Sahih al-Boukhari — page 152
صحيح البخاري
Compilé par Muhammad ibn Ismâ'îl al-Boukhârî. 4 125 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
« Qui mérite le plus ma bonne compagnie ? » : « Ta mère »
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate qu’un homme vint trouver le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et lui demanda : « Ô Messager d’Allah ! Quelle est la personne qui mérite le plus que je lui tienne bonne compagnie ? - Ta mère, répondit le Prophète (sur lui la paix et le salut). - Ensuite qui ? continua l’homme. - Ta mère ! répéta le Prophète (sur lui la paix et le salut). - Ensuite qui ? poursuivit l'homme. Ta mère ! réitéra le Prophète (sur lui la paix et le salut). - Ensuite qui ? demanda-t-il - Ton père ! conclut le Prophète (sur lui la paix et le salut). Rapporté par al-Bukhârî et Muslim. Dans une autre version : « Ô Messager d’Allah ! Quelle est la personne qui mérite le plus qu’on entretienne des bonnes relations avec elle ? » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) répondit : « Ta mère, puis ta mère et encore ta mère. Ensuite, ton père. Et enfin, du plus proche au plus proche. »
« Quiconque me voit en rêve me verra à l'état d'éveil »
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque me voit en rêve me verra à l’état d'éveil - ou : c’est comme s’il m’avait vu à l’état d’éveil - car le diable ne prend pas mes traits. »
La révélation intensifiée à l'approche de la mort du Prophète ﷺ
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate au sujet du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) : « Certes Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, intensifia la fréquence de la Révélation sur le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) à l’approche de sa mort et jusqu’à ce qu’il décède. Lors de ce laps de temps, elle fut plus soutenue qu’à l’ordinaire. »
Ibn 'Omar pendant la disette : « N'en mangez pas deux à la fois »
Jabalah ibn Suḥaym a dit : « Nous fûmes éprouvés par une année de disette sous le califat d'ibn Zubayr. Alors que nous reçûmes des dattes, 'Abdullah ibn 'Umar (qu'Allah l’agrée, lui et son père) passa près de nous et dit en nous voyant manger : « N'en mangez pas deux à la fois ! Car le Prophète (sur lui la paix et le salut) a interdit cette pratique ! » Puis, il ajouta : « Sauf si l'homme demande la permission à son frère. »
Le lait coupé d'eau : le bédouin à droite, Abou Bakr à gauche
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l'agrée) relate qu’on apporta au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) du lait coupé avec de l’eau. Il y avait un bédouin à sa droite et Abû Bakr à sa gauche (qu’Allah les agrées tous les deux). Après avoir fini de boire, le Prophète (sur lui la paix et le salut) donna le récipient au bédouin en disant : « Celui à droite, puis celui à droite. »
Quel excellent homme est 'Abdullah ! Si seulement il priait la nuit !
Sâlim ibn 'Abdillah ibn 'Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah les agrée) relate d'après son père que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quel excellent homme que 'Abdullah ibn 'Umar ! Si seulement il priait la nuit ! » Sâlim ibn 'Abdillah (qu'Allah les agrée) a dit : « Par la suite, 'Abdullah (qu'Allah l'agrée) ne dormait que très peu la nuit. »
Voici Jibrîl qui te salue !
ʽ‘ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) m’a dit : « Voici Jibrîl qui te salue ! » Elle dit : « J’ai dit : « Que le salut et la miséricorde d’Allah ainsi que Ses bénédictions lui soient accordés ! » Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans certaines versions d’Al-Bukhârî et de Muslim, les termes : « Ses bénédictions » ont été cités alors que dans d’autres, ils n’y figurent pas. L’ajout de la part d’un rapporteur de confiance est accepté.
Le Messager d'Allah ﷺ reprenait son souffle trois fois en buvant
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) avait l'habitude, lorsqu’il buvait, de reprendre son souffle à trois reprises.
Ibn Mas'oud : « J'ai songé à m'asseoir et à le laisser »
Ibn Mas'ûd (qu'Allah l'agrée) a dit : « Une nuit, j'accomplis la prière avec le Prophète (sur lui la paix et le salut). Il se tint si longtemps en prière que je fus sur le point de commettre une mauvaise chose. » On demanda : « Qu'as-tu songé à faire ? » Il répondit : « J'ai songé à m'asseoir et laisser le Prophète (sur lui la paix et le salut) continuer tout seul. »
Le Prophète ﷺ délaissait une œuvre qu'il aimait, de crainte qu'elle devienne obligatoire
La mère des croyants, ʽ‘ishah (qu’Allah l’agrée), relate qu’il arrivait que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) délaisse une œuvre, alors qu’il aimait la pratiquer, de crainte que les gens ne la pratiquent à leur tour et qu’elle devienne obligatoire pour eux.
L'eau qui a passé la nuit dans une gourde
Jâbir (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) entra chez un homme parmi les Anṣâr qui était avec l’un de ses compagnons. Là, il a dit : « Aurais-tu de l’eau qui a passé la nuit dans une grande gourde ? Sinon, nous boirons à même l’eau. »
Le Prophète ﷺ achète un chameau à Jabir et ajoute au poids
Jâbir (qu’Allah l’agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui acheta un chameau, il le pesa pour lui et ajouta à son poids.
J’en suis plus digne que toi ! Soyez indulgents envers Mon serviteur !
Ḥudhayfah (qu’Allah l’agrée) a dit : « On présenta à Allah, Exalté soit-Il, l’un de Ses serviteurs à qui Il avait accordé la richesse et Il lui demanda : « Qu’as-tu fait sur terre ? ». Il dit : {(Et ils ne sauront cacher à Allah aucune parole.)} [Coran : 4/42] L'homme répondra : « Ô Seigneur ! Tu m’as accordé de Ta richesse, je vendais aux gens et l’indulgence faisait partie de mes habitudes. Ainsi, j’accordais des facilités au débiteur aisé et un délai à celui qui était en difficulté. » Allah, Exalté soit-Il, dit alors : « J’en suis plus digne que toi ! Soyez indulgents envers Mon serviteur ! » ʽUqbah ibn ʽÂmir et Abû Masʽûd Al-Anṣârî (qu’Allah les agrée) dirent : « C’est ainsi que nous l’avons entendu de la bouche du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) ! »
'Omar : la révélation a cessé, nous vous jugeons selon vos actes apparents
‘Abdallah ibn ‘Utbah ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) relate que ‘Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée) a dit : « Du vivant du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), la Révélation dévoilait les gens. Aujourd’hui, elle a cessé. Nous vous jugeons donc selon vos actes apparents. Quiconque nous manifeste du bien, nous lui faisons confiance et nous le rapprochons sans chercher à sonder ses intentions. Allah le jugera au sujet de ce que renferme réellement son cœur. Et quiconque nous manifeste du mal, nous nous méfions de lui et nous ne le croyons pas. »
Ce feu est votre ennemi. Lorsque vous dormez, éteignez-le.
Abû Mûsâ Al-Ash'arî (qu'Allah l'agrée) relate : « Une nuit, à Médine, une maison brûla avec ses habitants. Lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) en fut informé, il dit : « Ce feu est votre ennemi. Lorsque vous dormez, éteignez-le ! »
Ne porte de la soie que celui qui n’a aucune part !
‘Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ne portez pas de soie ! Car celui qui en porte ici-bas n'en portera pas dans l'au-delà. » Et dans une autre version : « Ne porte de la soie que celui qui n’a aucune part ! » Et dans une version de al-Bukhârî : « ... celui qui n’a aucune part dans l’au-delà ! »
À la mort du Prophète ﷺ, un peu d'orge sur l'étagère de 'Aïcha
ʽ‘ishah (qu’Allah l’agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) mourut alors que sur mon étagère il n’y avait rien qui puisse être consommé par un être vivant, si ce n’est un peu d’orge sur une étagère. J’en mangeais au point de commencer à trouver le temps long. Puis je l’ai pesé, et il s’épuisa. »
Les aumônes portées sur le dos et ceux qui les dénigraient
Abû Masʽûd ‘Uqbah ibn ‘Amr al-Anṣârî al-Badrî (qu’Allah l’agrée) relate : « Lorsque le verset sur l’aumône a été révélé, nous amenâmes les aumônes sur notre dos. Un homme amena une très grande aumône, ils dirent alors : " C’est un faux dévot ! " Puis un autre amena un boisseau en aumône, ils dirent alors : " Allah n’a que faire du boisseau de cet homme ! " Il fut alors révélé le verset : {(Certains d’entre eux dénigrent et raillent aussi bien les croyants qui font bénévolement de généreuses aumônes que ceux qui n’en font que selon leurs faibles moyens.)} [Coran : 9/79]. »
Khabbab : « Pourquoi n'implores-tu pas pour nous le secours d'Allah ? »
Abû 'Abdillah Khabbâb ibn al-Art (qu’Allah l’agrée) relate : « Nous nous plaignîmes au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui était à l'ombre de la Ka'bah, la tête posée sur son manteau, en disant : « Pourquoi n'implores-tu pas pour nous le secours d'Allah ? Pourquoi ne pries-tu pas pour nous ? - Il dit : Parmi les peuples qui vous ont précédés, il arrivait que l’on prenne un homme, que l’on creuse un trou dans la terre puis qu’on le mette dedans. Ensuite, on apportait une scie que l'on posait sur sa tête et on le coupait en deux. On le peignait avec des peignes de fer, jusqu'à atteindre sa chair et ses os. Et pourtant, cela ne le détournait pas de sa religion. Je jure par Allah qu’Il donnera très certainement prédominance à l'Islam, si bien qu'une personne sur sa monture ira de Ṣanʽâ‘ à Ḥaḍramawt sans craindre quoi que ce soit, si ce n'est Allah et le loup qui menace ses moutons, mais vous êtes des gens pressés ! » Dans une version : « La tête posée sur son manteau, alors que nous souffrions du mal des polythéistes ».
Le Prophète ﷺ dormait au début de la nuit et priait à la fin
ʽÂ’ishah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) dormait au début de la nuit et se levait à la fin de celle-ci pour prier.
La prière allégée en entendant les pleurs d'un enfant
Abû Qatâdah et Anas ibn Mâlik (qu’Allah les agrées) relatent que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : «Certes, j’entame la prière en désirant la prolonger, puis j’entends les pleurs d’un enfant, alors je l’allège car il m’est détestable de causer des difficultés à sa mère. »
Les bédouins : « Embrassez-vous vos enfants ? »
ʽ‘ishah (qu’Allah l’agrée) a dit : « Un groupe de bédouins vint chez le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) et ils lui demandèrent : " Embrassez-vous vos enfants ? - Il répondit : Oui ! - Ils dirent : Par contre nous, je jure par Allah que nous ne les embrassons jamais ! " Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Que puis-je faire si Allah a retiré la miséricorde de vos cœurs ? " »
« Quelle aumône est la mieux rétribuée ? » : en bonne santé, avare, craignant la pauvreté
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate qu’un homme vint questionner le Prophète (sur lui la paix et le salut) : « Quelle aumône est la mieux rétribuée ? » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) répondit : « C’est l’aumône que tu fais lorsque tu es en bonne santé, avare, que tu crains la pauvreté et souhaites la richesse, et sans attendre que le moment où l’âme remonte à la gorge au cours de son dernier souffle pour dire : " Donnez tant à untel, tant à tel autre, et que cela revienne à untel ! " »
Abou Talha et son jardin Bayraha', son bien le plus précieux
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate qu’Abû Ṭalḥah (qu’Allah l’agrée) possédait des biens en palmiers plus que tout autre Anṣâr à Médine. Son bien le plus précieux était « Bayraḥâ‘ » située en face de la mosquée. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) s’y rendait et buvait de son eau douce. Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) ajouta : « Lorsque ce verset fut révélé : {(Vous n’atteindrez la bonté que lorsque vous dépenserez ce que vous aimez.)} [Coran : 3/92] Abû Ṭalḥah (qu’Allah l’agrée) se leva et se dirigea vers le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) en disant : « Ô Messager d’Allah ! Certes, Allah, Exalté soit-Il, t’a révélé : {(Vous n’atteindrez la bonté que lorsque vous dépenserez ce que vous aimez.)} et mon bien le plus précieux est « Bayraḥâ‘ ». Je la donne en aumône pour Allah, Exalté soit-Il, et j’en espère le bien et la récompense auprès de Lui. Disposes-en comme tu le souhaites, ô Messager d’Allah ! » Il lui dit alors : « Félicitations ! Voilà une richesse prospère ! Voilà une richesse prospère ! J’ai bien entendu ce que tu as dit. Cependant, je vois que tu devrais plutôt le dépenser au profit de tes proches.». Alors, Abû Ṭalḥah (qu’Allah l’agrée) a dit : « Je la partagerai entre eux, ô Messager d’Allah ! » Et c’est ainsi qu’Abû Ṭalḥah (qu’Allah l’agrée) répartit cette palmeraie entre ses proches et ses cousins paternels.