Sahih al-Boukhari — page 111
صحيح البخاري
Compilé par Muhammad ibn Ismâ'îl al-Boukhârî. 4 125 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Est-ce qu'on peut brûler le mécréant au cas où lui-même brûle un musulman?
Rapporté par Anas bin Malik : Un groupe de huit hommes de la tribu d’Ukil est venu voir le Prophète (ﷺ), puis ils ont trouvé le climat de Médine difficile pour eux. Ils ont dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Donne-nous un peu de lait. » Le Messager d’Allah a dit : « Je vous conseille de rejoindre le troupeau de chameaux. » Ils sont donc partis et ont bu l’urine et le lait des chameaux (comme remède) jusqu’à ce qu’ils retrouvent la santé et grossissent. Ensuite, ils ont tué le berger, ont volé les chameaux et sont devenus mécréants après avoir été musulmans. Quand le Prophète (ﷺ) a été informé par quelqu’un qui appelait à l’aide, il a envoyé des hommes à leur poursuite, et avant que le soleil ne soit haut, ils ont été ramenés. Il leur a fait couper les mains et les pieds. Ensuite, il a ordonné qu’on chauffe des clous et qu’on les passe sur leurs yeux, puis ils ont été laissés dans la région rocheuse de Médine. Ils ont demandé de l’eau, mais personne ne leur en a donné jusqu’à leur mort. (Abu Qilaba, un des rapporteurs, a dit : « Ils ont commis un meurtre, un vol, se sont rebellés contre Allah et Son Messager, et ont semé la corruption sur la terre. »)
Une fourmi a piqué un prophète
D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Une fourmi a piqué un prophète parmi les prophètes (que la prière d'Allah et Son salut soient sur eux) qui a donc ordonné de brûler la fourmilière. Allah lui a alors révélé : Est-ce à cause du fait qu'une fourmi t'ai piqué que tu vas faire périr une communauté parmi les communautés qui font le tesbih (*) ? ».
Le Prophète ﷺ brûla les palmiers des Banou An-Nadir
Rapporté par Ibn `Umar : Le Prophète (ﷺ) a brûlé les palmiers-dattiers de Bani An-Nadir
Celui qui s'extirpa du groupe pour trouver Abu Rafi'
Rapporté par Al-Bara bin Azib : Le Messager d’Allah (ﷺ) a envoyé un groupe d’hommes des Ansar pour tuer Abu Rafi`. L’un d’eux est parti et est entré dans leur forteresse. Cet homme a dit : « Je me suis caché dans une étable pour leurs animaux. Ils ont fermé la porte de la forteresse. Plus tard, ils ont perdu un de leurs ânes, alors ils sont sortis pour le chercher. Je suis sorti avec eux, faisant semblant de chercher aussi. Ils ont retrouvé l’âne et sont rentrés dans la forteresse. Moi aussi, je suis entré avec eux. Ils ont fermé la porte de la forteresse la nuit, et ont mis les clés dans une petite fenêtre où je pouvais les voir. Quand les gens se sont endormis, j’ai pris les clés, ouvert la porte de la forteresse et je suis allé voir Abu Rafi` et j’ai dit : ‘Ô Abu Rafi`.’ Quand il m’a répondu, je me suis dirigé vers la voix et je l’ai frappé. Il a crié et je suis sorti, faisant semblant d’être un aide. J’ai dit : ‘Ô Abu Rafi`’, en changeant le ton de ma voix. Il m’a demandé : ‘Que veux-tu ; malheur à ta mère ?’ Je lui ai demandé : ‘Que t’est-il arrivé ?’ Il a dit : ‘Je ne sais pas qui est venu et m’a frappé.’ Ensuite, j’ai enfoncé mon épée dans son ventre et j’ai appuyé jusqu’à toucher l’os. Puis je suis sorti, tout confus, et je suis allé vers une de leurs échelles pour descendre, mais je suis tombé et je me suis foulé le pied. J’ai rejoint mes compagnons et j’ai dit : ‘Je ne partirai pas avant d’entendre les femmes pleurer.’ Je ne suis donc pas parti avant d’avoir entendu les femmes pleurer Abu Rafi`, le marchand du Hijaz. Ensuite, je me suis levé, sans aucune douleur, (et nous sommes partis) jusqu’à ce que nous arrivions auprès du Prophète (ﷺ) et que nous l’en informions
'Abdallah ibn 'Atik et Abou Rafi'
Rapporté par Al-Bara bin Azib : Le Messager d’Allah (ﷺ) a envoyé un groupe des Ansar contre Abu Rafi`. `Abdullah bin Atik est entré chez lui la nuit et l’a tué pendant qu’il dormait
Ô gens ! Ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi et demandez à Allah la préservation !
Abdullah ibn Abî Awfâ (qu'Allah l'agrée) relate que Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) rencontra l'ennemi lors de l'une des expéditions qu'il mena et attendit jusqu'à ce que le soleil déclinât ; puis, il se leva et dit : « Ô gens ! Ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi et demandez à Allah la préservation ! Mais si vous les rencontrez, alors soyez endurants et sachez que le Paradis se trouve à l'ombre des sabres ! » Puis, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô Allah ! Toi qui fais descendre le Livre, qui fais se déplacer les nuages et qui défais les coalisés, défais-les et accorde-nous la victoire sur eux ! »
Soyez patients une fois que vous le rencontrez.
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Ne souhaitez pas rencontrer l’ennemi, mais si vous le rencontrez, soyez patients. »
Chosroès vient de périr ...
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Khosrau sera détruit, et il n’y aura plus de Khosrau après lui, et César sera sûrement détruit et il n’y aura plus de César après lui, et vous dépenserez leurs trésors dans la voie d’Allah. » Il a déclaré : « La guerre est tromperie. »
La guerre est une tromperie !
Abû Hurayrah et Jâbir (qu’Allah les agrée) relatent que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « La guerre est une tromperie ! »
« Qui est prêt à tuer Ka'b ibn Al-Achraf ? »
Rapporté par Jabir bin `Abdullah : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Qui est prêt à tuer Ka`b bin Al-Ashraf, qui a vraiment nui à Allah et à Son Messager ? » Muhammad bin Maslama a dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ) ! Veux-tu que je le tue ? » Il a répondu par l’affirmative. Alors Muhammad bin Maslama est allé le voir (c’est-à-dire Ka`b) et lui a dit : « Cette personne (c’est-à-dire le Prophète) nous a mis à l’épreuve et nous a demandé l’aumône. » Ka`b a répondu : « Par Allah, vous allez vous lasser de lui. » Muhammad lui a dit : « Nous l’avons suivi, donc nous n’aimons pas le quitter avant de voir ce qu’il adviendra de lui. » Muhammad bin Maslama a continué à lui parler ainsi jusqu’à ce qu’il ait l’occasion de le tuer
Mouhammad ibn Maslama : « Permets-moi de dire ce que je veux »
Rapporté par Jabir : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Qui est prêt à tuer Ka`b bin Ashraf (c’est-à-dire un Juif) ? » Muhammad bin Maslama a répondu : « Veux-tu que je le tue ? » Le Prophète (ﷺ) a répondu par l’affirmative. Muhammad bin Maslama a dit : « Alors permets-moi de dire ce que je veux. » Le Prophète (ﷺ) a répondu : « Je te le permets. »
Le Messager d'Allah ﷺ et Oubayy ibn Ka'b vont vers Ibn As-Sayyad dans la palmeraie
'Abd Allâh ben 'Umar: Le Messager de Dieu alla avec Ubay ben Ka'b vers ibn as-Sayyâd, qui, d'après ce qui se disait, se trouvait dans une palmeraie. Quand il y fut entré, le Messager de Dieu essaya d'avancer avec discrétion en se mettant derrière les arbres. Quant à ibn as-Sayyâd, il était enveloppé dans une couverture qui avait des franges. La mère de celui-ci, ayant aperçu le Messager de Dieu, s'écria: "O Sâfi voilà Muhammad." Aussitôt, il bondit. Et le Messager de Dieu de dire: "Si elle l'avait laissé, il aurait montré [sa vraie nature]."
Le Prophète ﷺ porte la terre du Fossé en récitant les vers d'Ibn Rawaha
Rapporté par Al-Bara : J’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ) le jour de la bataille du Fossé porter de la terre au point que les poils de sa poitrine étaient couverts de poussière, et il était très poilu. Il récitait alors ces vers d’Abdullah (bin Rawaha) : « Ô Allah, sans Toi, nous n’aurions pas été guidés, nous n’aurions pas donné en aumône ni prié. Accorde-nous la tranquillité, et quand nous rencontrons l’ennemi, rends nos pas fermes. Si on veut nous mettre à l’épreuve (c’est-à-dire nous combattre), nous ne fuirons pas, mais nous tiendrons bon. » Le Prophète (ﷺ) élevait la voix en récitant ces vers
« Ô Allah, rends-le ferme » : celui qui ne tenait pas bien à cheval
Rapporté par Jarir : Le Messager d’Allah (ﷺ) ne s’est jamais caché de moi depuis que je suis devenu musulman, et chaque fois qu’il me voyait, il m’accueillait avec un sourire. Un jour, je lui ai dit que je n’arrivais pas à bien tenir sur les chevaux. Il m’a frappé la poitrine de sa main et a dit : « Ô Allah ! Rends-le ferme et fais de lui un guide, bien guidé. »
Sahl ibn Sa'd : comment la blessure du Messager d'Allah ﷺ fut soignée
Rapporté par Abu Hazim : Les gens ont demandé à Sahl bin Sa`d As-Sa'idi : « Avec quoi la blessure du Messager d’Allah (ﷺ) a-t-elle été soignée ? » Il a répondu : « Personne ne le sait mieux que moi. `Ali apportait de l’eau dans son bouclier et Fatima (la fille du Prophète) lavait le sang de son visage. Ensuite, on brûlait un tapis de feuilles de palmier et on mettait ses cendres dans la blessure du Messager d’Allah (ﷺ). »
Les archers d'Ouhoud : « Restez à votre place et ne la quittez pas »
Rapporté par Al-Bara bin Azib : Le Prophète (ﷺ) a nommé `Abdullah bin Jubair comme chef des fantassins (archers), ils étaient cinquante le jour de la bataille de Uhud. Il leur a dit : « Restez à votre place et ne la quittez pas, même si vous voyez des oiseaux nous emporter, jusqu’à ce que je vous appelle ; et si vous voyez que nous avons vaincu les infidèles et qu’ils fuient, ne quittez pas votre place tant que je ne vous appelle pas. » Ensuite, les infidèles ont été vaincus. Par Allah, j’ai vu les femmes s’enfuir en relevant leurs vêtements, laissant voir leurs bracelets de cheville et leurs jambes. Alors les compagnons de `Abdullah bin Jubair ont dit : « Le butin ! Ô gens, le butin ! Vos compagnons ont gagné, qu’attendez-vous ? » `Abdullah bin Jubair a dit : « Avez-vous oublié ce que le Messager d’Allah (ﷺ) vous a dit ? » Ils ont répondu : « Par Allah ! Nous allons rejoindre les gens (c’est-à-dire l’ennemi) et prendre notre part du butin. » Mais quand ils sont partis, ils ont été repoussés et vaincus. À ce moment-là, le Messager d’Allah (ﷺ) les appelait de l’arrière. Seuls douze hommes sont restés avec le Prophète (ﷺ) et les infidèles ont tué soixante-dix hommes parmi nous. Le jour de la bataille de Badr, le Prophète (ﷺ) et ses compagnons avaient fait perdre cent quarante hommes aux païens, soixante-dix capturés et soixante-dix tués. Ensuite, Abu Sufyan a demandé trois fois : « Muhammad est-il parmi ces gens ? » Le Prophète (ﷺ) a ordonné à ses compagnons de ne pas répondre. Puis il a demandé trois fois : « Le fils d’Abu Quhafa est-il parmi ces gens ? » Il a encore demandé trois fois : « Le fils d’Al-Khattab est-il parmi ces gens ? » Ensuite, il est retourné vers ses compagnons et a dit : « Quant à ceux-là, ils ont été tués. » `Umar n’a pas pu se retenir et a dit (à Abu Sufyan) : « Tu mens, par Allah ! Ô ennemi d’Allah ! Tous ceux que tu as mentionnés sont vivants, et ce qui te déplaît est toujours là. » Abu Sufyan a dit : « Notre victoire aujourd’hui compense la vôtre à Badr, et dans la guerre, la victoire change toujours de camp, et vous trouverez certains de vos morts mutilés, mais je n’ai pas poussé mes hommes à le faire, et je n’en ai pas de regret. » Ensuite, il s’est mis à réciter joyeusement : « Ô Hubal, sois élevé ! » Le Prophète (ﷺ) a alors dit à ses compagnons : « Pourquoi ne lui répondez-vous pas ? » Ils ont dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ), que devons-nous dire ? » Il a dit : « Dites : Allah est le Plus Haut et le Plus Sublime. » (Ensuite) Abu Sufyan a dit : « Nous avons (l’idole) Al-`Uzza, et vous n’avez pas `Uzza. » Le Prophète a dit à ses compagnons : « Pourquoi ne lui répondez-vous pas ? » Ils ont demandé : « Ô Messager d’Allah (ﷺ), que devons-nous dire ? » Il a dit : « Dites : Allah est notre Protecteur et vous n’avez pas de protecteur. »
Lorsqu'il y a peur d'un danger pendant la nuit.
Rapporté par Anas : Le Messager d’Allah (ﷺ) était le plus beau, le plus généreux et le plus courageux de tous. Un jour, les habitants de Médine ont eu peur à cause d’un bruit entendu la nuit. Le Prophète (ﷺ) est allé à leur rencontre, monté sur un cheval sans selle appartenant à Abu Talha, avec son épée sur l’épaule. Il leur a dit : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur. » Puis il a ajouté : « Je l’ai trouvé (le cheval) très rapide. »
Les chamelles du Prophète ﷺ enlevées près d'al-Ghaba
Rapporté par Salama : Je suis sorti de Médine en direction d’Al-Ghaba. Quand je suis arrivé au passage de montagne d’Al-Ghaba, un esclave de `Abdur-Rahman bin `Auf m’a rencontré. Je lui ai dit : « Malheur à toi ! Qu’est-ce qui t’amène ici ? » Il a répondu : « Les chamelles du Prophète (ﷺ) ont été emmenées. » J’ai demandé : « Qui les a prises ? » Il a dit : « Ghatafan et Fazara. » Alors j’ai crié trois fois : « Ô Sabaha-h ! Ô Sabaha-h ! » si fort que tout le monde entre les deux montagnes de Médine m’a entendu. Ensuite, j’ai couru jusqu’à les rattraper après qu’ils aient pris les chamelles. J’ai commencé à leur lancer des flèches en disant : « Je suis le fils d’Al-Akwa`, et aujourd’hui, malheur aux gens mauvais ! » J’ai ainsi sauvé les chamelles avant que les voleurs ne puissent boire de l’eau. Quand je suis revenu avec les chamelles, le Prophète (ﷺ) m’a rencontré. J’ai dit : « Ô Messager d’Allah (ﷺ), ces gens ont soif et je les ai empêchés de boire, alors envoie des gens pour les poursuivre. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Ô fils d’Al-Akwa`, tu as pris le dessus, alors pardonne-leur. (De toute façon) ils sont maintenant accueillis par leur tribu. »
De celui qui dit: "Tiens...! et [sache que] je suis le fils d'un tel..."
Rapporté par Abu 'Is-haq : Un homme a demandé à Al-Bara : « Ô Abu `Umara ! As-tu fui le jour de la bataille de Hunayn ? » Al-Bara a répondu alors que j’écoutais : « Quant au Messager d’Allah (ﷺ), il n’a pas fui ce jour-là. Abu Sufyan bin Al-Harith tenait les rênes de sa mule et quand les païens l’ont attaqué, il est descendu et a commencé à dire : ‘Je suis le Prophète, et ce n’est pas un mensonge ; je suis le fils d’Abdul Muttalib.’ Ce jour-là, personne n’a été vu plus courageux que le Prophète (ﷺ). »
Lorsque l'ennemi accepte l'arbitrage d'un certain homme...
Rapporté par Abu Sa`id Al-Khudri : Quand la tribu de Bani Quraiza a accepté le jugement de Sa`d, le Messager d’Allah (ﷺ) a fait venir Sa`d qui était proche de lui. Sa`d est venu à dos d’âne et, en arrivant, le Messager d’Allah (ﷺ) a dit (aux Ansar) : « Levez-vous pour votre chef. » Puis Sa`d s’est assis à côté du Messager d’Allah (ﷺ) qui lui a dit : « Ces gens acceptent ton jugement. » Sa`d a dit : « Je décide que leurs combattants soient tués et que leurs femmes et enfants soient faits prisonniers. » Le Prophète (ﷺ) a alors dit : « Ô Sa`d ! Tu as jugé parmi eux comme le ferait le Roi Allah. »
Le fait de tuer le prisonnier ou de tuer [un individu] après l'avoir d'abord attaché.
Rapporté par Anas bin Malik (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allah (ﷺ) est entré à La Mecque l’année de la Conquête, portant un casque sur la tête. Après l’avoir enlevé, un homme est venu et a dit : « Ibn Khatal s’accroche aux rideaux de la Ka’ba. » Le Prophète (ﷺ) a dit : « Tuez-le. »
Les dix hommes envoyés en mission sous la conduite de 'Asim ibn Thabit
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) envoya un groupe de dix hommes en mission d'observation et désigna à leur tête 'Âṣim ibn Thâbit Al-Anṣarî (qu'Allah l'agrée). Ils partirent donc mais une fois à Al-Hadah, entre 'Usfân et La Mecque, on signala leur présence à un clan de Hudhayl qu’on nommait : les Bani Liḥyân. Ces derniers firent appel à environ cent hommes, tous de bons archers, pour suivre leurs traces. Lorsque 'Âṣim et ses compagnons se rendirent compte de leur présence, ils se réfugièrent sur une colline dominante. L'ennemi les cerna alors et ils leur dirent : « Descendez et rendez-vous ! Vous avez notre engagement et un pacte solennel que personne d'entre vous ne sera tué ! - 'Âṣim Ibn Thâbit dit : Ô vous, les gens ! En ce qui me concerne, je ne descendrai pas me mettre sous la protection d’un mécréant ! - Ô Allah ! Informe Ton Prophète (sur lui la paix et le salut) de ce qui nous arrive ! » Alors les infidèles les attaquèrent avec des flèches et tuèrent 'Âṣim (qu'Allah l'agrée). Et sur l'engagement formel et la promesse d'avoir la vie sauve, trois des musulmans - dont Khubayb, Zayd ibn Ad-Dithinah et un autre - [acceptèrent de descendre et] se rendirent à l’ennemi. Mais, une fois les musulmans à leur merci, ils détachèrent les cordes de leurs arcs et les attachèrent avec. Le troisième prisonnier dit alors : « C'est le début de la déloyauté ! Par Allah ! Je ne vous suis plus ! J'ai en mes compagnons un si bel exemple ! » Il faisait allusion à ceux qui venaient d'être tués. Sur ce, ils essayèrent de le traîner et de l'emmener avec eux, mais il refusa de les accompagner et il leur résista. Alors, ils le tuèrent. Puis, ils continuèrent leur route avec Khubayb et Zayd ibn Ad-Dithinah qu'ils vendirent à La Mecque après la bataille de Badr. Ce fût les Banî Al-Ḥârith ibn 'Âmir ibn Nawfal ibn 'Abd Manâf qui achetèrent Khubayb. Or, à la bataille de Badr, c'était Khubayb qui avait tué Al-Ḥârith ibn 'Âmir. Ainsi donc, Khubayb demeura prisonnier chez eux jusqu'à ce qu'ils décident ensemble de l'exécuter. [Un jour] Khubayb demanda à l'une des filles d’Al-Ḥârith un rasoir, afin de s'épiler, et elle le lui prêta. C’est alors que l'un de ses fils s'approcha de Khubayb tandis qu’elle était inattentive jusqu'à ce qu'il parvienne à lui. Elle le vit assis sur sa cuisse, le rasoir dans la main. Elle fut alors saisie d’effroi. Khubayb remarqua cela et dit : « Tu crains que je ne le tue ? Je ne ferai jamais cela ! - Elle a alors dit : Par Allah ! Je n'ai jamais vu un captif mieux que Khubayb ! Par Allah ! Un jour, je l'ai trouvé en train de manger une grappe de raisin, entre ses mains enchaînées, alors qu'il n'y avait pas de fruits à La Mecque ! » Elle disait alors : « Voilà une subsistance qu’Allah a accordé à Khubayb ! » Lorsqu'ils décidèrent de l'exécuter, ils quittèrent le territoire sacré de La Mecque (« Al-Ḥarâm »). Khubayb leur demanda alors : « Laissez-moi accomplir deux unités de prière ! » Ils lui accordèrent cela. Il pria deux cycles de prière et dit ensuite : « Par Allah ! Si je ne craignais que vous pensiez que j'ai peur, j'aurais fait la prière plus longuement. Ô Allah ! Recense-les [tous] puis extermine-les [un par un] et ne laisse aucun d'entre eux vivant ! » Puis, il récita ces vers : « Peu m’importe du moment où je suis tué musulman, de quel côté, pour Allah, [mon corps] touchera le sol ! Car cela est en vue du Divin qui, si Il le veut, bénira les membres épars d'une dépouille déchirée. » Ce fut Khubayb qui institua l'accomplissement de deux unités de prière pour tout musulman exécuté dans ses chaînes. Et le jour même, le Prophète (sur lui la paix et le salut) informa ses Compagnons de cet évènement. Apprenant la mort de 'Âṣim ibn Thâbit, les personnes de Quraysh envoyèrent quelques-uns des leurs à sa recherche pour leur apporter une partie de sa dépouille comme preuve, car le jour de Badr, 'Âṣim avait tué un homme parmi leurs notables. Mais Allah envoya à 'Âṣim un essaim d'abeilles tel un nuage pour le protéger. Et ils ne purent rien prélever de sa dépouille !
Libérez le prisonnier, nourrissez celui qui a faim...
D'après Abou Moussa Al Ach'ari (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Libérez le prisonnier (*), nourrissez celui qui a faim et visitez le malade ».
'Ali : « Avez-vous une révélation en dehors du Livre d'Allah ? »
Rapporté par Abu Juhaifa : J’ai demandé à `Ali : « As-tu une révélation divine en dehors de ce qui est dans le Livre d’Allah ? » `Ali a répondu : « Non, par Celui qui fend le grain et crée l’âme. Je ne pense pas que nous ayons une telle connaissance, mais nous avons la capacité de comprendre que peut accorder Allah à quelqu’un pour qu’il comprenne le Coran, et nous avons aussi ce qui est écrit sur ce parchemin. » J’ai demandé : « Qu’y a-t-il d’écrit sur ce parchemin ? » Il a répondu : « (Les règles concernant) le prix du sang, la libération des captifs, et le jugement selon lequel aucun musulman ne doit être tué pour avoir tué un infidèle. »