prière [du matin comme il le faisait quotidiennement]. Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) pria deux unités de prière puis il fit la prière du matin en faisant ce qu’il a l’habitude de faire chaque jour. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) monta alors en selle et nous montâmes aussi avec lui. Certains se mirent alors à chuchoter à d'autres : " Quelle est l'expiation pour notre négligence vis-à-vis de notre prière ? " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) demanda : " N'avez-vous pas en moi un modèle à suivre ? " Puis, il poursuivit : " En fait, il n'y a aucune négligence dans le sommeil. La négligence concerne celui qui n'accomplit pas la prière jusqu'à ce que l'heure de la suivante arrive. Quiconque est dans ce cas, qu'il accomplisse la prière dès qu'il s'en rend compte ! Et si c’est le lendemain, qu'il l'accomplisse alors à son heure ! " Puis, il demanda : " Que croyez-vous que les gens ont fait ? " Ensuite, il a dit : " Au matin, les gens n'ont pas trouvé leur Prophète. Abû Bakr et 'Umar ont dit : " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) est derrière vous et il n'est point tel à vous laisser derrière lui. " Mais certains ont soutenu : " [Plutôt] Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) est devant vous. " Or, s'ils obéissent à Abû Bakr et à 'Umar, ils seront bien guidés." Le narrateur a dit : " Nous rejoignîmes le groupe au milieu de la journée à l'heure où tout était chaud, tandis qu'ils disaient : " Ô Messager d'Allah ! Nous allons périr, nous avons soif ! - Mais, il déclara : Aucune perte pour vous ! " Puis, il a dit : " Apportez-moi mon bol ! " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) réclama alors le récipient des ablutions, il se mit à verser de l'eau alors qu'Abû Qatadâh leur donnait à boire. Dès que les gens virent de l'eau dans le récipient, ils s'y précipitèrent. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a alors dit : " Comportez-vous bien ! Chacun de vous sera désaltéré ! " Le narrateur a dit : " Ils agirent donc de la sorte. " Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) versait de l'eau et je leur donnais à boire jusqu'à ce qu'il ne restât que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et moi. Puis, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) versa de l'eau et me dit : " Bois ! - Je ne boirai pas tant que tu n'auras pas bu, ô Messager d'Allah ! Dis-je. - Il reprit : Quiconque sert à boire aux gens est le dernier d'entre eux à boire ! - Je bus alors, puis le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) but. Ensuite, les gens atteignirent le point d'eau, en forme et désaltérés. " Le narrateur a dit : 'Abdullah ibn Rabâḥ a dit : " Je racontais ce hadith dans la grande mosquée [de Kufa] quand 'Imrân ibn Ḥusayn intervint : " Fais attention à ce que tu racontes, ô jeune homme ! Car j'étais l'un des cavaliers lors de cette nuit. -Je déclarai : Tu es donc mieux informé sur le hadith. - Il demanda : De quel peuple es-tu ? - Je répondis : Des Anṣâr ! - Il répliqua : Raconte ! Car vous êtes les mieux informés de vos récits. " Et je continuai la narration aux gens. 'Imrân dit alors : " J'étais présent cette nuit-là, mais je ne pensais pas que quelqu'un mémoriserait cet événement comme tu l'as fait ! " »
Prier dans un seul vêtement : ample, s'y envelopper ; étroit, en faire un pagne
Sa’îd ibn Al-Ḥârith (qu’Allah l’agrée) relate : « Lorsque nous interrogeâmes Jâbir ibn ‘Abdillah concernant le fait de prier dans un seul vêtement, il répondit : " Alors que j’étais parti avec le Prophète (sur lui la paix et le salut) au cours de l’un de ses voyages, j’allai à sa rencontre, de nuit, pour lui parler de quelque chose et je le trouvai en train de prier. Je n’avais qu’un seul vêtement, dans lequel je me m’enveloppai alors, pour prier à côté de lui. Lorsqu’il termina la prière, il me demanda : " Qu’est-ce qui t’amène, ô Jâbir ? " Je lui parlai alors de mon affaire et lorsque j’eus terminé, il m’a dit : " Quelle est cette façon de s’envelopper que j’ai vu ? - Je répondis : Je n’ai trouvé qu’un seul vêtement et il est trop serré ! - Alors, il m’a dit : Lorsqu’il est ample, enveloppe-toi dedans ! Et lorsqu’il est étroit, met-le comme un pagne ! » Et dans une version de Muslim : « Lorsqu’il est ample, rabats un côté sur l’autre ! Et lorsqu’il est étroit, accroche-le à ta taille ! »
La prière surérogatoire sur la monture, l'obligatoire à terre face à la qibla
Jâbir ibn 'Abdillah (qu'Allah l'agrée, lui et son père) dit : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) priait sur sa monture, quelle que soit la direction qu'elle prenait ; mais lorsqu'il voulait faire la prière obligatoire, il descendait et se tournait vers la Qiblah. »
« Dire Soubhanallah est réservé aux hommes, frapper des mains aux femmes »
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Dire : " SubḥânaLlâh ! ", Gloire et Pureté à Allah ! [dans la prière] est réservé aux hommes et frapper des mains est réservé aux femmes. »
« Ce Coran a été révélé selon sept lettres »
Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) relate : « J'ai entendu Hishâm ibn Ḥakîm réciter la sourate : « Al-Furqân », le Discernement [Coran : 25] du vivant du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). En écoutant attentivement sa récitation, je remarquai qu'elle comportait de nombreuses variantes que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ne m'avait pas fait entendre. J'allais l'interrompre mais je me retins jusqu'à ce qu'il eût terminé sa prière. Alors, je le tirai violemment par le col de sa tunique - ou de ma tunique - et lui dit : " Qui t'a appris cette manière de réciter cette sourate ? - Il répondit : C'est le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) qui me l'a apprise. - Je répliquai : Tu mens ! - Alors, il a dit : Par Allah ! Certes, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) m'a appris autrement cette sourate que je t'ai écouté réciter ! " Puis, je le traînai jusqu'au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et j’ai dit : " Ô Messager d'Allah ! Certes, j'ai entendu cet homme réciter la sourate : « Al-Furqân », avec des variantes d'articulation qui ne correspondent pas à ce que tu m'as enseigné. - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : Lâche-le, ô 'Umar ! Et récite, ô Hishâm ! " Il lui récita la même lecture que je venais d'entendre et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " C'est ainsi que cette sourate fut révélée ! " Puis, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : " Récite, ô 'Umar ! " Je récitai donc, puis il m’a dit : " C'est ainsi que cette sourate fut révélée ! Certes, ce Coran a été révélé selon sept lettres (« Aḥruf »), récitez-en ce que vous pouvez ! " »
Dix ans à La Mecque à recevoir la révélation, dix ans à Médine
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) et Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relatent : « Certes, le Prophète (sur lui la paix et le salut) résida à La Mecque et y reçut la Révélation du Coran durant dix ans. Ensuite, il résida à Médine et y reçut la Révélation du Coran pendant dix ans. »
Ibn 'Abbas : le Prophète ﷺ n'a laissé que ce qui est entre les deux couvertures
Abd Al-'Aziz ibn Rufay' relate : « Je suis entré avec Shaddâd ibn Ma'qil chez Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père). Il lui a alors demandé : " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a-t-il laissé quelque chose ? - Il répondit : Il n'a laissé que ce qui est entre les deux couvertures [du Coran]. " Il a dit : Nous rendîmes visite à Muḥammad ibn Al-Ḥanafiyyah et lui posâmes la même question. Il répondit : " Il n'a laissé que ce qui est entre les deux couvertures [du Coran]. " »
Al-Harith ibn Hicham : « Comment la révélation te vient-elle ? »
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Al-Ḥârith ibn Hishâm (qu'Allah l'agrée) interrogea le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et lui demanda : " Ô Messager d'Allah ! Comment la Révélation te vient-elle ? - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répondit : Parfois, elle me vient comme le tintement d'une cloche, et c'est ce qui est le plus dur pour moi. Lorsqu’elle prend fin, j'ai déjà tout assimilé. Et parfois, c'est un Ange prenant l'aspect d'un homme qui me parle, et je saisis alors ce qu'il dit. " ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) a dit : " Un jour de grand froid, je l'ai vu recevoir la Révélation et lorsqu’elle prit fin, son front dégoulinait de sueur. " »
« Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation »
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a dit au sujet de la Parole du Très-Haut : {( Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation ! )} [Coran : 75/16] : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) éprouvait beaucoup de peine lors de la Révélation. Il remuait les lèvres. » Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) m'a alors dit : « Je les remuerai pour toi comme le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) les remuait ! » et il remua ses lèvres. Sa'îd dit alors : « Je les remue comme Ibn 'Abbâs les remuait ! » Ainsi remua-t-il les lèvres. Allah, Élevé et Exalté soit-Il, révéla alors : {( Ne remue pas ta langue pour hâter sa récitation ! C'est à Nous qu'il incombe de le rassembler [dans ta poitrine] et de te le faire réciter. )} [Coran : 75/16-17]. Il a dit : « Le rassembler dans ta poitrine, puis que tu le récites ! » {( Et donc, lorsque Nous le récitons, suis sa récitation. )} [Coran : 75/18]. Il a dit : « Écoute attentivement et observe le silence ! Puis, c'est à Nous qu'il incombe de te le faire réciter ! » Il a continué : « Dès lors, lorsque Jibrîl (sur lui la paix) venait, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'écoutait ; et à son départ, le Prophète (sur lui la paix et le salut) le récitait comme Jibrîl [paix sur lui] le lui avait récité. »
Ya'la demande à voir le Prophète ﷺ au moment où il reçoit la révélation
Ṣafwân ibn Ya’lâ relate : « Ya’lâ a dit à ‘Umar (qu'Allah l'agrée) : " Montre-moi le Prophète (sur lui la paix et le salut) au moment où il reçoit la Révélation. " Il a dit : " Pendant que le Prophète (sur lui la paix et le salut) était à Ji’irrânah avec un groupe de ses Compagnons, un homme vint à lui et demanda : ‘Ô Messager d’Allah ! Que dis-tu d’une personne qui s’est sacralisé en vue d’une ‘Umrah et est maculé de parfum ?’ Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) resta silencieux un moment puis la Révélation lui vint. ‘Umar (qu'Allah l'agrée) fit alors un geste à Ya’lâ [afin qu’il vienne] et ce dernier vint. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) avait sur lui un vêtement qui l’ombrageait, il entra donc sa tête et [vit] le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), le visage rouge, qui respirait fortement. Ensuite, on lui ôta le vêtement et il demanda : ‘Où est celui qui a interrogé à propos de la ‘Umrah ?’ On amena la personne et il [lui] dit alors : ‘Lave trois fois le parfum sur toi et ôte la tunique que tu portes. Ensuite, accomplis lors de ta ‘Umrah ce que tu accomplis lors de ton Pèlerinage.’ J’ai demandé à ‘Aṭâ’ : ‘Signifiait-il par-là le nettoyage lorsqu’il lui a ordonné de le laver trois fois ? - Il a répondu : Oui !’ " »
Tu as eu en partie raison et tu as eu en partie tort.
Ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Un homme vint au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et lui dit : " Cette nuit, j’ai vu en songe un nuage qui laissait tomber en gouttes du beurre et du miel et les gens se sont précipités pour les recueillir dans leurs paumes, certains en prirent beaucoup tandis que d’autres en prirent peu. Lorsque tout à coup une corde lia le ciel à la Terre et je te vis saisir cette corde et t’élever [dans les airs]. Ensuite, un autre homme vint et s’est [aussi] saisi de la corde et s’éleva également. Puis, un autre homme vint encore qui s’est [aussi] saisi de la corde et s’éleva grâce à elle. Enfin, un troisième homme vint, il s’est saisi de la corde mais celle-ci s’est rompue puis elle s’est de nouveau liée [et il put finalement s’élever dans les airs.] Abû Bakr dit alors : " Ô Messager d’Allah ! Toi pour qui je sacrifierai mon père, par Allah, laisse-moi donner l’interprétation de ce songe ! - Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit : Interprète-le ! - Il a dit : Le nuage c'est l’Islam ; le miel et le beurre qui en tombent, c’est le Coran et sa douce saveur qui tombent ; certains en prennent beaucoup, tandis que d’autres peu. Quant à la corde liant le ciel à la Terre, c’est la Vérité sur laquelle tu es [et que tu nous as apportée] et en t’y attachant, Allah t’a élevé. Après toi, un homme viendra et se saisira de cette corde [de la Vérité] et grâce à elle, il s’élèvera [lui aussi]. Un autre homme viendra ensuite, s’en saisira et s’élèvera [lui aussi]. Enfin, un autre homme viendra, il se saisira de la corde mais celle-ci se rompra puis se liera de nouveau et alors l’homme s’élèvera. Ô Messager d’Allah ! Toi pour qui je sacrifierai mon père, informe-moi si j’ai eu raison ou si j’ai eu tort ? - Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a alors dit : Tu as eu en partie raison et tu as eu en partie tort ! - Il [Abû Bakr] dit : Par Allah ! Ô Messager d’Allah, je t’en prie, dis-moi en quoi je me suis trompé. - Il [lui] répondit : Ne jure pas ! " »
« Qu'il est mauvais de dire : J'ai oublié tel verset »
D'après 'Abdullah ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée), le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Qu'il est mauvais pour l'un d'entre-vous de dire : "J'ai oublié tel et tel verset ! ", on le lui a plutôt fait oublier. Remémorez-vous donc le Coran car il est plus prompt à s’échapper de la poitrine des hommes que les chameaux [de leur enclos]. " »
Réciter le Coran tant que les cœurs sont en accord
Jundub ibn 'Abdillah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Récitez le Coran tant que vos cœurs sont en accord. Et lorsque vous êtes en désaccord, alors levez-vous ! »
« J'ai cinq noms »
Jubayr ibn Muṭ'im (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : " J'ai cinq noms : Je suis Muḥammad, Aḥmad, Al-Mâḥî, celui par qui Allah efface la mécréance, je suis Al-Ḥâshir, celui après qui les gens seront ressuscités, et je suis Al-'Âqib. " »
Repousser celui qui veut passer devant soi pendant la prière
Abû Sa’îd Al-Khudrî (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Lorsque l'un d'entre vous prie devant une chose qui le sépare des gens et qu’une personne souhaite passer devant lui, qu’il la repousse. Si elle insiste, qu’il la combatte, car ce n’est rien d'autre qu’un démon ! » Et dans une version : « Lorsque l’un d’entre vous prie, qu’il ne laisse personne passer devant lui ! S’il persiste, alors qu’il le combatte ! Car : "Al-Qarîn", le djinn accompagnant chaque être humain, est avec lui ! »
L'interdiction de prier les mains sur les flancs
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a interdit à l'homme d'accomplir la prière en ayant les mains posées sur les flancs. »
'Aïcha : mettre ses mains sur les flancs, c'est ce que font les juifs
ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) répugnait voir un fidèle poser ses mains sur son flanc, et elle disait : « C’est ainsi que les juifs font dans leur prière ! »
Ne pas enlever les cailloux pendant la prière
Abû Dhar (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Lorsque l'un d'entre vous se lève en prière, la miséricorde lui fait face, qu'il n'enlève pas les cailloux. » Et Mu'ayqîb (qu'Allah l'agrée) relate : « Concernant l'homme qui aplanit le sol à l'endroit où il se prosterne, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : "Si tu dois l'essuyer, contente-toi d'une seule fois !" »