Sahih Mouslim — page 98
صحيح مسلم
Compilé par Mouslim ibn al-Hajjâj. 2 623 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Le Messager d'Allah ﷺ n'a jamais frappé une femme ni un domestique
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) n’a jamais frappé qui que ce soit de sa main : ni une femme, ni un domestique, sauf quand il combattait dans la voie d’Allah. Et il ne s’est jamais vengé d’un tort qu’on lui avait fait sauf s’il s’agissait de la transgression d’une limite sacrée d’Allah. Dans ce cas-là, il se vengeait pour Allah, Exalté soit-Il. »
L'armée qui revient saine et sauve avec du butin a reçu les deux tiers de sa récompense
Abdullah ibn 'Amr ibn Al-’Âṣ (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Il n'est pas une armée ou une expédition qui assaille l’ennemi, emporte du butin et s’en sort saine et sauve, sans que ses membres n'aient d’ores et déjà obtenu et reçu les deux tiers de leur récompense. Et il n'est pas une armée ou une expédition qui échoue et subit des pertes, sans que ses membres ne reçoivent la totalité de leur récompense. »
« Quiconque affranchit un esclave musulman, Allah l'affranchira du Feu »
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque affranchit un esclave musulman, Allah affranchira - pour chacun des membres de cet affranchi - l'un de ses membres du feu, même son sexe pour le sien ! »
Celui qui a appris le tir puis l'a délaissé
‘Uqbah ibn ‘Âmir (qu’Allah l’agrée) relate que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Celui qui a appris le tir puis l’a délaissé n’est pas des nôtres - ou bien : a certainement désobéi ! »
Mourir sans avoir combattu ni eu l'intention de combattre
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Quiconque meurt sans avoir combattu et sans avoir eu l'intention de combattre, meurt sur l'une des branches de l'hypocrisie. »
Les larmes du Messager d'Allah ﷺ pour son petit-fils agonisant : « C'est une miséricorde »
Usâmah ibn Zayd (qu'Allah l'agrée, lui et son père) dit : « On apporta au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) le fils de sa fille dans un état d'agonie, les yeux du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'emplirent alors de larmes. Sa'd (qu'Allah l'agréé) demanda : « Qu'est- ce donc, Ô Messager d'Allah ?! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) répondit : « C'est une miséricorde qu'Allah a placée dans le cœur de Ses serviteurs. Allah n'accorde Sa miséricorde qu'aux miséricordieux d'entre Ses serviteurs. »
« As-tu connu un jour plus pénible qu'Ouhoud ? » : le jour d'Al-'Aqaba
Un jour, ʽÂ’ishah (qu’Allah l’agrée) a demandé au Prophète (sur lui la paix et le salut) : « As-tu connu un jour plus pénible que le jour de Uḥud ? - Il répondit : Oui ! J’ai supporté de la part de ton peuple des choses plus pénibles encore et la plus grande souffrance qu’ils m’ont infligée a été le jour d’Al-‘Aqabah, lorsque je me suis présenté à ibn ‘Abd Yâlîl ibn 'abd Kulâl et qu'il a repoussé mes sollicitations. Je m’en suis retourné le visage marqué par l’inquiétude et l’amertume. Je n’ai repris mes esprits qu’à Qarn Ath-Tha’âlib. En levant la tête, j’ai vu un nuage qui me couvrit de son ombre. J’ai regardé dans le nuage et j’ai vu l’Ange Gabriel qui m’appela en disant : Certes Allah, Exalté soit-Il, a entendu les propos de ton peuple et la réponse qu’il t’a donné. Il t’a envoyé l’Ange des montagnes afin que tu lui ordonnes ce que tu souhaites à leur encontre. A ce moment, l’Ange des montagnes m’appela, me salua puis déclara : Ô Muhammad ! Allah a bien entendu les propos que ton peuple t’a adressés et je suis l’Ange des montagnes. Mon Seigneur m’a envoyé à toi afin que tu me donnes ton ordre. Que désires-tu ? Si tu le souhaites, je peux les écraser entre les deux montagnes qui entourent La Mecque ! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui dit alors : « J’espère plutôt qu’Allah fera sortir d’entre eux une progéniture qui L'adorera, Seul sans rien Lui associer. »
Abou Dharr et son esclave vêtus du même manteau
Al-Ma’rûr ibn Suwayd a dit : « J’ai vu Abû Dharr (qu’Allah l’agrée) qui portait le même manteau que son esclave. Quand je l’interrogeai à ce sujet, il me raconta qu’à l’époque du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), il avait insulté un homme en parlant de sa mère. Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui avait dit : « Tu es quelqu’un en qui l'on trouve encore des [comportements d'avant l'Islam (« Al-jâhiliyah ») ] ! Ceux-là sont vos frères et des bienfaits divins qu’Allah a mis en votre possession. Quiconque, donc, détient l’un de ses frères, qu’il le nourrisse comme il se nourrit et qu’il l’habille comme il s’habille ! Ne leur imposez pas ce qu’ils ne peuvent accomplir et si vous devez le faire, alors aidez-les ! »
« Seriez-vous satisfaits d'être le quart des gens du Paradis ? »
Ibn Mas’ûd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Nous étions près de quarante hommes avec le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut), sous une tente, lorsqu’il demanda : " Seriez-vous satisfaits d’être le quart des gens du Paradis ? - Nous répondîmes : Oui ! - Il demanda ensuite : Seriez-vous satisfaits d’être le tiers des gens du Paradis ? - Nous répliquâmes : Oui ! - Il dit alors : Par Celui qui détient l’âme de Muḥammad dans Sa Main ! J’espère vraiment que vous serez la moitié des gens du Paradis. Ceci, car seule une âme musulmane accède au Paradis ! Or, parmi les polythéistes, vous n’êtes que comme un poil blanc sur la peau d’un taureau noir, ou comme un poil noir sur la peau d’un taureau roux ! »
« Lorsque le serviteur se rapproche de Moi d'un empan »
Anas ibn Mâlik et Abû Hurayrah (qu'Allah les agrée) relatent que Le Prophète (sur lui la paix et le salut) relate que son Seigneur, à Lui la Puissance et la Grandeur, a dit : « Lorsque le serviteur se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée. Lorsqu’il se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui d’une brasse, et lorsqu’il vient vers Moi en marchant, Je Me hâte vers lui. »
Un juif ou un chrétien pour chaque musulman : « Voici ton affranchissement de l'Enfer »
Abû Mûsâ Al-Ash’arî (qu’Allah l’agrée) relate d’une manière remontant au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) que celui-ci a dit : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, Allah remettra à chaque musulman un Juif ou un Chrétien en disant : " Voici ton affranchissement de l’Enfer ! " » Et dans une autre version : « Le Jour de la Résurrection, des gens parmi les musulmans viendront avec des péchés de la taille des montagnes, mais Allah leur pardonnera et en chargera les Juifs et les Chrétiens. »
Un des fils d'Abû Ṭalḥah tomba malade. Abû Ṭalḥah sortit et son enfant rendit l'âme.
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) a dit : « L'un des fils d'Abû Ṭalḥah (qu'Allah l'agrée) tomba malade. Abû Ṭalḥah sortit et son enfant rendit l'âme. À son retour, il demanda : « Comment va mon fils ? » Umm Sulaym, qui était la mère de l’enfant, répondit : « Il est plus calme qu'il ne l'était. » Elle lui apporta le dîner et il mangea, puis il eut des rapports intimes avec elle. Quand il eut terminé, elle dit : « Ils ont inhumé le petit ! » Au matin, Abû Ṭalḥah se rendit chez le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et l'en informa. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) demanda : « Avez-vous eu des rapports intimes la nuit dernière ? - Oui ! », répondit Abû Ṭalḥah. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a alors dit : « Ô Allah ! Accorde-leur la bénédiction ! » Elle donna alors naissance à un petit garçon et Abû Ṭalḥah m'enjoignit : « Prends-le et emmène-le chez le Prophète (sur lui la paix et le salut) ! » Umm Sulaym envoya également quelques dattes avec lui. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) prit l'enfant et demanda : « Y a-t-il quelque chose avec lui ? - Oui, des dattes ! », répondirent-ils. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) les prit, les mâcha, puis les enleva de sa bouche et les mit dans celle du bébé, puis il lui frotta les gencives (« Taḥnîk »). Enfin, il le nomma 'Abdullah. » Et dans une [autre] version, Ibn 'Uyaynah a dit : « Un homme des Anṣâr a dit : " J'ai vu neuf de ses enfants - c'est-à-dire : de 'Abdullah, le nouveau-né - ils connaissaient tout le Coran [par cœur] ! " » Et dans une [autre] version : « Un fils qu'Abû Ṭalḥah avait eu avec Umm Sulaym vint à mourir. Elle enjoignit à sa famille : « Ne dites rien à Abû Ṭalḥah au sujet de son fils jusqu'à ce que ce soit moi qui lui en parle ! » Lorsqu'il arriva, elle lui apporta de quoi dîner. Il mangea et but. Ensuite, elle se fit belle pour lui, plus belle que d'habitude. Il eut des rapports intimes avec elle. Quand elle vit qu'il avait satisfait son désir, elle dit : « Ô Abâ Ṭalḥah ! Vois-tu si des gens prêtent leurs ustensiles à une famille, puis les leur réclament, ces derniers peuvent-ils refuser ? - Non ! dit-il. - Elle a alors dit : Escompte une récompense pour ton fils ! - Il se mit en colère et dit : Tu m'as laissé jusqu'à ce que je me souille pour ensuite m'informer de la mort de mon fils ! » Il s'en alla voir le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) pour l’informer de ce qui s’était passé. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Qu'Allah bénisse la nuit que vous avez passée ! » Elle tomba enceinte. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était dans un voyage auquel participait Umm Sulaym. Or, lorsque le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) revenait de voyage, il n'entrait jamais à Médine de nuit. Ils se rapprochèrent, par conséquent, de la ville. Elle fut alors prise de douleurs de l'enfantement, retenant ainsi Abû Ṭalḥah auprès d'elle. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) se mit en route. Abû Ṭalḥah déclara : « Ô Seigneur ! Tu sais bien qu'il me plaît de sortir avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) quand il effectue une sortie et de rentrer avec lui quand il rentre. Or, j'ai été retenu par ce que Tu vois ! » Umm Sulaym intervint : « Ô Abâ Ṭalḥah ! Je ne ressens plus les douleurs, mets-toi en route ! » Nous partîmes donc. Lorsqu'ils arrivèrent à Médine, les douleurs revinrent et elle mit au monde un garçon. Ma mère m’a alors dit : « Ô Anas ! Que personne ne l'allaite jusqu'à ce que tu l'emmènes chez le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Et au matin, je le pris et l’emmenais chez le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). » Puis, il mentionna le hadith en entier.
Oumm Soulaym envoie des pains d'orge au Messager d'Allah ﷺ
Anas (qu'Allah l'agrée) relate : « Abû Ṭalḥah dit à Umm Sulaym : " J'ai entendu la voix affaiblie du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et j'en ai déduit qu'il était affamé, as-tu donc quelque provision ? - Oui ! " dit-elle. Elle sortit quelques morceaux de pains d'orge, prit l'un de ses foulards et utilisa un morceau pour y emballer le pain, elle le mit sous mon vêtement et me recouvrit avec le reste afin de m'envoyer vers le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Je l'emportai donc et trouvai le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) assis dans la mosquée, au milieu des gens. Je me dressai devant eux et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) me dit : " Est-ce Abû Ṭalḥah qui t'a envoyé ? - Oui, dis-je. - Il dit : Pour de la nourriture ? - Oui ! " dis-je. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Levez-vous ! " Ils partirent et je les devançai, jusqu'à me rendre auprès d'Abû Ṭalḥah pour l'en informer. Ce dernier dit : " Ô, Umm Sulaym ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arrive avec des gens, alors que nous n'avons rien à leur servir ! - Elle dit : Allah et Son Messager savent mieux ! " Abû Ṭalḥah s'en alla à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui vint avec lui, jusqu'à ce qu'ils entrèrent tous les deux. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Amène ce que tu as, ô, Umm Sulaym ! " Elle amena donc ce pain. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on en fasse des petits morceaux et Umm Sulaym pressa par-dessus un récipient de beurre clarifié pour l'assaisonner. Puis, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) prononça les paroles qu'Allah voulut qu'il prononça, et dit : " Fais entrer dix personnes ! " Il les fit entrer, ils mangèrent jusqu'à se rassasier et sortirent. Il dit alors : " Fais entrer dix personnes ! " Il les fit entrer, jusqu'à ce que tous les gens présents aient mangé et se soient rassasiés, alors qu'ils étaient soixante-dix ou quatre-vingt hommes. " » Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans une autre version : « Ainsi, les gens entraient et sortaient par dix, jusqu'à ce que chacun d'entre eux soit entré et ait mangé à sa faim. Ensuite, il le remit en état et c'est alors que le plat était tel qu'il était avant qu'ils n'en mangent. » Dans une autre version : « Ils mangèrent par groupes de dix, jusqu'à ce que quatre-vingt personnes mangèrent. Ensuite, le Prophète (sur lui la paix et le salut) et les occupants de la maison mangèrent et laissèrent quelques restes. » Dans une autre version : « Ils laissèrent de quoi donner aux voisins. » Dans une version, Anas dit : « Un jour, j'allai à la rencontre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), que je trouvai au milieu de ses Compagnons et qui avait attaché un bandage sur son ventre. Je dis à l'un de ses Compagnons : " Pourquoi le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a attaché un bandage à son ventre ? - Il dit : A cause de la faim ! " J'allai donc chez Abû Ṭalḥah, qui était l'époux de Um Sulaym bint Milḥân, et dis : " Ô, père ! J'ai vu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), un bandage attaché autour du ventre. Quand j'en ai demandé la raison à certains de ses Compagnons, ils me dirent que c'était à cause de la faim ! " Abû Ṭalḥah entra alors chez ma mère et dit : " Y'a-t-il quelques provisions ? - Oui, dit-elle, j'ai un pain et quelques dattes ! Si le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) vient seul, nous le rassasierons, mais si quelqu'un vient avec lui, ce ne sera pas assez..." », puis il évoqua le reste du récit de la tradition prophétique.
Le chien de chasse lâché en mentionnant le nom d'Allah
Adî ibn Ḥâtim (qu’Allah l’agrée) relate : « Je dis : « Ô, Messager d'Allah ! Je lâche les chiens de chasse, qui saisissent une bête pour moi et je mentionne le nom d'Allah ? - Il dit : Quand tu lâches ton chien de chasse et mentionnes le Nom d'Allah, tu peux manger de ce qu'il saisit pour toi. - Je dis : Même s'ils tuent la bête ? - Il dit : Même s'ils tuent la bête ! À condition qu'un chien qui leur est étranger ne participe pas avec eux. - Je dis : Il m'arrive de jeter ma lance sur le gibier et de l'atteindre. - Il dit : Si tu jettes ta lance et que celle-ci la transperce, tu peux en manger, mais si c'est le côté qui n'est pas tranchant qui l'a tuée, tu ne peux pas en manger. » Dans la version d'ash-Sha'bî : « Sauf si ton chien mange ! S'il mange, tu ne dois pas en manger, car je crains qu'il n'ait saisi la bête pour lui-même. Si des chiens qui leur sont étrangers se mêlent à eux, n'en mange rien ! Car tu as prononcé le Nom d'Allah pour ton chien, pas pour un autre ! » Il s'y trouve aussi : « Quand tu lâches ton chien de chasse, prononce le Nom d'Allah, s'il saisit une bête pour toi et que tu la trouves encore vivante, égorge-la. Si tu la trouves morte et qu'il n'en a rien mangé, tu peux en manger, car le fait que le chien s'en saisisse est comme le fait de l'égorger. » Il s'y trouve aussi : « Quand tu tires une flèche, prononce le Nom d'Allah. » Il s'y trouve aussi : « Même si tu ne la retrouves qu'au bout d'un ou deux jours - dans une version : deux ou trois jours - si tu ne trouves que la trace de ta flèche, mange si tu veux. Par contre, si tu la trouves noyée dans l'eau, n'en mange pas ! Car tu ne sais pas si c'est ta flèche ou l'eau qui l'a tuée. »
La conquête de La Mecque : le sermon après le meurtre d'un homme des Banou Layth
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate : « Lorsqu'Allah donna à son Messager (sur lui la paix et le salut) la victoire sur la Mecque, les gens de Khuzâ'a tuèrent un homme des Banî Layth, pour venger un des leurs qui avait été tué avant l'Islam. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) tint alors ce discours : " Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, a empêché les éléphants d'atteindre la Mecque mais a donné autorité sur elle à Son Messager et aux croyants. Aussi, elle n'a été autorisée à personne avant moi et ne le sera plus pour personne après moi. Elle ne m'a été autorisée que pour un moment de la journée et, au moment où je vous parle, elle est sacrée. On ne peut en abattre les arbres, ni en arracher l'herbe, ni en couper les plantes épineuses, ni en ramasser les objets trouvés, sauf pour celui qui veut en faire l'annonce. Celui dont un proche a été tué a le choix entre deux choses : soit on tue l'assassin, soit celui-ci paye le prix du sang. " Un homme du Yémen, appelé Abû Shâh, se leva et dit : " Ô, Messager d'Allah ! Écrivez-le pour moi ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : écrivez-le pour Abî Shâh ! - Al-'Abbâs se leva à son tour et dit : Ô, Messager d'Allah ! Pas le jonc ! Car nous nous en servons dans les maisons et les tombes ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : Sauf le jonc ! " »
Le bédouin qui demande de juger selon le Livre d'Allah
Abû Hurayrah et Zayd ibn Khâlid Al-Juhanî (qu'Allah les agrée) relatent qu'un homme parmi les bédouins vint trouver le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et lui dit : « Ô Messager d'Allah ! Je t'implore au Nom d'Allah de juger entre nous selon le Livre d'Allah. » L’autre opposant, plus sage, dit alors : « Oui, juge entre nous par le Livre d'Allah, et permets-moi de parler ! » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Parle ! - L'homme déclara : Mon fils était l'employé de cet homme et il a forniqué avec sa femme. J'ai été informé que mon fils devait être lapidé. J'ai alors donné une compensation de cent moutons et une esclave. Mais, lorsque j'ai interrogé des hommes de science, ils m'ont informé que mon fils devait encourir cent coups de fouet et être exilé pour une année, tandis que la femme devait être lapidée. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit alors : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main ! Je vais certes juger entre vous deux selon le Livre d'Allah ! L'esclave et les moutons te seront restitués, quant à ton fils, il devra recevoir cent coups de fouet et subira un exil d'un an. Ô Unays ! Vas vers tel homme d'Aslam et trouve la femme de celui-ci ! Si elle reconnaît [son péché], lapide-la ! » Unays se rendit donc chez elle et elle reconnut [son péché]. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna alors la peine à son encontre et elle fut lapidée. »
Le Coran et ceux qui le mettaient en application, au Jour de la Résurrection
An-Nawwâs ibn Sam’ân (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) dire : " Au Jour de la Résurrection, on fera venir le Coran et les siens, ceux qui le mettaient en application dans ce bas monde. Il sera devancé par les sourates " La Vache " et " La famille de ‘Imrân ", qui plaideront en faveur de leurs compagnons. " »
Jabir et l'expédition du Najd : la sieste dans la vallée d'arbres épineux
Jâbir (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a pris part avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) à une expédition militaire du côté du Najd. Durant le retour, ils se trouvèrent à l'heure de la sieste dans une vallée couverte d'arbres épineux. Les Compagnons se dispersèrent cherchant l'ombre des arbres. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) campa aussi sous un arbre Samurah, où il accrocha son épée. Nous fîmes un somme et voilà que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) nous appelle ! Nous allâmes le voir ; auprès de lui se trouvait un bédouin assis. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dit : « Cet homme vint me trouver pendant que je dormais et s'empara de mon sabre, je me suis réveillé subitement alors qu'il avait le sabre dégainé en main. Il me dit par trois fois : " Qui te protège de moi ? " et je répondis à trois reprises : « Allah ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) n'en voulut pas à l'homme et s'assit. Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim. Dans une autre version, Jâbir (qu'Allah l'agrée) a dit : « Nous étions avec le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) jusqu'à atteindre « Dhât Ar-Riqâ' ». Quand nous trouvions un arbre ombrageux, nous le laissions pour le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut). Un homme parmi les polythéistes arriva. Le sabre du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était accroché à un arbre. L'homme s'en saisit, le dégaina et dit au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) : « Me crains-tu ? - Non ! Répondit-il. - L'homme reprit : Qui te protège de moi ? - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répliqua : Allah ! » Et dans la version de Abu Bakr al-Ismâ'îly, dans son ouvrage authentique, l'homme dit : « Qui te protège de moi ? - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) répliqua : Allah ! » Alors, l'épée tomba de sa main et le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) la récupéra puis lui dit : « Qui donc te protège de moi ? - L'homme répliqua : Sois meilleur preneur et indulgent ! - Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) reprit : Veux-tu témoigner qu'il n'y a de divinité [digne d'adoration] qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah ? - L'homme répondit : Non ! Mais je te promets que je ne te combattrai pas et ne collaborerai en aucun cas avec un groupe qui te combattrait ! » Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) le laissa poursuivre son chemin, l’homme alla trouver ses compagnons et leur dit : « Je reviens de chez un homme parmi les meilleurs personnes ! »
Le conflit des Banou 'Amr ibn 'Awf et Abou Bakr qui dirige la prière
Sahl ibn Sa`d as-Sâ`idî (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) apprit qu'un conflit divisait les Banî `Amr ibn `Awf et sortit pour les réconcilier, accompagné de quelques personnes. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) fut retenu et le temps de la prière advint. Bilâl (qu'Allah l'agrée) alla donc dire à Abu Bakr (qu'Allah l'agrée) : « Ô, Abû Bakr ! Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a été retenu et le temps de la prière est advenu ; peux-tu diriger la prière ? - Oui, si tu veux ! », répondit-il. Bilâl fit l’appel indiquant que la prière est imminente (« Al-Iqâmah »), Abû Bakr s'avança et prononça le takbîr, suivi par les gens. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) arriva alors en marchant entre les rangs, jusqu'à se tenir debout dans un rang. Les gens se mirent à taper des mains, mais Abû Bakr ne tournait jamais la tête dans la prière. Quand ils eurent beaucoup tapé des mains, il tourna la tête et aperçut le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut), qui lui fit signe de continuer. Abû Bakr leva la main, loua Allah et marcha à reculons, jusqu'à se tenir dans le rang. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) s'avança et dirigea la prière. Quand il termina, il se tourna vers les gens et dit : « Ô, gens ! Pourquoi, lorsque quelque chose vous est arrivé dans la prière, avez-vous tapé des mains ?! Taper des mains est réservé aux femmes ! Celui à qui il arrive quelque chose dans la prière doit dire : « SubḥânaLlâh ! » (Gloire et Pureté à Allah !), car si quelqu'un l'entend dire : « SubḥânaLlâh ! », il y prêtera attention. Ô, Abâ Bakr ! Qu'est-ce qui t'a empêché de diriger la prière, quand je t'ai fait signe ?! - Abû Bakr dit : Il ne convient pas à ibn Abi Quḥâfah de diriger la prière devant le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ! »
Se vanter de ce qu'on n'a pas reçu : les deux vêtements mensongers
Asmâ’ (qu’Allah l’agrée) relate qu’une femme a dit : « Ô Messager d’Allah ! J’ai une coépouse, serais-je en tort si je me vante de ce que mon mari ne me donne pas ? » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a alors dit : « Celui qui se vante de ce qu’il n’a pas reçu est comme celui qui porte deux vêtements mensongers. »
Il n'est pas convenable, pour un véridique, d'être imprécateur.
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Il n'est pas convenable, pour un véridique, d'être imprécateur. »
Prenez ce qu'il y a sur elle et laissez-la, car elle est maudite !
Imrân ibn al-Ḥuṣayn (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Alors que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) était dans l'un de ses voyages, une femme des Anṣâr se trouvait sur une chamelle. Celle-ci devint récalcitrante et la femme la maudit. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) l'entendit et dit : " Prenez ce qu'il y a sur elle et laissez-la, car elle est maudite ! " » 'Imrân (qu'Allah l'agrée) a dit : « C'est comme si je voyais encore la chamelle marcher parmi les gens sans que personne ne lui prête attention. »
Une chamelle maudite ne doit pas nous accompagner !
Abû Barzah Naḍlah ibn 'Ubayd al-Aslamî (qu'Allah l'agrée) relate : « Alors qu'une jeune fille montait une chamelle portant les bagages des gens, elle aperçut le Prophète (sur lui la paix et le salut) tandis que le chemin qu’ils empruntaient dans la montagne devint étroit. Elle dit : " Avance ! Ô Allah, maudis-la ! " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : " Une chamelle maudite ne doit pas nous accompagner ! " »
Nul n'a parlé au berceau, excepté trois
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Nul n'a parlé au berceau, excepté trois : Jésus fils de Marie et le compagnon de Jurayj. Jurayj était un dévot qui s’était retiré dans une tour. Alors qu’il était dans sa tour, sa mère arriva juste au moment où il était en prière. Elle l’appela : " Ô Jurayj ! " Il se demanda : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou continuer ma prière ? " Mais il poursuivit sa prière et sa mère s’en alla. Le lendemain, elle revint le voir alors qu’il priait. Elle l’appela de nouveau : " Ô Jurayj ! " Il s’interrogea encore : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou dois-je continuer à prier ? " Mais, une fois de plus, il préféra poursuivre sa prière et sa mère rebroussa chemin. Le troisième jour, la même scène se produisit : elle l’appela encore. Occupé par ses prières, il s’est demandé une nouvelle fois : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou dois-je continuer ma prière ? " Mais, une fois encore, il continua sa prière. Toutefois, cette fois-ci, sa mère s’est exclamée : " Ô Seigneur ! Ne le fais pas mourir avant de lui faire voir le visage des prostituées ! " Un jour, alors que les fils d’Israël parlèrent de Jurayj et de sa dévotion, il y avait parmi eux une prostituée d’une grande beauté. Elle leur proposa : " Voulez-vous que je le séduise ? " Elle vint à sa rencontre et l’aborda mais il ne lui prêta aucune attention. Elle alla trouver un berger qui habitait et vivait non loin de la tour de Jurayj et s’offrit à lui. Elle tomba enceinte, puis, lorsque l’enfant naquit, elle déclara : " C’est le fils de Jurayj ! " Les gens vinrent, firent descendre Jurayj de sa tour, qu’ils démolirent, puis commencèrent à le rouer de coups. " Que vous arrive-t-il ? s’exclama-t-il. - Tu as commis la fornication avec cette prostituée et de votre relation est né un enfant ! répondirent-ils. - Où est le bébé ? " demanda-t-il. Ils lui apportèrent l’enfant. Jurayj leur demanda alors : " Laissez-moi d’abord accomplir ma prière ! " Quand il eut terminé, il alla vers le bébé, le frappa au ventre, puis il lui demanda : " Qui est ton père ? - Le bébé répondit : C’est Untel, le berger ! " Alors, tous les gens se dirigèrent vers Jurayj qu’ils embrassèrent et touchèrent [à la recherche de sa bénédiction] puis, ils lui proposèrent : " Nous te reconstruirons ta tour en or ! " Mais, il leur répondit : " Non, reconstruisez-la simplement en argile, comme avant ", ce qu’ils firent. » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) poursuivit : « Un élégant cavalier, sur une monture de grande valeur, passa devant un bébé qui tétait le sein de sa mère. Elle dit alors : " Ô Allah ! Fais que mon fils lui ressemble ! " Le bébé lâcha le sein, se tourna vers l’homme, le regarda puis dit : " Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! " et il reprit le sein. » Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) a dit : « C’est comme si je voyais le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) sucer son index, imitant ainsi la tétée de l’enfant. » Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) poursuivit : « Ils passèrent devant une jeune femme que des gens rouaient de coups en lui criant : " Tu as forniqué et volé ! " Mais, elle leur répondait : " Allah me suffit et Il est le meilleur Garant ! " La mère s’exclama alors : " Ô Allah ! Fais que mon enfant ne lui ressemble pas ! " Le bébé lâcha le sein, regarda en direction de la femme puis dit : " Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " Une conversation s’engagea alors entre la mère et son enfant. Elle dit : " Un homme de belle allure est passé et j’ai alors dit : Ô Allah ! Fais que mon enfant lui ressemble ! Mais, toi, tu as dit : " Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! " Puis, nous sommes passés à côté d’une femme que l’on battait en lui reprochant : " Tu as forniqué et volé ! " Et j’ai dit : " Ô Allah ! Fais que mon enfant ne lui ressemble pas ! " Mais, toi, tu as rétorqué : " Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " L’enfant répondit : " L’homme à la belle allure était un tyran, j’ai donc dit : Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! Quant à la femme, elle fut accusée de commettre la fornication et de voler alors qu’elle était innocente de tout cela, j’ai donc dit : Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " »