Sahih Mouslim — page 109
صحيح مسلم
Compilé par Mouslim ibn al-Hajjâj. 2 623 fiches de ce recueil publiées sur le site (sélection, pas le recueil intégral).
Ar-Roubayyi' casse l'incisive d'une servante : la famille n'accepte que le talion
Anas relate qu'Ar-Rubayyî' - sa tante paternelle - cassa l'incisive d'une servante. Ils lui demandèrent alors de la pardonner, [ainsi qu'à ses proches], mais ils refusèrent. Ils proposèrent une chose de valeur [en contrepartie du pardon], mais ils refusèrent [de nouveau]. Alors, ils se rendirent [tous] auprès du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) mais, là encore, ils refusèrent [toute forme de conciliation] et n’acceptèrent que l'application du talion. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ordonna donc l'application du talion. Anas ibn Naḍir s'est alors exclamé : « Ô Messager d'Allah ! L'incisive d'Ar-Rubayyî' va-t-elle être cassée !? Non ! Par Celui qui t'a envoyé avec la vérité, son incisive ne sera pas cassée ! » Alors, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô Anas ! Le Livre d'Allah, le talion ! » Finalement, les gens agréèrent et ils décidèrent de pardonner. A ce moment là, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes, parmi les serviteurs d'Allah, il est des gens qui, s'ils juraient par Allah, Il les affranchirait de leur serment et les exaucerait ! »
Abou Moussa et les deux Ach'arites qui demandaient une fonction
Abû Mûsâ (qu’Allah l'agrée) relate : « Je me suis présenté au Prophète (sur lui la paix et salut) et il y avait avec moi deux hommes [de ma tribu] parmi les Ash’ariyyîn. L’un d’eux était à ma droite tandis que l’autre était à ma gauche. Quant au Messager d’Allah (sur lui la paix et salut) il se nettoyait les dents avec un siwâk. Tous les deux demandèrent [le commandement]. Il dit alors : "Ô Abâ Mûsâ !" où : "Ô ‘Abdallah ibn Qays !" J’ai dit : "Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je n’étais pas au courant du for intérieur de ces ceux-là et je n’ai pas pressenti qu'ils demanderaient cela [le commandement]." Il a dit : "C’est comme si je voyais son petit bâton de siwâk sous ses lèvres qui descendait et montait. - Il a alors dit : Nous n’utilisons pas pour notre œuvre celui qui la veut [c’est-à-dire : Nous ne confions pas le commandement à celui qui le demande]. Toutefois, toi - Ô Abâ Mûsâ - va au Yémen ! ou, toi - Ô 'Abdallah ibn Qays - va au Yémen !" Ensuite, Mu’âdh ibn Jabal (qu’Allah l’agrée) partit sur ses traces et, lorsqu’il se présenta à lui, [Abû Mûsa] lui jeta un coussin et dit : "Descends !" Il y avait auprès de lui un homme attaché et entravé. [Mu’âdh] demanda : "Qu’est-ce que cela ? - [Abû Mûsâ] répondit : C’est un juif qui s’est converti puis est redevenu juif ! - Puis, il a dit : Assied-toi ! - Mais, [Mu'adh] a répondu : Je ne m’assois pas jusqu’à ce qu’il soit tué. C’est la décision d’Allah et de Son Messager !" Il répéta cela trois fois. Alors, il ordonna qu’on le tue et il fut tué. Ensuite, tous les deux évoquèrent la prière de nuit et l’un d’eux dit : "Quant à moi, je me lève [pour prier] et je dors, et j’espère de mon sommeil ce que j’espère de ma veille." »
« Apprenez de moi ! Allah leur a accordé une voie »
ʽUbâdah ibn Aṣ-Ṣâmit (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) a dit : « Apprenez de moi [les peines] ! Apprenez de moi [les peines] ! Allah leur a certes accordé une voie : pour l'homme vierge avec la femme vierge : cent coups de fouet et un bannissement d'un an ! Pour l'homme ayant perdu sa virginité avec la femme ayant perdu la sienne : cent coups de fouet et la lapidation ! »
'Omar sur le minbar : le verset de la lapidation
Abdullah ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que 'Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) a dit, alors qu'il était assis sur le minbar du Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) : « Allah a certes envoyé Muḥammad (sur lui la paix et salut) avec la vérité et Il a fait descendre sur lui le Livre. Et parmi ce qui a été descendu sur lui, il y a le verset de la lapidation. Nous l'avons lu, retenu et compris. Le Messager d'Allah (sur lui la paix et salut) a lapidé et, après lui, nous avons nous [aussi] lapidé. Je crains qu'un temps long ne s'écoule auprès des gens et qu'un jour quelqu'un dise : "Nous ne trouvons pas la lapidation dans le Livre d'Allah !" Alors, ils s'égareront en délaissant une obligation qu'Allah aura fait descendre. Et la lapidation est bien dans le Livre d'Allah pour quiconque commet la fornication - parmi les hommes et les femmes ayant déjà été mariés - dès lors où la preuve évidente est établie, en cas de grossesse ou en cas d'aveu ! »
Hilal ibn Oumayya accuse sa femme avec Charik ibn Sahma'
Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate que Hilâl ibn Umayyah lança une accusation contre sa femme auprès du Prophète (sur lui la paix et le salut) avec Sharîk ibn Samḥâ'. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) dit alors : « La preuve évidente ou la peine prescrite sur ton dos ! - Il a alors dit : Ô Messager d’Allah ! Lorsque l’un d’entre nous surprend sa femme avec un homme, part-il rechercher une preuve évidente !? - Le Prophète (sur lui la paix et le salut) continua à dire : La preuve évidente ou la peine prescrite sur ton dos ! - Alors, Hilâl a dit : Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité ! Certes, je suis véridique ! Assurément, Allah fera descendre ce qui innocentera mon dos de la peine prescrite ! » Alors, Gabriel (sur lui la paix) descendit et le verset suivant descendit avec lui : { Et quant à ceux qui lancent des accusations…} [Coran : 24/6]. Il lut le verset jusqu’à ce qu’il parvienne à : {…qu’il est du nombre des véridiques } [Coran : 24/9]. Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) s'en alla et manda la femme de Hilâl. Ce dernier vint et témoigna, alors le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes, Allah sait que l’un d’entre vous deux est un menteur, l’un d’entre vous souhaite-il se repentir ? » Alors, elle se leva et témoigna elle aussi. Parvenue à la cinquième attestation, ils l’arrêtèrent et dirent : « Cette [dernière] attestation aura des conséquences obligatoires [en termes de châtiment]. » Ibn ‘Abbâs a dit : « Elle se réfréna et flancha jusqu’à ce que nous ayons pensé qu’elle se rétracterait. - Alors, elle a dit : Je ne vais pas humilier mon peuple pour le reste de la journée ! » Et elle poursuivit. Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Observez bien [ce qu’elle amènera avec elle] ! Si elle met au monde [un enfant] aux yeux noirs [comme ayant du khôl], les fesses pendantes et les mollets imposants, alors il est de Sharîk ibn Samḥâ' ! » Et elle mit au monde un enfant exactement comme cela. Alors, le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Sans ce qui a précédé du Livre d’Allah [à ce sujet], il y aurait eu entre elle et moi une affaire [à régler] ! »
Celui qui accuse son esclave innocent de fornication
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a entendu Abû Al-Qâsim (sur lui la paix et le salut) dire : "Quiconque accuse son esclave de fornication alors qu'il en est innocent sera flagellé le Jour de la Résurrection, sauf s'il en est tel qu'il l'a dit."
« Allah a maudit le voleur : il vole l'œuf, et on lui coupe la main »
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Allah a maudit le voleur ; il vole l'œuf, et voilà qu'on lui coupe la main ; il vole la corde, et voilà qu'on lui coupe la main. »
Le buveur d'alcool fouetté d'environ quarante coups
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate : "On amena au Prophète (sur lui la paix et le salut) un homme qui avait bu de l'alcool. Il le flagella alors d'environ quarante coups à l'aide de deux branches de palmier." Il a dit : "Abû Bakr fit la même chose. Puis, lorsque cela fut [le califat de] 'Umar, il consulta les gens et 'Abd ar-Raḥmân a dit : 'Intimide-les en portant les peines prescrites à quatre-vingts coups.' 'Umar ordonna alors cela."
Si l'un d'entre vous frappe son frère, qu'il évite le visage.
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Si l'un d'entre vous frappe son frère, qu'il évite le visage. »
L'alcool interdit alors qu'à Médine on ne buvait que la boisson de dattes
Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) relate : « Allah a révélé le verset dans lequel Il a interdit l'alcool, alors qu'à Médine il n'y avait pas de boisson bue, exceptée celle de dattes. »
La boisson de raisins secs préparée pour le Messager d'Allah ﷺ
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : "On préparait au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) de la "boisson édulcorée" (littéralement : fermentée) à partir d'eau et de raisins secs dans une outre. Il en buvait le jour même, le lendemain et le surlendemain. Ensuite, au soir du troisième jour, il en buvait encore et en abreuvait autrui. Et s'il restait du surplus, alors il s'en débarrassait."
Tariq ibn Souwayd et l'alcool : « Ce n'est pas un remède, mais un mal ! »
Wâ'il Al-Ḥaḍramî relate que Ṭâriq ibn Suwayd Al-Ja'fî a interrogé le Prophète (sur lui la paix et le salut) à propos de l'alcool, il lui a alors interdit - ou a trouvé détestable - d'en fabriquer. [Târiq] a rétorqué : « Je le fabrique pour le remède ! - Il a alors répondu : Ce n'est pas un remède, mais un mal ! »
Ka'b ibn Malik : le Messager d'Allah ﷺ dissimulait ses expéditions, jusqu'à Tabouk
Ka’b ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) relate : « Lorsque le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) souhaitait entreprendre une expédition [militaire], il la dissimulait par une autre et cela jusqu’à l’expédition de Tabouk. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) l’entreprit au cours d’une forte chaleur. En effet, il devait entreprendre un voyage lointain et triomphal et faire face à un ennemi en nombre. Alors, il dévoila aux musulmans leur affaire afin qu’ils s’élancent vers leur ennemi [en y étant préparés], et il les informa de la direction qu’il souhaitait prendre. »
Repars ! Je ne chercherai jamais assistance auprès d'un polythéiste.
ʽÂ'ishah (qu'Allah l'agrée), l’épouse du Prophète (sur lui la paix et le salut), relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) est sorti en direction de Badr. Lorsqu’il fut à Ḥarrah Al-Wabarah, un homme dont on évoquait l’audace et la dureté le rejoignit. Les Compagnons du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) se réjouirent lorsqu’ils le virent. Ainsi, lorsqu’il l’eut atteint, il a dit au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) : "Je suis venu te suivre et combattre avec toi ! - Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) lui a demandé : Crois-tu en Allah et en Son Messager ? - Il a répondu : Non. - Alors, il lui a dit : Repars ! Je ne chercherai jamais assistance auprès d’un polythéiste !" » Elle a dit : « Ensuite, il poursuivit [son chemin] jusqu’à ce que nous soyons arrivés à un arbre et l’homme l’a [de nouveau] rejoint. Il lui a alors dit la même chose que la première fois et le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui a demandé la même chose que la première fois [et il reçut la même réponse], alors il lui a répété : "Repars ! Je ne chercherai jamais assistance auprès d’un polythéiste !" Alors, l’homme repartit et l’atteignit de nouveau à Al-Baydâ’. Il lui a alors demandé la même chose que la première fois : "Crois-tu en Allah et en Son Messager ? » - L’homme a répondu : Oui !" Alors, le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) lui a dit : "Mets-toi en route !" »
Faire sortir les juifs et les chrétiens de la Péninsule arabique
Umar ibn Al-Khaṭṭâb (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : « Je ferai certes sortir les juifs et les chrétiens de la Péninsule Arabique, au point de n'y laisser que des musulmans. »
« Préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force »
Uqbah ibn 'Âmir relate : « J'ai entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire alors qu'il était sur le minbar : "Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force ! [Sourate Al-Anfâl (les Prises de Guerre) : 8/60]. N'est-ce pas que la force est dans le tir !? N'est-ce pas que la force est dans le tir !? N'est-ce pas que la force est dans le tir !?" »
Les présents d'Oumm Houfayd : fromage, beurre et uromastyx
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Umm Ḥufayd, la tante maternelle d'Ibn 'Abbâs, offrit au Prophète (sur lui la paix et le salut) du fromage de lait de baratte, du beurre rance et un uromastyx [c'est-à-dire : un type de lézard]. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) mangea alors du fromage de lait de baratte et du beurre rance, mais il délaissa le lézard par répugnance. » Ibn 'Abbâs a dit : « Ceci fut mangé à la table du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) et si c'était interdit, ça n'aurait pas été mangé à la table du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) ! »
La proie retrouvée après avoir été perdue : la manger si elle ne sent pas mauvais
Abû Tha'labah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Lorsque tu as décoché ta flèche, que tu as perdu ta proie puis que tu la retrouves : mange-la dès lors où elle ne sent pas mauvais ! »
Ibn 'Omar et les garçons de Qouraych qui avaient pris un oiseau pour cible
Sa'îd ibn Jubayr a dit : « Ibn 'Umar (qu'Allah l'agrée, lui et son père) passa près de deux jeunes garçons de Quraych qui avaient fait d'un oiseau leur cible et sur lequel ils tiraient. Et ils s'étaient accordés sur le fait de donner au propriétaire de l'oiseau toute flèche qui n'atteidrait pas sa cible. Lorsqu'ils virent Ibn 'Umar, ils se séparèrent. Ibn 'Umar demanda : « Quiconque a fait cela, qu'Allah le maudisse ! Qui a fait cela ? Certes, le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a maudit quiconque prend pour cible quoi que ce soit ayant une âme ! »
L'interdiction de tuer une bête attachée en la prenant pour cible
Jâbir ibn 'Abdillah (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) a interdit de tuer une bête quelconque en l'attachant et en la prenant pour cible. »
Le dirigeant qui juge par effort personnel : deux récompenses s'il vise juste
Amr ibn Al-'Âs (qu'Allah l'agrée) relate qu'il a entendu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) dire : « Lorsque le dirigeant a pris une décision suite à un effort personnel et a visé juste, il a deux récompenses. Et lorsqu'il a pris une décision suite à un effort personnel et s'est trompé, il a une [seule] récompense. »
Le meilleur des témoins : celui qui témoigne avant qu'on le lui demande
Zayd ibn Khâlid Al-Juhanî (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Voulez-vous que je vous informe du meilleur des témoins ? C'est celui qui apporte son témoignage avant qu'on l'interroge ! »
Un jugement rendu avec un serment et un témoin
Ibn 'Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a rendu un jugement avec un serment et un témoin. »
Affranchir un musulman : être délivré de l'Enfer
Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : "Allah délivrera de l'Enfer quiconque affranchit un musulman : pour chaque membre [affranchi], le membre équivalent !" »