Les injustices — page 2
Livre 46 de Sahih al-Boukhari (« Oppressions » dans l'édition de référence). 37 fiches publiées sur le site.
Les deux épouses mentionnées dans le Coran : la question posée à 'Omar
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : J’avais très envie d’interroger `Umar au sujet des deux femmes parmi les épouses du Prophète (ﷺ) à propos desquelles Allah a dit dans le Coran : « Si vous deux (épouses du Prophète, à savoir Aisha et Hafsa) revenez à Allah en repentir, vos cœurs se sont inclinés (à l’opposé de ce que le Prophète (ﷺ) aime) » (66:4). J’ai donc fait le Hajj avec `Umar et, sur le chemin du retour, il s’est écarté pour faire ses besoins et je l’ai suivi avec un récipient d’eau. Après qu’il ait terminé, je lui ai versé de l’eau sur les mains pour qu’il fasse ses ablutions. Je lui ai dit : « Ô chef des croyants ! Qui sont les deux femmes parmi les épouses du Prophète (ﷺ) à qui Allah a dit : “Si vous deux revenez en repentir” (66:4) ? » Il a répondu : « Je suis étonné de ta question, ô Ibn `Abbas. Il s’agissait de Aisha et Hafsa. » Puis `Umar a continué son récit : « Moi et un voisin ansar du clan Bani Umaiya bin Zaid, qui vivait à `Awali Al-Medina, nous rendions visite au Prophète (ﷺ) à tour de rôle. J’y allais un jour, et lui le lendemain. Quand j’y allais, je lui rapportais les nouvelles et les instructions du jour, et quand c’était son tour, il faisait de même pour moi. Nous, les gens de Quraish, avions l’habitude d’avoir de l’autorité sur nos femmes, mais en venant vivre avec les Ansar, nous avons remarqué que leurs femmes dominaient leurs maris, alors nos femmes ont commencé à prendre les habitudes des femmes ansar. Un jour, j’ai crié sur ma femme et elle m’a répondu de la même manière, ce que je n’aimais pas. Elle m’a dit : “Pourquoi t’énerves-tu si je te réponds ? Par Allah, les femmes du Prophète (ﷺ) lui répondent aussi, et certaines ne lui parlent pas de toute la journée jusqu’au soir.” Cela m’a inquiété et j’ai dit : “Celle qui fait cela sera perdante.” Je me suis alors habillé et je suis allé voir Hafsa pour lui demander : “Est-ce que l’une d’entre vous met le Messager d’Allah (ﷺ) en colère toute la journée jusqu’au soir ?” Elle a répondu oui. J’ai dit : “Elle est vraiment perdante ! Ne crains-tu pas qu’Allah se mette en colère à cause de la colère du Messager d’Allah (ﷺ) et qu’elle soit perdue ? Ne posez pas trop de questions au Messager d’Allah (ﷺ), ne lui répondez pas, et ne le délaissez pas. Demandez-moi ce que vous voulez, mais ne sois pas tentée d’imiter ta voisine (Aisha) dans son comportement envers le Prophète, car elle est plus belle que toi et plus aimée du Messager d’Allah (ﷺ).” À cette époque, on disait que la tribu de Ghassan (en Syrie) préparait ses chevaux pour nous attaquer. Mon voisin est allé voir le Prophète (ﷺ) le jour de son tour, puis il est revenu le soir et a frappé violemment à ma porte, me demandant si je dormais. J’ai eu peur et je suis sorti. Il m’a dit qu’un grand événement était arrivé. J’ai demandé : “Quoi ? Les Ghassan sont-ils arrivés ?” Il a répondu que c’était pire : le Messager d’Allah avait divorcé de toutes ses femmes. J’ai dit : “Hafsa est perdue ! Je m’y attendais.” Je me suis habillé et j’ai prié la prière de l’aube avec le Prophète. Ensuite, le Prophète (ﷺ) est monté dans une pièce à l’étage et y est resté seul. Je suis allé voir Hafsa et je l’ai trouvée en train de pleurer. Je lui ai demandé : “Pourquoi pleures-tu ? Ne t’ai-je pas prévenue ? Le Messager d’Allah (ﷺ) vous a-t-il toutes divorcées ?” Elle a répondu : “Je ne sais pas. Il est là-haut.” Je suis sorti et je suis allé près de la chaire où des gens étaient rassemblés, certains pleuraient. Je suis resté un moment avec eux, puis je n’ai pas pu supporter la situation. Je suis donc retourné à la pièce où était le Prophète (ﷺ) et j’ai demandé à un de ses esclaves noirs : “Peux-tu demander la permission au Messager d’Allah pour que j’entre ?” L’esclave est entré, a parlé au Prophète (ﷺ) et est revenu en disant : “Je t’ai mentionné, mais il n’a pas répondu.” Je suis retourné m’asseoir avec les gens, mais je n’ai pas pu rester, alors je suis retourné voir l’esclave et j’ai répété ma demande. Il est entré et a ramené la même réponse. Quand je partais, l’esclave m’a appelé : “Le Messager d’Allah (ﷺ) t’a donné la permission.” Je suis donc entré et j’ai vu le Prophète allongé sur un tapis sans matelas, et le tapis avait laissé des marques sur son corps. Il était appuyé sur un oreiller en cuir rempli de fibres de palmier. Je l’ai salué et, debout, j’ai dit : “As-tu divorcé de tes femmes ?” Il a levé les yeux vers moi et a répondu non. Puis, toujours debout, j’ai continué : “Veux-tu écouter ce que je vais dire, ô Messager d’Allah (ﷺ) ? Nous, les Quraish, avions l’autorité sur nos femmes, mais en venant chez un peuple dont les femmes dominaient leurs maris...” `Umar a raconté toute l’histoire (concernant sa femme). À ce moment, le Prophète (ﷺ) a souri. `Umar a ajouté : “J’ai alors dit à Hafsa : Ne sois pas tentée d’imiter ta compagne (Aisha), car elle est plus belle que toi et plus aimée du Prophète.” Le Prophète (ﷺ) a encore souri. Quand je l’ai vu sourire, je me suis assis et j’ai regardé autour de la pièce, et par Allah, je n’y ai vu que trois peaux. J’ai dit (au Messager d’Allah (ﷺ)) : “Invoque Allah pour qu’Il accorde la prospérité à tes compagnons, car les Perses et les Byzantins ont reçu la prospérité et les biens de ce monde, alors qu’ils n’adorent pas Allah.” Le Prophète (ﷺ) était appuyé, mais en entendant mes paroles, il s’est redressé et a dit : “Ô Ibn Al-Khattab ! As-tu un doute (que l’au-delà est meilleur que ce monde) ? Ces gens ont reçu la récompense de leurs bonnes actions dans ce monde seulement.” J’ai demandé au Prophète (ﷺ) : “Demande pardon à Allah pour moi.” Le Prophète (ﷺ) s’était éloigné de ses femmes à cause du secret que Hafsa avait révélé à Aisha, et il avait dit qu’il ne les verrait pas pendant un mois, car il était en colère contre elles quand Allah l’a réprimandé (pour avoir juré de ne plus approcher Maria). Après vingt-neuf jours, le Prophète (ﷺ) est allé voir Aisha en premier. Elle lui a dit : “Tu avais juré de ne pas venir nous voir pendant un mois, et il ne s’est écoulé que vingt-neuf jours, je les ai comptés.” Le Prophète (ﷺ) a répondu : “Le mois peut aussi être de vingt-neuf jours.” Ce mois-là comptait vingt-neuf jours. Aisha a dit : “Quand la révélation du choix est descendue, le Prophète (ﷺ) a commencé par moi et m’a dit : ‘Je vais te dire quelque chose, mais tu n’as pas besoin de répondre tout de suite, tu peux consulter tes parents.’” Aisha savait que ses parents ne lui conseilleraient pas de se séparer du Prophète (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) a dit qu’Allah avait révélé : “Ô Prophète ! Dis à tes épouses : Si vous désirez la vie de ce monde et ses plaisirs, alors venez ! Je vous donnerai une compensation et je vous libérerai d’une belle manière. Mais si vous cherchez Allah, Son Messager et la demeure de l’au-delà, alors Allah a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une grande récompense.” (33:28) Aisha a dit : “Dois-je consulter mes parents à ce sujet ? Je choisis Allah, Son Messager et la demeure de l’au-delà.” Ensuite, le Prophète (ﷺ) a donné le choix à ses autres épouses et elles ont toutes répondu comme Aisha
Le Prophète ﷺ jura de ne pas toucher à ses épouses durant un mois
Rapporté par Anas : Le Messager d'Allah (ﷺ) fit le serment de ne pas aller voir ses épouses pendant un mois car il s’était foulé le pied. Il resta dans une chambre à l’étage, et ‘Umar alla le voir et lui demanda : « As-tu divorcé de tes femmes ? » Il répondit : « Non, mais j’ai juré de ne pas aller les voir pendant un mois. » Le Prophète y resta vingt-neuf jours, puis il descendit et alla voir ses épouses
« Le chameau et son prix sont pour toi »
Rapporté par Jabir : Le Prophète (ﷺ) entra dans la mosquée, et j’y suis allé aussi après avoir attaché le chameau sur le trottoir de la mosquée. J’ai dit au Prophète (ﷺ) : « Voici ton chameau. » Il sortit, examina le chameau et dit : « Le chameau et son prix sont pour toi. »
Le Prophète ﷺ urine debout près d'un dépôt de déchets
Rapporté par Hudhaifa : J’ai vu le Messager d’Allah (ﷺ) venir (ou le Prophète (ﷺ) est venu) à un endroit où l’on jetait les déchets de certaines personnes et il a uriné là en étant debout
L'homme qui enleva une branche épineuse du chemin et fut pardonné
Rapporté par Abu Huraira : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Un homme marchait sur la route, il trouva une branche d’arbre épineuse sur le chemin et l’enleva. Allah l’a remercié pour cet acte et lui a pardonné. »
Sept coudées de largeur pour un passage public en cas de litige
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) a jugé qu’il fallait laisser sept coudées de largeur pour un passage public lorsqu’il y avait un litige concernant un terrain
L'adultère, le buveur et le voleur ne sont pas croyants au moment de l'acte
Rapporté par Abu Huraira : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Quand un adultère commet une relation interdite, il n’est pas croyant au moment où il le fait. Quand quelqu’un boit de l’alcool, il n’est pas croyant au moment où il le boit. Quand un voleur vole, il n’est pas croyant au moment où il vole. Et quand un brigand attaque alors que les gens le voient, il n’est pas croyant au moment où il commet ce vol. »
« L'Heure n'arrivera pas avant que le fils de Marie ne descende parmi vous »
Rapporté par Abu Huraira : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « L’Heure n’arrivera pas avant que le fils de Marie (c’est-à-dire Jésus) ne descende parmi vous comme un dirigeant juste. Il brisera la croix, tuera les porcs et supprimera la taxe Jizya. L’argent sera si abondant que plus personne n’en voudra comme aumône. »
Doit-on casser les jarres et crever les outres qui contenaient du vin?
Rapporté par `Abdullah bin Mas`ud : Le Prophète (ﷺ) entra à La Mecque alors qu’il y avait trois cent soixante idoles autour de la Ka`ba. Il se mit à frapper les idoles avec un bâton qu’il tenait à la main et récitait : « La vérité (l’islam) est venue et le mensonge (l’incroyance) a disparu. »
La couverture à dessins d'êtres animés déchirée et transformée en coussins
D'après al-Qâcim, 'A'icha (r) [rapporte] avoir mis sur une sahwa une couverture où il y avait des dessins d'êtres animés. Le Prophète (ç) la déchira... Elle en fit alors deux coussins; et il arrivait des fois que le Prophète s'assoyait sur eux.
« Celui qui est tué en défendant ses biens est un martyr »
D'après Abdallah Ibn 'Amr (qu'Allah les agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui est tué alors qu'il défendait ses biens est un martyr ».
Le bol de nourriture cassé par une épouse du Prophète ﷺ
Rapporté par Anas : Pendant que le Prophète (ﷺ) était avec l’une de ses épouses, l’une des mères des croyants (c’est-à-dire une de ses femmes) envoya un bol en bois contenant de la nourriture avec un serviteur. L’épouse chez qui il se trouvait frappa le bol avec sa main et le cassa. Le Prophète (ﷺ) ramassa les morceaux et remit la nourriture dedans, puis il dit : « Mangez. » Il garda le serviteur et le bol jusqu’à ce qu’il ait mangé la nourriture. Ensuite, le Prophète donna un autre bol intact au serviteur et garda le bol cassé
Si on démolit le mur [d'autrui] on doit refaire un qui lui ressemble.
Rapporté par Abu Huraira : Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Il y avait un homme israélite appelé Juraij. Alors qu’il priait, sa mère est venue l’appeler, mais il n’a pas répondu. Il s’est demandé s’il devait continuer sa prière ou répondre à sa mère. Elle revint une deuxième fois, l’appela et dit : “Ô Allah ! Ne le fais pas mourir avant qu’il ne voie le visage des prostituées.” Juraij vivait dans un ermitage. Une femme dit qu’elle allait le séduire, alors elle alla le voir et se présenta à lui (pour une mauvaise action), mais il refusa. Elle alla alors voir un berger, eut une relation interdite avec lui et donna ensuite naissance à un garçon. Elle accusa Juraij d’être le père. Les gens allèrent voir Juraij, détruisirent son ermitage, le sortirent et l’insultèrent. Il fit ses ablutions, pria, puis alla voir le bébé et lui demanda : “Petit, qui est ton père ?” Le bébé répondit que son père était le berger. Les gens dirent qu’ils allaient lui reconstruire un ermitage en or, mais Juraij leur demanda de le faire en terre seulement. »