Sahih al-Boukhari — page 145
صحيح البخاري
Compilé par Muhammad ibn Ismâ'îl al-Boukhârî. 4 125 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Les deux entourages de chaque prophète et de chaque représentant
Abû Sa'îd Al-Khudrî (qu'Allah l'agrée) et Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relatent que le Prophète (sur la paix et le salut) a dit : « Allah n’envoie pas de Prophète et ne désigne pas de représentant sans que celui-ci ne se retrouve avec deux entourages : un entourage qui va lui conseiller et l'inciter à faire le bien, et un autre entourage qui va lui conseiller et l'inciter à faire le mal. N’est à l’abri que celui qu’Allah préserve ».
Houdhayfa : les deux récits sur le dépôt descendu dans le cœur des hommes
Ḥudhayfah ibn Al-Yamân (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) nous a fait deux récits. J’ai été témoin de l’un des deux et j’attends l’autre. Il nous a raconté que le dépôt (« Al-Amânah ») est descendu dans la racine du cœur des hommes. Puis, le Coran est descendu et ils ont appris du Coran aussi bien que de la Tradition (« As-Sunnah »). Ensuite, il nous a raconté comment ce dépôt sera enlevé : « L’homme plongera dans un sommeil et on ôtera le dépôt de son cœur, de sorte qu’il n’en restera qu’une trace semblable à un point. Puis, il dormira et on ôtera le dépôt de son cœur. La trace qui en subsistera sera celle d’une ampoule comparable à la cloque produite par un charbon ardent que tu fais rouler sur ta jambe. Tu la vois s’enfler alors qu’il n’y a rien à l’intérieur - Le Prophète (sur lui la paix et le salut) prit alors un caillou et le fit rouler sur sa jambe - Au lendemain, les gens commerceront entre eux et presque personne ne s’acquittera du dépôt, au point où l’on dira : « Chez la tribu des Banî Untel, il y a un homme digne de confiance ! » Si bien que l’on dira d’un homme : « Qu’il est endurant ! Qu’il est aimable ! Qu’il est intelligent ! » Cependant, dans son cœur, il n’y aura même pas le poids d’un grain de moutarde de foi. Fut un temps où je ne me souciais guère de savoir avec lequel d’entre vous je commerçais. S’il était musulman, alors c’est sa religion qui le contraignait [au respect du dépôt] et s’il était chrétien ou juif, alors c’est son chef qui l’y forçait. Mais, aujourd'hui, je ne commercerai plus qu’avec Untel et Untel parmi vous ! »
La marche rapide pendant les trois premiers tours, face aux polythéistes de La Mecque
ʽAbdullah ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et ses Compagnons se rendirent à la Mecque, les polythéistes dirent : « Des gens que la chaleur de Yathrib a affaiblis viennent à vous ! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) leur ordonna alors d'accélérer le pas durant les trois premiers tours et de marcher entre les deux piliers. Rien ne les empêcha de marcher rapidement pendant tous les tours hormis le fait qu'il ne voulait pas les épuiser. »
« Peut-on dormir en état d'impureté majeure ? »
Abdullah ibn 'Umar (qu'Allah l’agrée, lui et son père) relate que 'Umar demanda au Prophète (sur lui la paix et le salut) : « Ô Messager d'Allah ! Peut-on dormir en état d'impureté majeure ? - Oui, dit-il, si on fait les ablutions avant ! »
L'entrée à La Mecque par Kada', la colline la plus élevée
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) est entré à La Mecque par Kadâ`, par la colline la plus élevée qui se situe à Al-Bathâ’ et il est sorti par la colline la plus basse. »
Ibn 'Omar voit le Prophète ﷺ faire ses besoins tourné vers la Syrie, dos à la Ka'ba
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Un jour, je suis monté sur la demeure de Ḥafṣah et j’aperçus le Prophète (sur lui la paix et le salut) qui faisait ses besoins, tourné vers la Syrie, dos à la Ka’bah. » Et dans une version : « tourné vers Jérusalem. »
Ibn 'Omar : le Prophète ﷺ ne touchait que les deux coins yéménites
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) a dit : « Je n’ai jamais vu le Prophète (sur lui la paix et le salut) toucher une partie de la Maison [Sacrée] à l'exception des deux coins yéménites. »
En quittant 'Arafat : « Faites preuve de quiétude ! »
ʽAbdullah ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a dit : « Alors que le Prophète (sur lui la paix et le salut) était sur le point de quitter ʽArafât, il entendit derrière lui des gens qui se bousculaient violemment et se battaient ainsi que des chameaux qui blatéraient. Il pointa alors son fouet vers eux et dit : « Ô vous, les gens ! Faîtes preuve de quiétude ! Car la bonté ne se trouve certainement pas dans l'empressement ! »
Un bédouin vint et se mit à uriner dans un coin de la mosquée.
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate : « Un bédouin vint et se mit à uriner dans un coin de la mosquée. Les gens commencèrent à l’apostropher mais le Prophète (sur lui la paix et le salut) le leur défendit. Lorsque le bédouin eut terminé, le Prophète (sur lui la paix et le salut) ordonna [qu’on amène] un seau d’eau et qu’on en verse le contenu sur l'urine ».
La route de l'arbre et celle d'Al-Mou'arras entre Médine et La Mecque
‘Abdullah ibn ‘Umar (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) sortait de Médine pour aller à La Mecque en empruntant la route de l’arbre (près de Dhûl Ḥulayfah) et entrait par celle d’Al-Mu’arrass. Et en arrivant à La Mecque, il entrait par le défilé supérieur et sortait par le défilé inférieur.
Abou Bakr : « Faites preuve d'égard envers Muḥammad » en respectant sa famille
Abû Bakr Aṣ-Ṣiddîq (qu’Allah l’agrée) a dit : « Faites preuve d’égard envers Muḥammad (sur lui la paix et le salut) en respectant les gens de sa maison. »
« Qu'il soit généreux avec son invité » : un jour, une nuit, et trois jours d'hospitalité
Abû Shurayḥ Khuwaylid ibn ‘Amr Al-Khuzâ’î relate du Prophète (sur lui la paix et le salut) que celui-ci a dit : « Quiconque croit en Allah et au Jour Dernier, qu’il soit généreux avec son invité dans ses dons ! Les Compagnons demandèrent : Qu’entends-tu par ses dons, ô Messager d’Allah ? Il répondit : Un jour et une nuit, et l’hospitalité est de trois jours. Au-delà de cela, c’est une aumône qu’il lui fait. » Et dans une autre version : « Il est interdit à un musulman de rester chez son frère jusqu’à le pousser à se sentir fautif ! Les Compagnons demandèrent : Comment peut-il le pousser à se sentir fautif ? Il répondit : Il reste chez lui alors que ce dernier n’a plus rien à lui servir. »
Jarir ibn 'Abdallah servait Anas comme les Ansar servaient le Messager d'Allah ﷺ
Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate : « Je partis en voyage avec Jarîr ibn ‘Abdillah Al-Bajalî. Comme il me servait, je lui ai dit : « N’agis pas de la sorte ! » Mais, il me répondit : « J’ai vu les Anṣâr agir avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) d’une façon telle que je me suis juré qu’à chaque fois que j’accompagnerai l’un d’entre eux, je le servirai ! »
Oumm Habiba et sept années de métrorragie : le bain pour chaque prière
ʽÂ'ishah (qu’Allah l’agrée) relate : « Umm Ḥabîbah fut atteinte de métrorragie durant sept années. Elle consulta le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) à ce propos, et il lui ordonna d'accomplir le lavage rituel. Elle dit : " Je faisais le bain rituel pour chaque prière." »
Ne pas uriner dans l'eau stagnante puis s'y laver
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Qu’aucun d’entre vous n’urine dans l’eau qui stagne, celle qui n’est pas courante, pour ensuite s'en servir afin de faire son bain rituel. » Et dans une autre version : « Qu’aucun d’entre vous ne fasse son bain rituel dans l’eau stagnante alors qu’il est en état de grande impureté. »
« Soyez bons envers les femmes » : la côte tordue
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Soyez bons envers les femmes ; elles ont certes été créées à partir d’une côte, et la partie la plus tordue de la côte est sa partie la plus haute : si tu essaies de la redresser, tu la brises ; et si tu la laisses telle quelle, elle reste tordue. Soyez donc bons avec les femmes ! » Et dans une version : « La femme est semblable à une côte : si tu cherches à la redresser, tu la briseras et si tu la laisses ainsi, tu en jouiras [quand même] malgré le fait qu’elle soit tordue. » Et dans une autre version : « Certes, la femme a été créée d’une côte. Jamais tu ne la verras droite. Si tu désires jouir d’elle, tu le feras bien qu’elle soit tordue. Et si tu cherches à la redresser, alors tu la briseras ; et la briser c’est la répudier. »
L'homme impur sans eau : « Utilise la terre propre, elle te suffit »
Imrane ibn Hussayn (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) vit un homme, à l’ écart, qui n’avait pas prié avec les gens. « Ô Untel ! lui demanda-il, qu’est-ce qui t'a empêché de prier avec les gens ? - Ô Messager d'Allah ! répondit l’homme, je suis en état d’impureté majeure et je ne trouve pas d'eau ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) lui dit alors : Utilise la terre propre, elle te suffit. »
La pudeur n'apporte que du bien.
‘Imrân ibn Ḥusayn (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « La pudeur n’apporte que du bien. » Et dans une autre version, il est dit : « La pudeur est entièrement un bien. »
Malik ibn Al-Houwayrith et les jeunes restés vingt nuits auprès du Messager d'Allah ﷺ
Abû Sulaymân Mâlik ibn Al-Ḥuwayrith (qu’Allah l’agrée) dit : « Nous partîmes voir l’envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) ; nous étions alors tous jeunes et à peu près du même âge. Nous demeurâmes vingt nuits auprès de lui. L’envoyé d’Allah (sur lui la paix et le salut) était bon et bienveillant. Il se dit donc que nos familles devaient nous manquer. Il nous demanda alors qui avions-nous laissé [derrière nous] ? Nous lui répondîmes. « Retournez auprès de vos familles ! » dit-il « restez avec eux, instruisez-les et dirigez-les. Priez telle prière à tel moment, et telle [autre] à tel [autre] moment. Lorsque qu’il est l’heure de la prière, que l’un d’entre vous fasse l’appel, et que le plus âgé la dirige. » Dans une version rapportée par lui, Al-Bukhârî a ajouté : « Priez comme vous m’avez vu prier. »
Douter de ses ablutions en prière : continuer tant qu'on n'entend ni ne sent rien
Abdullah ibn Zayd ibn 'Âṣim Al-Mâzinî (qu'Allah l'agrée) dit : « On vint se plaindre au Prophète (sur lui la paix et le salut) du [trouble ressenti par] l'individu en prière et qui a la sensation d'avoir perdu ses ablutions, il dit : « Qu’il n’arrête pas sa prière tant qu’il n’entend ou ne sent rien ! ».
'Ali chargé des chameaux sacrifiés : rien n'en est donné au boucher
‘Alî ibn Abî Ṭâlib (qu’Allah l’agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) m’ordonna de m’occuper des chameaux qu’il sacrifia, de faire aumône de leurs viandes, de leurs peaux, de leurs tissus et de ne rien en donner au boucher. »
« Lorsque l'appel a été fait et que le repas a été servi, commencez par le repas »
ʽÂ'ishah, ‘Abdullah ibn ‘Umar et Anas ibn Mâlik (qu’Allah les agrée) relatent que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Lorsque l’appel [indiquant que la prière est imminente] a été fait et que le repas a été servi, commencez par le repas ! »
'Imran ibn Housayn : le verset de l'aisance n'a pas été abrogé
ʽImrân ibn Ḥuṣayn (qu'Allah l'agrée, lui et son père) dit : « Le verset de l'aisance a été révélé dans le livre d'Allah, Exalté soit-Il, nous l'avons donc pratiqué avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut). Rien n'a été révélé qui l'annule et il ne l'a pas interdit jusqu'à sa mort. C'est un homme qui a donné son avis. » Al-Bukhârî a dit : « Il est dit qu'il s'agit de ʽUmar ». Dans la version de Muslim il est dit : « Le verset de l'aisance - c'est-à-dire l'aisance durant le Pèlerinage - fut révélé et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) nous ordonna de le mettre en pratique. Il n'y a aucun verset qu'il l'ait abrogé et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ne l'a pas interdit jusqu'à sa mort. » Les deux versions ont le même sens.
« Qui est le plus noble des hommes ? » : le plus pieux, puis Youssouf
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate qu'il fut demandé : « Ô envoyé d’Allah ! Qui est le plus noble des hommes ? - Le plus pieux, répondit le Prophète. - Ce n’est sur cela que nous t’interrogeons ! dirent-ils. Dans ce cas-là, dit le Prophète, c’est Yûssuf, le Prophète d’Allah, fils du Prophète d’Allah, lui-même fils du Prophète d’Allah, lui-même fils de l’ami intime d’Allah. - Ce n’est pas sur cela que nous t’interrogeons ! - Vous me questionnez à propos des origines des arabes ? Les meilleurs d’entre eux dans la jâhiliyyah (période antéislamique) sont les meilleurs dans l’Islam, s’ils l’ont bien compris. »